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Un montant impressionnant : 445 milliards de dollars, soit 327 milliards d’euros, c’est le coût annuel de la cybercriminalité et de l’espionnage économique au niveau mondial, selon le Center for Strategic and International Studies (CSIS). Et il n’a sans doute pas fini de croître. « La cybercriminalité ne cesse de se développer et les attaques sont de plus en plus variées et…

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Nokia négocie le rachat d’Alcatel-Lucent

La Provence

Par Rebecca FRASQUET, Camille BAS-WOHLERTParis (AFP) – Deux poids lourds européens des télécoms, le finlandais Nokia et son concurrent franco-américain Alcatel-Lucent, veulent s’unir pour former un géant du secteur, un projet industriel suivi de très près par le gouvernement français. Mardi les deux groupes ont confirmé mener des discussions sur un possible rapprochement, qui pourrait prendre la forme d’une offre d’échange en actions de Nokia sur Alcatel-Lucent.L’affaire a été jugée assez importante par Paris, pour que le président François Hollande reçoive le jour même les patrons des deux groupes, Rajeev Suri et Michel Combes.Ce rapprochement doit faire naître un grand champion européen, à la fois des équipements et des technologies sur le téléphone mobile et le fixe avec le meilleur de la technologie de Nokia et d’Alcatel », s’est félicité le ministre de l’Economie Emmanuel Macron, au sortir de cet entretien à l’Elysée. »C’est aujourd’hui une nouvelle phase de la vie de l’entreprise qui s’ouvre, après le travail de redressement depuis deux ans, c’est la phase d’expansion, de reconquête qui se fait », a déclaré M. Macron.Si elle aboutissait, la transaction ferait naître un géant au chiffre d’affaires de 28,6 milliards de dollars (environ 27 milliards d’euros) pour les seules infrastructures. Elle devrait aussi signer l’absorption d’Alcatel-Lucent, un membre du CAC 40, l’élite des grandes entreprises françaises.Ce rapprochement n’aura pas de conséquences sociales en France, a assuré le ministre de l’Economie. »Ce qui est important pour nous, c’est que d’une part il n’y aura aucune destruction d’emplois en France, et même davantage. Nous avons eu tous les engagements de la part de Nokia », a-t-il déclaré sur la radio BFM. »Un centre d’excellence de recherche et développement sera en France développé » a-t-il poursuivi, indiquant que « la 5G se développera en France dans ce nouveau groupe ».- Crainte d’un ‘énième plan social’ – A Nozay (Essonne), le plus important site d’Alcatel-Lucent en France, l’inquiétude des salariés était toutefois palpable mardi soir, les syndicats craignant un « énième plan social ».Croisé à l’entrée du site, l’un d’eux estimait que « Nokia n’a jamais été tendre » avec ses salariés en Europe.Alcatel-Lucent compte près de 8.000 salariés en France, et 53.000 dans le monde contre environ 55.000 pour Nokia.Le Finlandais s’est fait connaître en devenant le numéro un mondial des téléphones portables à la fin des années 1990, avant d’être dépassé en 2012 par le sud-coréen Samsung. Il avait abandonné la partie dès l’année suivante, annonçant la cession de l’activité téléphones et tablettes au géant américain du logiciel Microsoft. Depuis la vente à Microsoft concrétisée en avril 2014, il a gardé dans ses coffres l’essentiel des 5,4 milliards d’euros qu’il en a tirés. Aujourd’hui, Nokia conçoit et fabrique des infrastructures de réseaux téléphoniques et internet. Sa stratégie se concentre sur l’innovation dans les technologies mobiles (LTE et 4G) et le développement des systèmes de géolocalisation (filiale HERE).Cette opération lui permettrait de grandir face à son grand rival, le suédois Ericsson, et un autre concurrent qui cherche à percer en Occident, le chinois Huawei. Le ministre Macron espère effectivement que le mariage permettra de créer « le grand champion européen » pour affronter ses concurrents chinois.Mais le Finlandais n’a livré aucun détail supplémentaire mardi, n’évoquant aucun montant ni les raisons qui l’ont poussé à s’intéresser à Alcatel-Lucent.Le cabinet de conseil boursier finlandais Inderes soulignait le « risque » pris par Nokia, dont l’action a perdu 3,60% à la Bourse de Helsinki, tandis que celle d’Alcatel-Lucent bondissait de 16%. Dans le secteur des technologies, « l’histoire des fusions fait peur », soulignait-il sur Twitter.Celle du français Alcatel et de l’américain Lucent a été un échec patent: le franco-américain n’a réalisé que des pertes annuelles depuis la fusion en 2006, à l’exception de 2011.Depuis 2013, Alcatel-Lucent, passé par de multiples restructurations, a commencé à se redresser grâce au plan « Shift », qui concentre ses forces sur l’IP (services liés à internet), le « cloud » (stockage informatique à distance) et l’ultra haut débit fixe et mobile.Des spéculations sur un éventuel rapprochement ou une transaction entre les deux groupes avaient déjà eu cours fin 2014, sans se concrétiser.Débarrassé du foyer de pertes qu’étaient les téléphones sur l’onéreuse rénovation de son appartement de fonctionportables, Nokia tente de reconstituer ses finances après avoir accumulé les pertes au début des années 2010. Les trois grandes agences de notation le classent cependant toujours dans la catégorie « spéculative », ce qui signifie qu’il présente un risque significatif pour ses créanciers.Le groupe finlandais a dégagé un bénéfice net de 1,16 milliard d’euros en 2014, quintuplé par rapport à l’année précédente, mais grâce essentiellement à un gain comptable fiscal.© 2015 Agence France-Presse. Tous droits de reproduction et de représentation réservés. Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l’AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l’accord préalable écrit de l’AFP.

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Trading en ligne, les lois de la sagesse

Le Nouvel Economiste

Gestion privée Trading en ligne, les lois de la sagesseLe séduisant regain de volatilité sur les marchés ne doit pas faire oublier les grands principes de la raisonAtone ces dernières années, le marché du trading pour les particuliers reprend de la vigueur depuis quelques mois. Le regain de volatilité observé depuis l’été sur les actions, les devises et les matières premières a ravivé l’appétit du risque chez les traders amateurs. Récemment, la récente flambée inattendue du franc suisse, tout comme la chute de certaines actions, ont toutefois rappelé avec vigueur que les marchés financiers n’étaient pas un long fleuve tranquille. Ainsi, prudence, rigueur et expertise restent plus que jamais les clefs d’un trade gagnant. Le tout sur une plateforme agréée par l’AMF. par Pierre-Jean Leca Le trading est une activité risquée. Les particuliers qui s’aventurent à crédit sur ce terrain en voient une nouvelle illustration avec la catastrophe qui frappe FXCM : ce courtier qui offre une des plus grandes plateformes Internet de trading de devises se retrouve en manque de fonds propres. La société a vu sa cotation suspendue le 16 janvier à Wall Street. Sur le marché de gré à gré, avant l’ouverture de la Bourse, son cours avait plongé de 90 %. Une réaction aux informations selon lesquelles les pertes subies par ses clients engageaient sa responsabilité en tant que contrepartie au-delà des normes réglementaires. Pris à contre-pied par la décision inattendue de la Banque centrale suisse de ne plus défendre l’indexation du franc à l’euro, FXCM a confirmé que ses clients avaient perdu collectivement 225 millions de dollars. Les courtiers, qui contrôlent mal les risques pris par les clients auxquels ils font crédit, sont susceptibles de subir de fortes pertes dans les moments de grande volatilité et de disparition de liquidité des échanges. C’est exactement ce qui s’est produit le 15 janvier. Sur les actions aussi, les secousses peuvent être vives. Ainsi, de nombreux investisseurs ont sans doute perdu gros en misant sur le rapprochement, finalement avorté, du groupe de services pétroliers CGG avec Technip : à l’annonce de l’abandon de l’opération, le 16 décembre dernier, le titre CGG a plongé de plus de 30 % en quelques minutes. Et que dire de l’action Soitec, fabricant de galettes de silicium, matière première de l’industrie électronique, qui a perdu plus de la moitié de sa valeur à l’ouverture de la Bourse le 22 décembre dernier après un avertissement sur résultats…Volatilité, pour le pire et le meilleurAprès plusieurs années atones, le marché du trading destiné au particulier, en direct, via des contrats futures (contrats à terme) ou des CFD (Contract for Difference, produit dérivé permettant de spéculer sur de nombreux marchés), a relevé la tête en France l’an passé, grâce à un second semestre mouvementé sur les principaux marchés financiers. À Paris, le CAC 40, qui fluctuait autour des 4 400 points jusqu’en juillet, a ensuite joué aux montagnes russes, touchant un plus bas annuel, en octobre, de 3 789 points, avant de rebondir pour terminer l’année à 4 273 points. Une volatilité qui séduit les investisseurs particuliers à la recherche de profits. Car plus les fluctuations sont importantes, plus la possibilité est grande de prendre des risques pour remporter le jackpot. De quoi attirer les traders en herbe. « Le retour de la volatilité est une bonne nouvelle pour les investisseurs qui cherchent à investir sur des tendances. Résultat, nous enregistrons depuis juin une recrudescence des ouvertures de comptes et constatons le réveil de nombreux comptes dormants », confirme Pascal Hirtz, directeur de WH SelfInvest. Un point de vue partagé par Ambroise Lion, directeur commercial France d’IG Markets : « les investisseurs sont plus actifs en raison du retour, ces derniers mois, de la volatilité sur les marchés actions et devises, sans doute lié à l’actualité géopolitique que l’on connaît ». »Le retour de la volatilité est une bonne nouvelle pour les investisseurs qui cherchent à investir sur des tendances. Résultat, nous enregistrons depuis juin une recrudescence des ouvertures de comptes et constatons le réveil de nombreux comptes dormants »Au-delà de la conjoncture, les spécialistes du secteur constatent que les particuliers se tournent vers une gestion indépendante de leur épargne en raison du manque de services proposés par leurs établissements financiers. « Les banques traditionnelles sont moins réactives et offrent des services souvent en décalage, technologiquement parlant, avec les courtiers en ligne régulés, qui allouent des sommes importantes au développement des outils et services. Le marché des actions est très compétitif à travers les courtiers en ligne, et d’autant plus lorsque l’investisseur utilise des CFD. C’est l’une des principales raisons de cet engouement qui perdure », assure Ambroise Lion. Pour autant, le marché hexagonal reste immature comparé à ses homologues anglo-saxons. « Les particuliers allemands misent en moyenne 2 fois plus que les Français, et surtout n’hésitent pas à réinvestir en cas de mauvais deal, ce qui n’est pas forcément le cas dans l’Hexagone. Outre la culture financière plus affirmée en Allemagne, j’explique cette différence par le surplus de confiance des Allemands. À l’inverse des Français, ils croient en leur économie et sont moins inquiets à l’idée de se retrouver au chômage » estime Pascal Hirtz.Beaucoup de candidats, peu d’élus »J’ai réussi à financer mon tour du monde en traitant sur les marchés, chaque jour, quelques heures. » L’expérience de Sylvain March, trader indépendant qui s’est lancé en 2008 avec un capital de 35 000 euros, a de quoi laisser songeur. Comme lui, ils sont quelques centaines en France à vivre du boursicotage, investissant leurs économies sur les marchés. « Et beaucoup en rêvent. C’est sans doute le cas de la moitié de nos clients – environ 10 000 en France - », souligne Pierre-Antoine Dusoulier, président de Saxo Banque. Ces traders forment une petite communauté, avec leurs salons, leurs forums, leurs trophées…Les chiffres de l’AMF pour garder la tête froidePour autant, une étude publiée en octobre 2014 par l’AMF et basée sur un échantillon de 14 799 investisseurs individuels sur le trading de CFD et Forex en France pendant plus de 4 ans, est sans appel : 9 investisseurs individuels sur 10 sont perdants sur ces marchés ! Sur 4 ans, le résultat moyen est une perte de plus de 10 000 euros par client, et le résultat médian, une perte de 1 843 euros. Alors oui, il y a eu des gagnants : 121 personnes sur 14 799 ont gagné plus de 24 000 euros ; mais dans l’autre sens, 722 clients ont eu une perte supérieure à 50 000 euros. Autre résultat intéressant dans l’étude de l’AMF : plus un investisseur réalise de transactions, plus sa perte est élevée ! Ceci est finalement assez logique à cause des frais de transaction et de commission, et vient confirmer les conclusions de nombreuses études académiques sur l’excès de confiance des investisseurs individuels. Les résultats préoccupent particulièrement l’AMF dans la mesure où l’étude porte uniquement sur des sites légaux, et fait craindre le pire pour les sites tenus par des escrocs et ne bénéficiant d’aucun agrément. « Selon l’AMF, sur 4 ans et quelque 18 000 traders particuliers, le résultat moyen est une perte de plus de 10 000 euros par client, et le résultat médian, une perte de 1 843 euros »Ces derniers s’appuient sur des publicités très agressives sur Internet, faisant miroiter des gains énormes pour une faible mise. Ces sites permettent de miser jusqu’à 400 fois la somme initiale apportée par le particulier. Et ce, alors que la formation des investisseurs est très limitée, comme le montre le test mené par l’UFC Que choisir, qui est tombé sur un site basé à Chypre : tous les documents sont en anglais et les explications du « conseiller » se révèlent être totalement erronées.Le savoir et la prudencePour éviter au mieux les déconvenues, les professionnels conseillent aux non-initiés de passer par un apprentissage sérieux. C’est ainsi que la grande majorité des courtiers en ligne offrent la possibilité à leurs futurs clients de souscrire un compte de démonstration gratuit. Une manière pour eux de se familiariser avec le fonctionnement de la bourse en simulant la gestion d’un portefeuille d’actions virtuel. « Les marchés financiers laissent peu de place à l’amateurisme », souligne Pascal Hirtz, directeur associé chez WH Selfinvest. D’ailleurs, ajoute-t-il, « pour investir en Bourse, il faut avant tout faire preuve de prudence. » Première précaution élémentaire : n’investir que les sommes d’argent que l’on est prêt à perdre. Le risque de voir s’envoler tout ou partie du capital investi est en effet réel. Ainsi, un épargnant qui aurait acheté des actions du CAC 40 au mois de septembre 2000, à près de 7 000 points, a vu son investissement divisé par plus d’un tiers, s’il l’a conservé sans interruption jusqu’à aujourd’hui. En Bourse, le capital investi n’est en rien garanti. Les pertes possibles peuvent donc être significatives.Mais le jeu peut en valoir la chandelle pour les investisseurs les plus audacieux. Comme le rappelle Luc Vaudan, directeur général de l’École française du trading (Boursierassistance.com), qui forme des centaines de nouveaux traders chaque année : « gagner des montants conséquents suppose bien évidemment de savoir prendre des risques importants ». L’un ne va pas sans l’autre. Il faut adapter le montant de l’investissement au profil de risque et au capital… Le mental et l’expérienceMais selon Luc Vaudan, « réussir en Bourse, c’est 20 % de théorie et 80 % de pratique ». Quelques règles de base s’imposent tout de même pour gagner en Bourse. « La maîtrise de soi et la patience sont bien évidemment des qualités importantes, mais cela n’est pas forcément suffisant, rappelle Pascal Hirtz. Avant tout, il s’agit d’accumuler le maximum d’expérience » ajoute-t-il, pour améliorer ses points forts, tout en essayant de gommer ses points faibles. Enfin, prudence et méthodologie s’imposent avant de faire le grand saut. Luc Vaudan rappelle d’ailleurs une règle de base à ce sujet : « il faut apprendre à reconnaître les véritables opportunités d’investissement, élaborer un plan de trading cohérent et enfin protéger son capital et les gains acquis ». Ce que les professionnels du monde de la bourse nomment « le money management ».Pédagogie et outils, la guerre des plateformesPour rassurer les investisseurs hésitants et séduire les plus expérimentés, les sociétés de courtage en ligne se livrent une guerre sans merci autour deux axes : la formation, et la valeur ajoutée de leurs plateformes de trading.La formation constitue un enjeu majeur pour une raison simple : les courtiers préfèrent un investisseur sérieux qui multiplie les ordres. Celui-ci est en effet bien plus rentable qu’un trader amateur susceptible de perdre son pécule en quelques minutes pour ne plus revenir sur le marché. Ces derniers ont ainsi décidé d’intégrer pleinement la pédagogie au coeur des supports de communication. Webinaires, vidéos explicatives, guides de trading ou accompagnement personnalisés : les courtiers en ligne ont développé de nombreux outils pour accompagner et éclairer les investisseurs particuliers. Par le biais des médias sociaux, les analystes financiers relaient quotidiennement et en temps réel les informations clés permettant aux investisseurs de décrypter les marchés. Ils répondent également aux questions. De nombreuses analyses financières sur les indices, les devises, les actions et les matières premières sont publiées sur leurs sites. Une fois qu’il a été formé, encore faut-il conserver son client ! « Dans notre métier, la qualité de la plateforme de trading est essentielle. Pour séduire des investisseurs de plus en plus instruits en matière financière, nous devons leur offrir des services d’analyse technique poussés »Dans cette perspective, là aussi, les leaders du marché rivalisent de technique : « Dans notre métier, la qualité de la plateforme de trading est essentielle. Pour séduire des investisseurs de plus en plus instruits en matière financière, nous devons leur offrir des services d’analyse technique poussés », explique Pierre-Antoine Dusoulier, de Saxo Banque. De fait, les plateformes de trading fournissent de nombreux instruments d’analyse de pointe. Ces derniers – comme l’analyse technique, les fils Reuters ainsi que l’accès à la recherche fondamentale, et bien plus encore – sont intégrés gratuitement. Les leaders de la place mettent ainsi tous en avant la qualité de leur plateforme, devenue un argument commercial essentiel. « Notre société a beaucoup étoffé son offre d’outils d’aide à la décision (signaux, screeners, stops, etc.) qui contribue à aider les clients à apprendre à trader », souligne à cet égard Pascal Hirtz.Quelles que soient la qualité et l’offre technologique des plateformes de tradings, les experts sont unanimes pour rappeler que le miracle n’existe pas dans ce secteur. Seul beaucoup de travail et une dose de chance permettent d’engranger des gains récurrents. « Il ne faut pas rêver. Seule une minorité de ceux qui veulent en vivre y parviennent : sans doute de 10 à 15 % arrivent à gagner de l’argent sur long terme », indique André Malpel, organisateur de salons du trading.  Ambroise Lion directeur commercial France d’IG Markets* Comment avez-vous géré la décision inattendue de la BNS et le bond du franc suisse qui a suivi ? La décision de la Banque nationale suisse était une surprise pour tous. Nous avons donné des prix sur l’EUR/CHF jusqu’au moment où les banques nous fournissant la liquidité se sont retirées. Nous avons rapidement pris la mesure de l’événement, et communiqué au marché dans une note réalisée par notre CEO, Tim Howkins, l’état de la perte générée par ce mouvement soudain. Notre solidité financière nous permet de continuer à travailler et il n’y a pas eu de rupture de services pour nos clients. Le marché des courtiers en ligne va se consolider et certains acteurs feront l’acquisition de concurrents. IG étudie aujourd’hui plusieurs dossiers de concurrents disposés à un rachat. Les clients ont-ils perdu gros ? Les systèmes de sécurité ont-ils agi ? Certains clients ont perdu de l’argent, mais l’efficacité de nos systèmes a permis de réduire autant que possible les pertes, et d’exécuter les stops des clients tant que la liquidité était assurée. Le fait que nous proposions des stops garantis a permis à un grand nombre de clients de ne pas subir de lourdes pertes. Cet outil de gestion du risque est particulièrement efficace dans ce type de fluctuation de marché. Quelle leçon tirez-vous de cet événement ? Nous continuerons d’offrir des stops garantis et nous poursuivons nos programmes de formation pour les clients. Cela fait plusieurs mois qu’un accompagnement personnalisé est mis en place pour chaque nouveau client, et notre volonté d’informer, d’avertir mais aussi de former nos clients, va persister. Chaque client peut nous appeler et nous demander un audit des positions qu’il a prises sur une période choisie, et nous débriefons ensemble de la stratégie appliquée pour en tirer les forces et les faiblesses. Nous proposons également une formation en ligne par jour et une formation dans nos locaux à Paris chaque semaine, pour accompagner au mieux nos clients. Décrypter le trading « haute fréquence » L’European Securities and Markets authority (ESMA), l’association qui regroupe les régulateurs européens, s’est penchée sur le trading haute fréquence (THF) afin d’évaluer son poids sur les actions européennes. Les résultats de son étude, publiée fin décembre, confirment l’importance de cette stratégie de trading très rapide, sophistiqué et à très court terme, sur les Bourses du Vieux continent. Selon les différentes méthodes de calcul, les THF (firmes spécialisées et activités de THF des banques) représentent entre 24 % et 43 % des volumes sur les actions européennes. Ils représentent une proportion encore plus élevée du nombre d’ordres, de 58 % à 76 %. Beaucoup de ces ordres sont annulés : près d’un sur deux a une durée de vie de moins de 0,2 seconde. À Paris, les THF représentent entre 21 % et 45 % des volumes, et entre 50 % et 70 % du nombre d’ordres.Qui sont ces acteurs qui agissent dans l’ombre des marchés ? L’ESMA en a identifié une vingtaine, pour la plupart des sociétés non cotées : Optiver, IMC, Tower research, Jump trading, Flow traders, Sun tarding, DRW Virtu, ou Getco… Il s’agit de sociétés de trading notamment hollandaises ou anglaises et des filiales européennes des THF américains. Les banques d’investissement (Goldman Sachs, Crédit Suisse…) ont aussi une part de leurs activités dédiée au THF. En règle générale, les THF concentrent leur activité sur les grandes valeurs européennes qui ont déjà atteint une certaine taille. Leur activité varie en fonction de la journée : ils s’efforcent d’intervenir aux moments où la liquidité est la plus forte, ce qui peut se produire en début ou fin de séance. Quand la volatilité et donc les risques augmentent, ils ont tendance à limiter leurs positions.Publié le 25/03/2015

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La revanche des actionnaires

Slate

Une pluie de milliards tombe sur les actionnaires sous forme de dividendes et de rachats d’actions tandis que les indices boursiers battent des records ou retrouvent des niveaux inconnus depuis plusieurs années. Les bienfaits de cette pluie profiteront-ils à tout le monde? Beaucoup en doutent, y compris dans des milieux qui ne sont pas a priori hostiles au capitalisme.Financiers et chefs d’entreprise auraient-ils oublié le célèbre aphorisme de l’ancien chancelier allemand Helmut Schmidt «les profits d’aujourd’hui sont les investissements de demain et les emplois d’après-demain» ?Dans notre système économique, les profits sont légitimes, mais jusqu’à un certain point et selon l’usage qui en fait. Nécessaires et utiles lorsqu’ils servent à préparer l’avenir, ils peuvent susciter des réactions hostiles -et légitimes elles aussi- lorsqu’ils paraissent excessifs et servent plus à enrichir les actionnaires qu’à contribuer au développement de l’activité et au bien-être de tous. Main basse sur les profitsL’an dernier, les 500 grandes entreprises américaines qui entrent dans la composition de l’indice S&P 500 ont versé 350 milliards de dollars de dividendes (un record) à leurs actionnaires et elles ont procédé au rachat de leurs propres actions pour un montant de plus de 550 milliards, le plus élevé depuis 2007. C’est donc au total plus de 900 milliards de dollars qui sont revenus aux actionnaires. Dans le même temps, leur bénéfice opérationnel (celui qui provient directement de l’activité, sans tenir compte des opérations financières qui ont été réalisées au cours de la période) a grimpé, mais il n’est pas estimé à beaucoup plus de 1.000 milliards. En résumé, les profits de l’année ont pour l’essentiel été distribués; seule une petite part est restée dans les entreprises pour financer les développements futurs.Le versement de dividendes aux actionnaires se justifie. C’est, en théorie, la rémunération du risque pris par ceux qui apportent leurs capitaux à l’entreprise. Et ce risque est bien réel. N’oublions pas le krach boursier de 2000-2001 et la crise financière de 2008-2009. A chacune de ces crises, ce sont des milliards qui se sont volatilisés.Les financiers se félicitent aujourd’hui de voir à Paris l’indice CAC 40 flirter avec les 5.000 points, mais ils n’oublient pas que le même indice CAC 40 était monté jusqu’à  6.944 points en septembre 2000, niveau qu’il n’a toujours pas retrouvé près de 15 ans plus tard.Dans le même temps, le prix des appartements à Paris a presque triplé, ce qui montre qu’on peut gagner plus d’argent en dormant qu’en investissant dans les entreprises. Il n’est donc pas tout à fait étonnant que le nombre des actionnaires ait fortement reculé en France, revenant de plus de 7 millions en 2003 à environ 4,1 millions selon les estimations les plus récentes.Un seul objectif: enrichir l’actionnaireDans les périodes difficiles pour la bourse, le dividende permet aux investisseurs de long terme de garder patience. Sur longue période, il peut représenter plus de la moitié du gain enregistré. Jusque-là, il n’y a rien à dire: le capital, comme le travail, doit être rémunéré.Le problème, c’est qu’un mouvement de pensée né dans les années 1970 aux Etats-Unis fait de la rémunération de l’actionnaire l’alpha et l’oméga de la gestion: les managers doivent avoir pour seule et unique préoccupation de faire des profits et de «créer de la valeur» pour l’actionnaire; c’est en agissant ainsi qu’ils réussiront le mieux à développer leur entreprise et, accessoirement, à créer de l’emploi.Dans la foulée, sont apparus des actionnaires dits «activistes». Ce sont des gérants de fonds d’investissements qui se manifestent de façon très pressante dans les assemblées générales, qui essaient de peser sur la stratégie de l’entreprise et menacent de ne pas voter la reconduction des dirigeants en place si la politique menée ne donne pas les résultats qu’ils escomptent. Et ils réussissent souvent à imposer leurs vues. Une entreprise a une activité insuffisamment rentable? Il faut la fermer ou la vendre. Elle a des effectifs plus importants que d’autres entreprises comparables, elle doit les réduire, et vite, même si elle fait des bénéfices, car le but du jeu est d’en faire davantage encore. Dans cette logique, les salariés estimés en surnombre sont inutiles et il faut les pousser à aller travailler ailleurs, là où ils ne freineront pas la rentabilité de leur entreprise.Une logique qui s’impose à l’échelle mondialeCette logique libérale pure et dure n’est pas celle de beaucoup de dirigeants européens, mais ils ne peuvent l’ignorer.Selon la dernière étude sur le sujet effectuée par la Banque de France, les entreprises du CAC 40 seraient détenues à hauteur de 46,7% par des investisseurs étrangers. Et ces investisseurs, ce ne sont pas des particuliers, ce sont majoritairement des gérants de fonds décidés à rechercher une rentabilité maximale pour leurs investissements.Les dirigeants d’entreprise peuvent d’autant moins ignorer cette pression des actionnaires que la plupart des opérations de rachat d’entreprises se font au moins en partie par échange d’actions: le vendeur peut recevoir du «cash», mais pour l’essentiel on lui propose des actions de l’entreprise acheteuse en échange des actions de son entreprise. Plus une entreprise joue la carte du profit et de la création de valeur pour l’actionnaire, plus son cours est élevé et plus elle est en position de faire des opérations de rachat par échange d’actions; celle qui ne joue pas ce jeu et a un cours plus faible risque de devenir la proie d’une OPA (offre publique d’achat) ou OPE (offre publique d’échange) hostile.C’est par exemple la situation que l’on retrouve dans la pharmacie où, faute de pouvoir se développer assez vite grâce à la découverte de nouvelles molécules ayant un marché se chiffrant en milliards, les principaux laboratoires qui dominent le monde grandissent en en rachetant d’autres.Dans cet univers, ou l’on est ou le prédateur ou  la proie, les grands patrons ont de moins en moins le choix: le niveau du cours de leur action s’impose comme un objectif de gestion majeur.C’est seulement ainsi que l’on peut comprendre la politique de Sanofi  (qui redistribue maintenant à ses actionnaires plus de 50% de son bénéfice net) qui s’est fait épingler dans l’émission Cash investigation sur France 2.La folie des rachats d’actionsDans cette recherche du cours de bourse maximal, un nouvel instrument joue un rôle croissant: c’est le rachat d’actions (buy back).L’idée est simple: à bénéfice identique, le bénéfice par action est plus grand s’il y a moins d’actions. Donc, pour faire monter son cours, l’entreprise emploie une partie de ses liquidités à racheter ses actions. Certaines, aux Etats-Unis, vont même jusqu’à s’endetter pour cela: la législation fiscale leur permet de déduire les intérêts d’emprunt du bénéfice imposable.Cette technique du rachat d’actions était autrefois étroitement encadrée outre-Atlantique : elle était assimilée à de la manipulation de cours. Un texte de 1982 a considérablement assoupli les règles, avec les résultats que nous avons vus plus haut. D’autres pays, dont la France, s’y mettent, avec davantage de modération.En théorie, le rachat d’actions est un aveu d’impuissance: il montre que l’entreprise n’a pas de projets intéressants à développer et que, en fin de compte, elle n’a rien de mieux à faire que de rendre leur argent aux actionnaires. Pratiqué à grande échelle, il peut être interprété comme le risque d’une grande panne de l’investissement et une menace pour l’avenir. C’est ce que dénoncent certains économistes et même certains financiers. Une menace pour l’investissement?Ce risque est-il réel? En fait, il doit être relativisé. Pour plusieurs raisons.La première est qu’une entreprise n’investit pas seulement parce qu’elle a les moyens de le faire; il faut aussi que le contexte économique lui semble favorable. Or la croissance mondiale est actuellement assez faible, avec une zone euro qui commence juste à redémarrer et des grands pays émergents qui sont à la peine (Russie, Brésil) ou sont dans une phase de retour à des taux de croissance plus modérés (Chine). Même aux Etats-Unis, le retour à la croissance ne s’est pas fait sans hésitations et les entreprises ont eu de bonnes raisons d’hésiter avant de recommencer à renforcer ou moderniser leur outil de production. L’avidité des actionnaires n’explique pas à elle seule cette frilosité face à l’investissement qui inquiétait même Larry Fink, président de BlackRock, le plus gros gérant de fonds américain, il y a un an.Une autre raison, moins avouable, laisse penser que la part des bénéfices allouée à la rémunération des actionnaires n’est pas aussi disproportionnée qu’il y paraît: les entreprises américaines laissent beaucoup de ces bénéfices à l’étranger. Si elles s’endettent pour verser des dividendes (comme Apple) ou procéder à des rachats d’actions, c’est parce qu’elles préfèrent laisser une partie importante de leurs bénéfices loin du fisc américain, de préférence dans des paradis fiscaux. Et les sommes en jeu sont énormes: il s’agirait de 2.100 milliards de dollars, soit plus de 1.900 milliards d’euros. A titre de comparaison, on peut rappeler que le PIB de la France est juste un peu supérieur à 2.100 milliards d’euros.Un vrai problème politique et socialDans ces conditions, il est peut-être un peu prématuré d’annoncer la faillite de ce système.Depuis des décennies, on parle de la tyrannie du court terme aux Etats-Unis: obnubilés par la nécessité d’obtenir de bons résultats trimestriels, les managers américains oublieraient de préparer l’avenir. Et que voit-on? L’économie américaine continue de dominer le monde et c’est toujours pour l’essentiel des Etats-Unis que vient l’innovation. Et à en juger par les projets d’Apple, Google et autres, les Etats-Unis ont encore un avenir. Le capitalisme américain est peut-être complètement immoral, il n’est pas tout à fait fou.Cela dit, cette course au profit pour l’actionnaire n’est pas sans danger. Elle encourage la formation de groupes de plus en plus puissants à l’échelle mondiale, en vertu de la règle selon laquelle le vainqueur rafle toute la mise. Et la formation de ces profits implique une pression constante sur les coûts, au détriment des sous-traitants et des salariés.Alors que les Etats-Unis sont installés sur un rythme de croissance supérieur à 2% l’an, les économistes en sont toujours à constater la faiblesse de la hausse des salaires. Cette course au profit, on l’a vu, passe aussi par la dissimulation des gains, au détriment des Etats et de la grande masse des citoyens.La vraie question à se poser n’est donc pas celle de l’insuffisance temporaire de l’investissement: l’argent est là et les entreprises iront le chercher le jour où elles estimeront en avoir besoin. La question est de savoir si ce «modèle» de croissance est politiquement et socialement supportable. Le débat entourant les bénéfices du CAC 40 montre à l’évidence qu’il y a un problème.Gérard HornyPartagez cet article1 likes 0 tweets 0 +1 0 linkedin

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Rana Plaza : les victimes toujours pas…

Libération

Sur le même sujetPrès de deux ans après l’effondrement de l’immeuble du Rana Plaza, il manque toujours 9 millions de dollars au fonds d’indemnisation des victimes, et les ONG s’inquiètent. 5 000 victimes et ayants droit de l’accident qui a fait 1 138 morts et plus de 2 000 blessés le 24 avril 2013 au Bangladesh ont reçu 40% de l’argent qui leur est dû. A cette somme s’ajouteront bientôt 30% supplémentaires, puisque le comité de suivi a autorisé mardi ce paiement. Les victimes auront alors touché 70%.Pour les 30% restant, il faut récupérer les 9 millions manquants (8,5 millions d’euros), et les ONG, dont la Clean Clothes Campaign (CCC), demandent aux grandes marques concernées de passer à la caisse, notamment Benetton.Au plus tard le 24 avrilLa marque italienne doit 5 millions de dollars selon les calculs des ONG et, après une campagne de pression, elle a accepté fin février de faire sa donation. Mais CCC s’inquiète de ne pas voir l’argent arriver : «Benetton prétend qu’il leur faut du temps pour qu’un consultant les informe du montant équitable à payer, mais refuse de dévoiler qui est ce consultant, quelle est sa méthodologie, et à quelle date la donation sera annoncée» , indique CCC dans un communiqué jeudi. L’ONG somme Benetton de payer la somme prévue qui lui semble  «proportionnelle à ses capacités de paiement, à l’ampleur de sa relation avec le Bangladesh et à son lien au Rana Plaza». Le groupe de textile italien avait précisé par communiqué le 20 février qu’ «une tierce partie, indépendante et reconnue sur le plan international, travaille pour établir notre participation de manière équitable» par rapport aux autres donateurs. Le montant du versement «sera rendu public dès que la tierce partie aura remis ses conclusions, dans les prochaines semaines» , avait ajouté Benetton, promettant que ce serait fait au plus tard au deuxième anniversaire du drame, le 24 avril prochain.Un trou «inacceptable»L’effondrement de l’immeuble du Rana Plaza avait tué des ouvriers du textile travaillant dans des ateliers sans sécurité pour des sous-traitants de marques étrangères, dont Benetton et certains autres que CCC accuse de n’avoir «pas fourni un apport significatif et proportionnel»  : Children’s Place, Zara (Inditex), Mango, Matalan et Walmart. «Le trou de 9 millions est inacceptable» , affirme CCC, qui demande à tous les contributeurs de remettre la main à la poche : les marques concernées, le gouvernement du Bangladesh et le patronat local. «Dans les jours suivant la catastrophe, alors que l’industrie du textile faisait toutes sortes de promesses aux victimes du Rana Plaza, nous n’aurions jamais imaginé que la question de l’indemnisation ne soit toujours pas réglée près de deux ans plus tard» , commente CCC, pour qui ce retard est intolérable, sachant que les majors du textile «ont la capacité de combler ce trou, puisqu’elles font toutes des centaines de millions de bénéfices chaque année, de l’argent gagné sur le dos de travailleurs comme ceux qui ont péri dans le Rana Plaza» .Michel HENRY

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La maladie d’Alzheimer doit être une…

Challenges

Les gouvernements européens ont revu les budgets de santé à la baisse face à la faible croissance économique qui sévit depuis 2008. Mais même si la maladie d’Alzheimer est peu prise en charge par l’assurance maladie (la majeure partie des dépenses étant à la charge des patients), les dépenses de santé relatives à cette maladie et financées par le secteur public représentent une part significative – et de plus en plus élevée – du total des dépenses de santé des pays européens. 44 millions de malades dans le monde Le terme démence (du latin « demens » signifiant folie) décrit une catégorie de troubles du cerveau qui provoque le déclin de la mémoire ou d’autres aptitudes cognitives, réduisant ainsi la capacité d’une personne à exécuter les tâches de la vie quotidienne et entraînant une perte d’autonomie. La maladie d’Alzheimer représente 60 à 80 % des cas de démence. La démence est souvent appelée à tort « sénilité », à tort car le grave déclin des aptitudes mentales ne fait pas partie du processus normal de vieillissement.Selon l’OMS, près de 44 millions de personnes dans le monde souffrent de démence, majoritairement de la maladie d’Alzheimer. D’après l’OMS et Alzheimer Disease International, ce chiffre devrait atteindre 65,7 millions en 2030 et 135 millions en 2050. Alzheimer Europe qui regroupe 36 associations Alzheimer dont France Alzheimer estime à 8,4 millions le nombre d’Européens de 60 ans et plus souffrant de démence, ce qui représente en moyenne 7 % de la population de cette classe d’âge des 28 pays membres de l’Union européenne. L’Italie affiche le taux de le plus élevé avec 7,7 % de la population de plus de 60 ans qui en souffre, suivie de près par la France et l’Espagne avec un taux de 7,5 %. Un coût de 604 milliards de dollars au niveau mondial Dans son Panorama de la santé en Europe , l’OCDE  indique que, dans des pays comme les Pays-Bas, les coûts directs liés à la démence représentent environ 5,5 % des dépenses de santé en 2011 ; en Allemagne, ils représentaient 3,7 % du total des dépenses en 2008 contre 3,5 % en 2004, se répartissant par ordre décroissant entre les soins en établissement médicalisé, la prise en charge à domicile et les soins hospitaliers.Ces dernières années, la maladie d’Alzheimer est devenue un enjeu prioritaire de santé publique dans de nombreux pays européens. La Commission européenne a lancé en 2009 une initiative européenne relative à la maladie d’Alzheimer et aux autres types de démence. Le World Dementia Council (Conseil Mondial de la Démence) s’est réuni pour la première fois à Londres le 30 avril 2014. Ce conseil a été créé à la suite du sommet sur la démence du G8 de décembre 2013. Son but est de promouvoir la recherche (d’après le Conseil, en 15 ans, seulement 3 nouveaux médicaments ont été mis sur le marché) ainsi que le développement des traitements et des soins pour les personnes atteintes de cette pathologie.Alzheimer’s Disease International a publié un rapport indiquant que le risque de démence peut être réduit par une diminution de la consommation de tabac, la pratique régulière d’une activité physique, un meilleur contrôle et une meilleure détection de l’hypertension, du diabète et du cholestérol ainsi que des facteurs de risque cardiovasculaires.Le Conseil a estimé le coût de la démence au niveau mondial à 604 milliards de dollars en 2010. Les politiques nationales  La France, le Royaume-Uni et l’Allemagne mènent une politique de lutte contre la maladie d’Alzheimer. L’objectif est de détecter cette maladie le plus tôt possible, d’assister l’entourage familial et d’améliorer la qualité des soins prodigués. France Alzheimer, une association d’entraide et d’action créée en 1985, estime que plus de 850.000 personnes en France sont atteintes de cette maladie et que près de 225.000 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année. Le plan gouvernemental pour les maladies neurodégénératives, présenté le 18 novembre 2014, a été accueilli avec scepticisme par France Alzheimer. Pour l’association, le budget très restreint et l’absence de périmètre clairement défini pourraient entraver la mise en oeuvre des 96 mesures préconisées. Le budget de 470 millions d’euros, dont 270 millions seulement pour le volet sanitaire et médico-social, lui semble insuffisant, l’association indiquant par ailleurs qu’aucune information n’a été donnée sur les sources du financement. En participant au comité du suivi du plan, l’association espère pouvoir le rendre plus efficace.France Alzheimer attire l’attention sur le fait que, derrière ces chiffres, de nombreuses familles sont victimes des conséquences sociales, affectives et financières liées à cette pathologie, et qu’au vu de l’accroissement actuel des chiffres, potentiellement, nous sommes tous concernés directement ou indirectement par cette maladie.  Si la recherche ne nous a pas encore apporté de traitement adéquat, un mode de vie sain et une prise en charge des personnes atteintes de ces maladies restent le meilleur moyen pour faire face à ce défi majeur de santé publique au 21e siècle.  Par Cristina Peicuti, conseillère entreprises au sein d’une banque et enseignante en économie monétaire et financière à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne  

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Cigarette électronique vs tabac, infections,…

Agora Vox

Tout d’abord, laissez-moi vous expliquer ce titre percutant. Je me suis aperçu, depuis ces deux dernières années où j’ai réussi à arrêter de fumer grâce à cet objet si décrié, que c’était ces mots là qui faisait mouche. Tous les médias l’ont également compris. Associer la cigarette électronique à « cancer » ou « mort » attire l’attention, fait lire, fait vendre d’où cette persistance à sortir des articles de cet acabit. Peu importe s’ils sont fondés. Peu importe si les sources sont peu fiables. Peu importe si les soi-disant études que l’on nous sort sont réalisées dans des conditions très lointaines de l’usage que l’on fait d’une cigarette électronique. Le principal, c’est de faire le buzz, de faire mouche de façon à attirer l’attention du lecteur et de ce coté là, les journalistes sont très forts. De plus, comme une partie des lecteurs ne retient que le fameux titre qui fait mal et ne lisent même pas, ou si peu, le texte associé, l’impact n’en ait que plus radical. J’ai donc décidé de faire comme les « copains » afin de voir si cet article allait attirer l’attention dans les mêmes proportions. Excusez-moi d’y avoir insérer le mot tabac mais contrairement aux autres, je ne voulais surtout pas que les derniers termes soient justement associés à cette pauvre cigarette électronique que tant de personnes voudraient tant abattre définitivement.Je viens donc ici dénoncer la cabale dont la e-cigarette est victime ces dernières années. Au début, c’était un article de temps en temps et puis, au fil du temps, le phénomène a pris de l’élan et ces dénigrements arrivent de plus en plus vite avec des titres à chaque fois plus percutants. Depuis juillet 2013, j’ai dénombré pas moins de 15 campagnes, études ou attaques transmises aux médias contre la cigarette électronique donnant lieu à des dizaines d’articles « spontanés » aux titres redondants. Chacune d’elle a été décortiquée et analysée, prouvant à chaque fois que ces rapports avaient été réalisés par dessus la jambe, de manière surtout à impacter le public, freiner la progression du phénomène et surtout, car au final le but inavoué est là, continuer à vendre du tabac. 15 campagnes cela fait, si je compte bien, une par mois environ. Jamais le tabac n’a eu droit à autant d’intérêt. C’est pas beau ça ! La cause principale de la mort de près de 70.000 personnes en France et de 6 millions à travers le monde suscite moins d’intérêt que la cigarette électronique qui n’en dénombre aucun ou pardon, si, au moins deux. Un par suicide en ingérant du e-liquide et un autre qui a eu la grande intelligence de placer une cigarette électronique en charge près d’une bouteille d’oxygène, provoquant ainsi un incendie fatal. Ces deux sujets font bien sur partie des campagnes avec, une fois encore, le renfort de titres bien percutants. Je préfère ne pas vous transmettre le nombre d’incendies et de morts annuels à cause d’une cigarette mal éteinte ou d’un fumeur s’endormant la clope à la main…Bien sur, toutes ces études sont spontanées et l’oeuvre de laboratoires travaillant pour la sauvegarde du genre humain. Quiconque y verrait l’ombre de l’industrie du tabac ferait preuve de médisance. Comme d’ailleurs les décisions votées par le parlement européen assimilant la cigarette électronique à un produit du tabac, même si elle n’en est pas un, loin de là. En votant de telles lois, les députés ont fait un énorme cadeau aux cigarettiers. Mais enfin, tous le monde sait que nos chers députés sont aussi des personnes loyales et indépendantes ! Ils ne céderont jamais aux millions de dollars que l’industrie du tabac met à leurs dispositions pour les convaincre de revoir leur position ou au beau parler des près de 300 « délégués » à Bruxelles et employés par des sociétés comme Philip Morris ou American Tobacco pour les « convaincre ». Belle hypocrisie !Les études contradictoires réalisées, dont on parle beaucoup moins, prouvent que la cigarette électronique est, sans comparaison, bien moins nocive que la vrai cigarette. Certaines datent même des années 50 concernant l’inhalation de produits tels que le propylène glycol. Un rapport de plus de 200 pages a été réalisé en 2012 par d’éminents experts montrant le peu de dangerosité des produits utilisés en comparaison du tabac et de sa combustion. D’autres éminents scientifiques comme le professeur Dautzenberg ou Farsalinos mènent une lutte incessante pour sauver le plus grand nombre de fumeurs tant qu’ils peuvent encore l’être. Une centaine de spécialistes médicaux ont signé une lettre contre les directives de Bruxelles et chaque jour, de plus en plus de représentants du corps médical se rallient à la cause.Il y a d’autres représentants, hélas, qui aident l’industrie du tabac. Ce sont les propres fumeurs. Ce sont ceux qui, vaguement, voudraient arrêter de fumer et qui, grâce à ces articles de presse, se rachètent une conscience. Ils arrivent ainsi ainsi à se convaincre qu’au final, fumer n’est pas si nocif et que la cigarette électronique est pire. Et pire encore, ils se rassurent eux même en convaincant leurs amis fumeurs qui voudraient bien arrêter avec la cigarette électronique de ne pas le faire. La logique du si je crève, au moins je ne crèverais pas tout seul.En attendant, toutes ces belles campagnes freinent ou renvoient au tabac des centaines de personnes qui souhaiteraient arrêter de fumer et le but est ainsi atteint. Peu importe les 6 millions de morts.. Mais puisque l’on parle de chiffres, allons jusqu’au fond des choses. En France, on estime à environ un million et demi le nombre de personnes qui sont passés à la cigarette électronique. Pour ne pas faire preuve de trop d’optimisme, je ne retiendrai que la moitié d’entre eux ayant vraiment arrêté de fumer et l’autre partie ayant diminué de cinquante pour cent. En comptant le prix quotidien moyen d’un paquet de cigarette à sept euros, cela fait une perte quotidienne pour l’industrie du tabac de plus de 7 millions et demi soit plus de 22 millions par mois rien que pour la France. Et sachant que dans notre cher pays, les taxes sur le tabac avoisinent les 80%, cela veut dire que l’état perd quotidiennement près de 6 millions d’euros. Ma question est donc la suivante : Les hautes instances de ce pays veulent elles vraiment que les gens arrêtent de fumer ? Permettez-moi d’en douter…

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La disruption industrielle

Le Nouvel Economiste

Rupture de modèles, modèles de rupture La disruption industrielleFT – Les perturbateurs de la nouvelle économie sèment la panique mais créent des opportunitésDans cette série sur les nouveaux modèles d’entreprises, nous examinons les défis auxquels sont confrontés ceux qui opèrent dans les secteurs traditionnels, des taxis aux livraisons en passant par la construction automobile et la grande distribution. Parmi les mots en vogue, il en est un qui est laid. Mais, en 2014, les « disrupteurs », ou perturbateurs, ont fait des ravages parmi les business models traditionnels. Comme la technologie met de nouveaux outils à la disposition des innovateurs, les anciennes frontières s’effacent. Amazon a transformé la vente de livres, se lance dans la vente au détail et expérimente la livraison par drone. Apple a transformé les secteurs de la musique et des télécommunications, et a maintenant des objets connectés pour nos poignets. Six ans après ses débuts, Airbnb a plus de chambres disponibles qu’IHG ou Hilton, les meilleurs groupes hôteliers du monde. L’innovation est vieille comme le monde. « Si j’avais demandé aux clients ce qu’ils voulaient, ils auraient répondu : un cheval plus rapide » disait Henry Ford avant de révolutionner les transports. Mais la variété et le nombre d’individus et d’entreprises qui transforment les modèles semblent différents. Que ce soit la pléthore de médias sociaux qui oblige le journalisme à se réinventer, ou les avancées technologiques qui ont transformé la façon dont nous commandons nos vêtements, nos places de cinéma ou un taxi, ou encore la justesse des prix, les perturbateurs sont partout. Une perturbation est traditionnellement destructrice : elle pousse des sociétés à la fermeture et, souvent, les travailleurs au chômage. Mais la perturbation offre aussi d’énormes opportunités, pour les consommateurs, pour les perturbateurs eux-mêmes et pour les autres sociétés, puisque de nouvelles procédures comme le financement participatif ou l’extraction de données du big data deviennent accessibles à tous. Aujourd’hui, comme ils le feront demain, tour du monde des « disrupteurs ». Uber Après une année de levées de fonds à plusieurs milliards de dollars, des interdictions dans plusieurs villes à travers le monde et une expansion massive, Uber, l’application de taxis privés, est devenu l’emblème de la Silicon Valley en matière de perturbation. En cinq ans, Uber a révolutionné le marché des taxis dans plus de 230 villes et 51 pays, le tout sans posséder une seule voiture. Elle relie les conducteurs de voitures particulières et de taxis aux passagers par son application sur smartphone, soutenue par une équipe spécialiste de big data qui s’assure que l’attente ne dure jamais plus de cinq minutes.Dirigé par son cofondateur Travis Kalanick, Uber a écrasé la concurrence des start-up de covoiturage aussi bien que les syndicats de taxis, et a été évaluée à 40 milliards de dollars lors d’une levée de fonds de 1,2 milliard de dollars en décembre. Ce trésor de guerre lui permettra de baisser ses tarifs alors qu’elle se bat pour gagner des parts de marché. »Son succès a fait chuter l’utilisation des taxis à San Francisco de deux tiers en moins de deux ans »Et obligé l’application londonienne de taxis Hailo à quitter l’Amérique du Nord, car elle ne pouvait plus rivaliser avec les prix d’Uber. Certains des chauffeurs d’Uber se sont aussi plaints d’être forcés de travailler de longues heures pour la même somme.Mais il y a un revers. Les régulateurs, en particulier en Europe, ont soumis l’entreprise à des enquêtes, et parfois, Uber se perturbe lui-même. Au mois de novembre, l’un de ses dirigeants a laissé échapper qu’il aimerait embaucher des enquêteurs pour dénicher des informations sur la « vie personnelle » des journalistes trop critiques.L’affaire a provoqué un tollé, et obligé M. Kalanick à présenter ses excuses en affirmant que cette remarque était « éloignée de nos valeurs ». L’incident a amené beaucoup à se demander si la culture d’entreprise d’Uber, qu’il incarne, ne sera pas son talon d’Achille.M. Kalanick est conscient des résistances des chauffeurs de taxi, et de la portée des campagnes politiques auxquelles Uber doit faire face dans son développement. Il a embauché au mois d’août dernier David Plouffe, ancien conseiller du président Barack Obama, pour diriger l’élaboration des politiques.Et dans sa course aux 10 milliards de dollars de chiffre d’affaires l’année prochaine, Uber ne se satisfait pas de sa seule victoire sur les taxis. Des hamburgers à Beyrouth aux chatons à Seattle, il expérimente déjà dans d’autres secteurs du transport. Tim Bradshaw et Mourad Ahmed Bob Diamond en Afrique Bob Diamond n’a peut-être pas perturbé tout un secteur, mais il a remis en question l’idée qu’investir en Afrique subsaharienne se fait forcément à perte. Depuis son départ en 2012 de Barclays – après avoir été condamné à une amende pour manipulation des taux interbancaires -, M. Diamond a récolté plus de 600 millions de dollars à la Bourse de Londres pour des investissements dans les banques africaines à travers son projet Atlas Mara. Le banquier américain fait partie d’une vague d’investisseurs qui arrivent sur le continent, dont les fonds KKR et Carlyle et des fonds gouvernementaux comme le singapourien Temasek. Il est devenu l’un des visages les plus connus, selon ses concurrents. « Les investisseurs de Wall Street misent sur l’Afrique grâce à lui » dit un banquier d’investissement spécialiste de l’Afrique.M. Diamond a récolté 325 millions de dollars lors d’une offre publique initiale à Londres en décembre 2013, et encore une autre cette année, même s’il n’a pas atteint l’objectif des 400 millions de dollars. Avec Ashish Thakkar, dirigeant du Groupe Mara, il a déjà scellé trois offres pour des groupes financiers en Afrique, en obtenant une exposition à des pays comme le Botswana, le Mozambique, la Tanzanie, le Zimbabwe et le Nigeria.Et il en prévoit plus. « Les banques mondiales ne s’occupent pas de l’Afrique du tout. C’est fantastique, c’est la raison profonde pour laquelle nous faisons cela » disait-il au Financial Times le mois dernier. Javier Blas Ford, le retour du premier disrupteur Lorsque la première version remaniée du pick-up qui a fait le succès de la firme américaine est sortie en novembre, il n’était pas évident de voir en quoi elle est révolutionnaire. Mais sous la peinture de la nouvelle F-150, la carrosserie est en aluminium, métal jamais utilisé dans un véhicule produit à la chaîne. Changer de matériau a réduit de plus de 300 kg le poids du véhicule, soit 13 %, réduisant la consommation de carburant de 5 à 22 % selon les différents modèles de la F-150.Une visite au complexe de carrosserie de Ford à Dearborn dans le Michigan, montre quel pari l’entreprise a pris : elle a dû remplacer son équipement de soudage à l’arc par des machines à vis, rivets, de la colle et des panneaux de soudure au laser.Tout cela représente un risque important, car selon certains analystes, la Ford 150 représente 90 % des bénéfices d’exploitation du groupe. »C’est un changement énorme, explique Michelle Krebs, analyste chez autotrader.com. L’aluminium avait été utilisé pour les voitures auparavant, mais beaucoup moins que par Ford. »Ford espère gagner avec l’avantage d’être le premier. « Il estime que General Motors et Chrysler devront revoir leurs véhicules pour répondre aux nouvelles normes d’efficacité énergétique, et le premier fabricant à faire la transition devrait conserver une avance à long terme sur le marché. » Robert Wright Aldi et Lidl Les supermarchés discount allemands Aldi et Lidl perturbent depuis leurs bastions d’Europe continentale l’industrie de l’alimentation au Royaume-Uni, aux États-Unis et en Australie. Et maintenant, Aldi étudie le marché chinois. Au Royaume-Uni, les deux discounters ont presque doublé leur part de marché ces quatre dernières années, au détriment de l’ensemble des quatre grandes chaînes de supermarchés britanniques : Tesco, Asda, Sainsbury et Wm J Morrison.Aux États-Unis, Aldi dispose de 1 350 magasins et en prévoit environ 2 000 d’ici 2018. Lidl s’apprête à pénétrer le marché américain, un casse-tête supplémentaire pour les grands distributeurs comme WalMart, qui font déjà face à la concurrence des magasins à un dollar. D’après Mike Paglia, directeur chez Kantar Retail, l’arrivée de Lidl va augmenter la pression sur les détaillants établis, surtout parce que l’enseigne a plus de produits de sa propre marque qu’Aldi. « Lorsque Lidl arrivera, je pense que ça deviendra effrayant pour Dollar Generals et Walmart » estime-t-il. Selon le cabinet Planet Retail, Schwarz Group, qui détient Lidl, est déjà le plus grand distributeur alimentaire européen avec des ventes s’élevant à 81,7 milliards en 2013 ; celles d’Aldi s’affichent quant à elles à 67,4 milliards sur la même période.Mais les distributeurs en place ripostent. Au Royaume-Uni, les quatre grandes chaînes de supermarchés se sont engagées à dépenser des milliards de livres pour réduire les prix, tandis que les chaînes américaines comme WalMart ouvrent de plus petits magasins. Andrea Felsted Alibaba Avec près de 300 milliards de dollars de ventes en ligne via son site inspiré d’eBay dans les six premiers mois de 2013, le groupe de commerce électronique Alibaba a déjà transformé le commerce de détail en Chine. Mais aujourd’hui, la société et ses rivales font des incursions dans des secteurs allant des taxis aux services financiers, happant le fruit à portée de main des marchés excessivement réglementés par l’État.L’application de taxi Kuadi Dache, détenue en partie par Alibaba, a amélioré le marché, tandis que le fonds Yue Bao, qui agit comme banque de dépôt, mais rémunère a un taux d’intérêt plus élevé que la règle, avait attiré 534 milliards de yuans (86 milliards de dollars) à la fin du mois de septembre dernier. Joe Tsai, vice-président d’Alibaba et bras droit du fondateur Jack Ma, déclare que « les services financiers et les soins de santé sont de « très grands secteurs, où la technologie peut réformer les systèmes actuels parce qu’elles y sont en partie très archaïques ». »Toutefois, M. Tsai a admis que les plans d’expansion dans les services financiers ont essuyé « un revers », avec la décision de la banque centrale de bloquer une carte de crédit virtuelle au printemps dernier. « Évidemment, la banque centrale a déclaré ‘nous allons freiner un peu les choses… nous allons faire une réforme, plutôt que de la perturbation’ » a-t-il dit. Charles Clover Aereo En 2014, Aereo était le petit perturbateur qui ne pouvait rien. Lancée en 2012, la start-up basée à New York était audacieuse : pour 8 à 12 dollars par mois, le téléspectateur pouvait voir un flux continu de télévision haute définition sur son smartphone, sa tablette, son ordinateur portable et son téléviseur connectés au web. Aereo a levé près de 100 millions de dollars, en grande partie auprès de l’IAC de Barry Diller, et a perturbé le secteur de la télévision. « Nous savons qu’il existe une demande pour ce service », déclarait Chet Kanojia, PDG d’Aereo. « Nous ne savons pas si cela représente 30 % du marché, ou 5, ou 2 ; mais même à 5 %, cela pourrait devenir une énorme entreprise. »Mais les diffuseurs – dont ABC, NBC, CBS et Fox – ont poursuivi Aereo en justice, au motif que la société violait leurs droits d’auteur en rediffusant des signaux sans leur consentement. En juin, la Cour suprême a ordonné sa fermeture. IAC a repris 66,6 millions de dollars sur son investissement et en novembre, Aereo a introduit une demande de protection contre la faillite. Aereo n’a jamais révélé ses revenus, mais le procès a montré que le service comptait un peu plus de 77 000 abonnés en 2013. En fin de compte, pour le PDG de CBS, Les Moonves, c’était « beaucoup de bruit pour un service que pratiquement personne n’utilisait ». Shannon Bond Just Eat David Buttress, PDG de Just Eat, se décrit comme un « activiste anti-cuisson », une étiquette convenable pour un homme qui veut convaincre les consommateurs qui manquent de temps d’utiliser son application de livraison de plats à emporter .Just Eat, fondée au Danemark en 2001, mais qui a déménagé en Grande-Bretagne cinq ans plus tard, relie les restaurants aux consommateurs qui veulent sélectionner des plats sur une seule plateforme. En avril, il est entré en Bourse, avec une estimation à environ 1,5 milliard de livres. Il a vite déçu en 2014, croupissant en dessous des 260 livres pendant des mois. Mais ses actions sont maintenant à plus de 300 livres et les résultats semestriels ont montré que ses revenus ont augmenté de 60 %, à 69,8 millions de livres sterling.Globalement, Just Eat a signé un accord avec plus de 40 000 restaurants, qui paient un droit d’entrée à la signature du partenariat ; le service prélève ensuite une commission sur chaque commande. Certains analystes sont cependant sceptiques. Amazon teste maintenant un service de livraison de plats à emporter à Seattle, et il est possible que Just Eat voie sa part de marche engloutie par le géant américain du e-commerce. Kadhim Shubber Lending Club Renaud Laplanche, fondateur et PDG du Lending Club, frappe du doigt la boîte en verre qui contient le modèle réduit d’un voilier dans les bureaux de San Francisco de la plateforme de financement « peer-to-peer ». Le trimaran de 25 mètres, le Lending Club, a remporté la course transpacifique l’an dernier et M. Laplanche est fier, on le comprend, de la victoire de son équipe. Il a été capitaine du voilier durant les cinq journées et demie de la course, établissant au passage le deuxième meilleur temps enregistré depuis la création de la course en 1997.Ancien avocat et véliste de compétition, M. Laplanche détone dans la foule de geeks en sweat à capuche qui peuple les entreprises de la baie de San Francisco. À part une start-up vendue à Oracle en 2005, le Français de 44 ans n’a pas le parcours dans la tech qui est celui de beaucoup de ses confrères.Il a fondé Lending Club en 2006 après avoir remarqué l’écart entre le taux d’intérêt de sa carte de crédit et les intérêts versés sur son compte en banque. L’idée était simple : créer une plateforme en ligne pour mettre directement en contact emprunteurs et prêteurs, court-circuiter les banques pour proposer des prêts plus intéressants. Le timing était bon. La crise financière de 2008 a provoqué une vague de ressentiment anti-banques qui a soutenu le message « perturbateur » du Lending Club. Des années de taux d’intérêt extrêmement bas ont permis d’attirer l’attention des investisseurs professionnels.Sept ans ont passé et le Lending Club a grandi. Il a prêté 6 milliards de dollars sur son site, scellant sa réputation de plus gros prêteur en ligne « entre particuliers », et il est coté au New York Stock Exchange depuis décembre dernier.Dans son bureau de San Francisco, M. Laplanche regarde à nouveau sa maquette de voiliers. C’est un cadeau de l’un des nombreux investisseurs qui ont épaulé la croissance rapide du Lending Club. Le voilier est rapide, dit M. Laplanche. « Tout, ici, est rapide. » Tracy Alloway Three Three, le groupe de téléphonie mobile de Hutchison Whampoa, est classé « maverick » (rebelle) dans le jargon des régulateurs de Bruxelles. Ce qui signifie qu’il est une nuisance reconnue pour le secteur européen de la téléphonie, car il défie un business model traditionnel. C’est particulièrement vrai au Royaume-Uni, où sa petite taille, comparée à celle de ses concurrents EE, O2 et Vodafone, n’a pas diminué sa capacité à faire du tapage chez les régulateurs. Le groupe a mené à bien une campagne pour faire baisser les tarifs de terminaison d’appel mobile, le prélèvement que les opérateurs ont le droit de faire payer aux concurrents pour connecter les appels. De la même manière, Three est allé contre le secteur en faisant campagne pour diminuer les coûts de roaming. Il est allé jusqu’à lancer ses propres abonnements « Roam at home » (Téléphonez au prix de chez vous) qui sont déjà venus à bout des coûts de roaming dans de nombreux pays.Le fait que le groupe a perdu de l’argent durant la plus grande partie de son existence n’a pas entamé son intention de casser les prix. Tout récemment, il a démoli l’idée que la 4G ultra-rapide de la prochaine génération devait être facturée à un tarif plus élevé, en offrant la 4G à ses clients à son tarif d’itinérance de données. Three assure maintenant que 3,1 millions de ses clients – soit plus d’un tiers de ses 8 millions d’abonnés – utilisent la 4G, et ce dix mois pile avant son lancement commercial.Three n’a pas non plus relâché ses efforts pour saper les pratiques du secteur. Il projette une nouvelle attaque contre les difficultés rencontrées par les clients pour changer d’opérateur. Et si les rumeurs boursières disent vrai, il pourrait même se préparer à faire une offre pour racheter l’un de ses plus grands rivaux. La seule question est : en grossissant, Three pourra-t-il rester un empêcheur de tourner en rond face à la sagesse boursière conventionnelle ? Dan Thomas Tesla En juin dernier, ce n’était pas la première fois que Elon Musk faisait un coup de relations publiques, en annonçant que Tesla, son entreprise de voitures électriques, avait décidé de rendre publics ses brevets à ses concurrents. C’est, avait dit M. Musk, « dans l’esprit du mouvement du logiciel libre, pour l’avancement de la technologie du véhicule électrique ». Cette offre apparemment magnanime était aussi une tactique de défense. Tesla a en effet besoin que de grands groupes automobiles adoptent sa technologie et stimulent le marché des véhicules électrique, qui ne devrait toujours représenter que 1 % des ventes de voitures d’ici à 2020. Les technologies de ses concurrents, comme les moteurs hybrides et les piles à hydrogène, montent en puissance. Mais la décision peut aussi être vue comme une tentative de Tesla de se vendre moins comme un fabricant snob et davantage comme un industriel de la technologie du véhicule électrique.Depuis plusieurs années, Tesla est reconnu comme le grand perturbateur de l’industrie automobile. Son modèle haut de gamme, la Model S, a prouvé que les véhicules électriques peuvent être désirables et profitables. Les itérations futures incorporeront le dernier cri en matière de conduite autonome.  » Même la façon dont Tesla vend ses voitures secoue le modèle établi des concessionnaires. »Il a refusé le système de franchises et gardé en interne le service des ventes et le service après-vente.Le groupe a fait plus que simplement illustrer une façon alternative de vendre des voitures. Il tient à convertir les fabricants établis à sa façon de voir les choses. Il affirme que sa nouvelle « giga-usine » dans le Nevada fera probablement baisser le prix des batteries d’environ 30 %. Son réseau global de super-bornes de recharge pourrait contribuer à diminuer ce que l’on appelle l’angoisse de l’autonomie : avoir peur qu’une voiture électrique n’en ait pas suffisamment pour atteindre une destination.Mais ces derniers mois, les investisseurs de la première heure, Daimler et Toyota, sont sortis de Tesla. BMW aurait démenti les rumeurs d’une alliance, en expliquant que le pionnier avait encore une bataille à remporter pour rallier le secteur automobile. Andy Sharman Appear Here Voitures, marteaux-piqueurs, chambres chez l’habitant, tout semble à portée de doigt ces temps-ci, pour peu que vous disposiez d’un smartphone et d’un revenu. Alors, pourquoi pas des mètres carrés commerciaux à court terme ? Jusqu’ici, l’immobilier commercial était géré en « club de vieux copains », dit Ross Bailey, 22 ans. Il énumère les baux de 5 ans et les multiples intermédiaires impliqués dans une location, fastidieuse et coûteuse pour les locataires. Comme un Airbnb pour magasins éphémères, Appear Here, la start-up de M. Bailey à Londres, a mis au point un site qui permet de signer un bail en moins de deux semaines, puis de régler un loyer au prorata des jours d’occupation du local.Au cours de ses 18 mois d’existence, Appear Here a attiré 8 des 10 plus gros propriétaires de locaux commerciaux britanniques chez lui. Le site propose plus de 700 lieux à louer en Grande-Bretagne. Un accord avec le Transport for London a transformé la station de métro londonienne de Old Street en une enfilade de coffee-shops et de bars à jus de fruits. Un restaurant chic s’apprête à ouvrir dans les anciennes toilettes de la station en janvier.Le pitch des débuts de M. Bailey devant les gestionnaires de locaux commerciaux ? Ils pouvaient générer des revenus durant les « temps de jachère » entre deux locataires à long terme. Mais de plus en plus, affirme-t-il, ils comprennent les bénéfices qu’il y a à s’adapter aux goûts des jeunes clients, volages et constamment en mouvement. Selon M. Bailey, depuis avril, les loyers encaissés par Transport of London pour la station Old Street ont plus que doublé comparé la même période l’an dernier.Au cours des 12 derniers mois, Appear Here a enregistré entre 1 et 9 millions de livres de chiffre d’affaires en loyers. Et a l’intention de s’implanter dans d’autres villes européennes l’an prochain. Pour compenser les frais généraux plus élevés que sur une plateforme classique de location de vacances, et qui comprennent un service en ligne de conciergerie pour les locataires, la société prélève une commission d’environ 15 %.Les locataires vont de la vendeuse de doughnuts à des marques comme Net-a-Porter. N’y a-t-il pas un risque que le socle de petits commerçants locataires passe à la vitesse supérieure et quitte Appear Here ? M. Bailey répond que certains louent depuis plus d’un an. Ils préfèrent la flexibilité aux contraintes d’un bail à long terme. Sally Davies SoundCloud Le site SoundCloud se décrit LE lieu en devenir pour « écouter les musiques du monde ». Certains investisseurs espèrent que cette start-up de Berlin reproduira à terme l’impact perturbateur qu’a eu YouTube pour les vidéos. Ils disent que SoundCloud pourrait être la plateforme dominante pour l’audio et, comme YouTube, devenir un moteur de recherche parmi les plus importants. Fondé en 2007 par Alexander Ljung et Eric Wahlforss, SoundCloud enregistre plus de 175 millions d’auditeurs uniques chaque mois. Il a levé 60 millions de dollars cette année lors d’un tour de table qui le valorise à 700 millions de dollars. Les investisseurs comprennent Kleiner Perkins Caufield & Byers, GGV Capital, Index Ventures, IVP, the Chernin Group et Union Square Ventures. »Mais la question se pose encore de savoir si la société peut gagner de l’argent. Des investissements lourds dans la technologie et le marketing, face à une seule source de revenus : les gros utilisateurs qui paient un abonnement. »En 2012, dernier bilan disponible, l’entreprise a perdu 12,4 millions de livres sterling, pour un chiffre d’affaires de 8 millions de livres. Parvenir à signer des partenariats avec les majors de la musique pourrait être déterminant pour le futur de SoundCloud.En attendant, les investisseurs et les maisons de disques font pression pour que Soundcloud trouve des revenus. Pour calmer les inquiétudes sur sa rentabilité, le service a annoncé en août dernier l’introduction de publicités et l’écoute payante pour les artistes les plus populaires. Trois mois plus tard, il signait un accord de licence avec Warner Music, les deux autres majors, Universal and Sony Music, restant toujours à l’écart.Si les maisons de disques ont tout intérêt à travailler avec le site SoundCloud, où les fans peuvent découvrir de nouvelles productions, elles ont aussi le pouvoir de restreindre sévèrement le choix de contenus proposés sur la plateforme, en obligeant Soundcloud à retirer les contenus sous copyright téléchargés illégalement par les internautes.Les fondateurs de SoundCloud répondent que ces négociations ne sont pas essentielles pour sa survie. M. Wahlforss a récemment confié au FT que le service audio en streaming n’était pas aussi dépendant d’un « catalogue complet » de musiciens connus, comme le sont d’autres concurrents, car un grand nombre de créateurs utilisent Soundcloud et y téléchargent leurs propres mix. Jeevan Vasagar Mario Costeja González Mario Costeja González voulait juste qu’un petit morceau de son passé soit oublié, perdu, laissé derrière. Mais il s’est aperçu que le Web fonctionnait en aspirant toutes les informations, quels que soient le contexte et le temps écoulé. La moindre parcelle de la vie d’une personne peut donc être enregistrée puis retrouvée par une simple recherche sur Google. Ce problème a conduit l’avocat espagnol à partir en guerre contre la société qui domine Internet.En mai, M. González a gagné un procès historique devant la Cour européenne de justice qui a imposé un nouveau droit, le « droit à l’oubli » sur le Web. Ceci permet aux citoyens du continent de demander à Google que les informations sensibles soient retirées des résultats de recherches. Google a à contrecoeur accepté le jugement, et est engagé actuellement dans un processus tortueux pour se conformer à la décision de justice.Ce jugement signifie que M. González a changé, pour le futur prévisible, la façon dont Google, le moteur de recherche dominant, opère. Il a aussi subtilement changé la perception de millions d’internautes sur comment leurs données devraient être traitées par les sociétés de la Silicon Valley.Il est possible que le Goliath du Web, Google, ait sous-estimé l’homme en face de lui. M. González, 59 ans, a vécu sous la dictature de Franco et se décrit comme un combattant de la liberté. Il dit ne pas vouloir défendre la censure, mais la possibilité de supprimer des données qui « violent l’honneur, la dignité et la réputation des individus ».Il a porté plainte en 2010, quand il a découvert en faisant une recherche sur son nom, un article vieux de 20 ans détaillant comment il avait été contraint à vendre sa maison pour payer ses dettes. Il a gagné le droit de supprimer ce lien des résultats de recherche sur Google, mais cette affaire ne sera jamais oubliée.Ce prix en valait la peine, à ses yeux, si cela permet au moteur de recherche de n’être plus seulement bon, mais « parfait ». Murad Ahmed Lazada.com Le commerce électronique croît rapidement dans la plupart des régions du monde. Il pourrait croître encore plus vite en Asie du Sud-Est, grâce à une importante population âgée de moins de 25 ans dans des pays comme l’Indonésie. Ce public jeune, ajouté au taux de pénétration élevé du e-commerce par téléphone mobile, a profité à Lazada.com, la société qui grandit si vite dans cette partie du monde qu’il est difficile de la suivre.Le portail de e-commerce vend tout, depuis les motos jusqu’aux téléphones mobiles et ustensiles de cuisine, dans la plupart des 10 pays membres de l’Asean, qui comprend non seulement l’Indonésie, mais aussi la Malaisie, le Vietnam et les Philippines.Avec une population de 620 millions d’habitants et un PIB plus élevé que celui de l’Inde, les économies de l’Asean, tirées par la consommation intérieure, ont été choisies par la maison mère de Lazada.com, le groupe allemand Rocket Internet, pour devenir rien moins que la version locale d’Amazon. »Lazada.com a contourné le problème d’un usage encore relativement faible des cartes bancaires dans l’Asean en proposant le paiement en cash à la livraison, et la livraison par moto jusque dans des lieux assez isolés. »Depuis son lancement en 2012, le portail d’e-commerce s’est implanté dans six pays – l’Indonésie, la Malaisie, les Philippines, Singapour, la Thaïlande et le Vietnam -, outre son service d’approvisionnement stratégique à Hong Kong. Les ventes sur ses sites et via ses applications ont presque doublé depuis le mois de juin. Une partie importante de cette croissance est due aux e-boutiques en ligne proposées à d’autres commerçants.Son directeur est un ancien consultant de McKinsey, Maximilian Bittner. Lazada.com opère depuis son siège régional de Singapour et emploie environ 3 000 personnes. Son empreinte Web est de plus de 2 millions de visites quotidiennes sur ses sites. Lazada a aussi le plus grand nombre de ‘like’ de toute l’Asie du Sud-Est pour une page Facebook : 9 millions de fans.Tesco, la chaîne de supermarchés britannique, a été un investisseur précoce dans l’affaire, l’an dernier. Ce mois-ci, Lazada a obtenu 200 millions d’euros d’investissement de Temasek, le fonds d’investissement souverain de Singapour, et de trois autres investisseurs, dont sa maison mère en Allemagne. Jeremy Grant Publié le 04/02/2015

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Face aux cyber-risques, autorités et…

Journal du Net

Face aux cyber-risques, autorités et entreprises doivent intensifier leur coopération De Sony Pictures, au Ministère de la Défense, en passant par la chaîne de télévision France 3, plus récemment, l’actualité le rappelle sans cesse, les cyber-risques sont devenus menaces. Plus de 400 milliards de dollars dérobés en 2014 dans le monde, un chiffre qui pourrait atteindre 3000 milliards d’ici à 2020 selon le Forum économique mondial. Passée à un stade industriel, la cybercriminalité transpose dans le monde électronique les crimes économiques classiques, en les accélérant et les amplifiant. Extorsion, chantage et usurpation d’identité défraient la chronique. Mais ils masquent également d’autres incidents moins médiatiques mais tout aussi dommageables pour les entreprises et les organisations, tels que les dénis de services, le blocage de sites ou la saturation de serveurs. Techniques et discrètes, ces actions délibérées constituent néanmoins un risque critique touchant au coeur de leur activité et de l’économie numérique. Acteurs publics et privés unis dans la lutte Cependant, les acteurs publics et privés s’activent en misant sur la prévention et la coopération. Les autorités judiciaires françaises et européennes n’ont de cesse d’enrichir un arsenal législatif très complet. En amont, à l’instar de l’ANSSI, de la CNIL, des centres d’alerte et de réaction aux attaques informatiques (CERT) ou du Conseil de l’Europe, un écosystème d’anticipation et d’information guide les entreprises et les organisations dans l’élaboration d’une politique de sécurité. Tandis que pour la répression, les cyber-policiers traitent un nombre croissant d’affaires. De nombreuses entreprises ont déjà saisi l’ampleur du risque, mais ce n’est pas le cas de toutes. Ainsi, 47% d’entre elles n’ont encore jamais réalisé d’analyse de sécurité de leur système d’information (SI). Dans le même temps, 25 % des entreprises européennes auraient déjà fait l’objet d’un vol de données. Pour les plus impliquées, les cabinets d’avocats et les départements juridiques élaborent des réponses et constituent des preuves pour poursuivre un cyber-crime… ou se retourner contre un sous-traitant. La responsabilité est aussi un risque. Un arsenal juridique efficace et contraignant Le parapluie de l’arsenal juridique protège, mais impose en retour une obligation aux organisations  de protéger leurs données. La question est brûlante, en particulier pour les dirigeants d’entreprise qui risquent pénalement 5 ans de prison et 300 000 euros d’amende pour une douzaine de délits, dont la négligence ou non-déclaration d’un incident de sécurité. L’internet, le cloud et les terminaux mobiles ont rendu mouvant le périmètre des entreprises et imposent une politique de sécurité, et en premier lieu, une cartographie des risques. En profondeur, la notion d’ accountability – soit la capacité à démontrer la mise en place de procédures pour anticiper et gérer les incidents – s’impose en matière de stratégie de sécurité à mi-chemin entre politique de qualité et culture du risque. Sécurité, quelle politique pour l’entreprise ? A l’instar de toute démarche qualité, la politique de sécurité des systèmes d’information (SSI) questionne toute l’organisation et doit, pour réussir, être soutenue au plus haut niveau. Les SI doivent garantir des environnements de qualité avec des logiciels et des applications bien développés, sans bogues, qui sont autant de failles de sécurité potentielles. Les métiers et le juridique doivent vérifier et négocier en amont de chaque contrat que les obligations de sécurité sont respectées. Enfin, un audit régulier des prestataires devient une priorité. Les directions orchestrent le tout et définissent des procédures de sécurité en veillant à ce qu’elles soient intégrées dans les pratiques et les consciences au quotidien. Dans ces conditions, 80 % des cyber-risques peuvent être éliminés. Sensibiliser et former l’utilisateur et le citoyen « 90% des incidents de sécurité sont d’origine humaine et ne mettent pas en cause l’environnement technique » affirment les experts. C’est pourquoi comme un second volet à la fusée de la sécurité, la sensibilisation et la formation des utilisateurs s’avèrent un enjeu primordial. Qu’il s’agisse du citoyen, du consommateur ou du collaborateur, les pouvoirs publics et les acteurs économiques attendent une prise de conscience individuelle. Dans les entreprises, des solutions techniques légères existent pour sécuriser les pratiques telles que la gestion des identités, l’automatisation de création de comptes avec des autorisations paramétrées ou l’anonymisation des bases de données. Mais l’adhésion de tous à la sécurisation des environnements électroniques va devenir un thème récurrent de communication interne et de formation. L’hygiène informatique doit s’imposer dans les esprits comme l’ont compris les autorités européennes en lançant le Mois européen de la cyber-sécurité. La sécurité, un levier du business  Une certitude pour les années à venir : les cyber-risques et les cyber-crimes iront croissant, tout comme la détermination des acteurs publics et privés à lutter contre le phénomène. Le succès de l’économie numérique est à ce prix. Mais seule une culture du risque et de la prévention sera à même de protéger durablement les organisations, les entreprises et les utilisateurs. La sécurité est une valeur d’avenir, et qui saura la garantir en tirera les bénéfices.

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Dans la Silicon Valley, l’argent n’avait…

Le Monde

Suivre @JeromeMarinSFDans la Silicon Valley, on n’avait plus connu d’année aussi faste depuis l’éclatement de la bulle Internet en 2000. L’an passé, les sociétés non cotées de la région ont levé 23,4 milliards de dollars (20,7 milliards d’euros) auprès des fonds de capital-risque – les fameux « venture capitalists » ou VC. Cela représente une hausse de 85% par rapport à 2013. Et la deuxième meilleure performance historique, derrière le record de 33,4 milliards de dollars enregistré en 2000, selon les données compilées par la National Venture Capital Association (NVCA). MEGA-DEALS A cette somme, déjà importante, il faut en plus ajouter les levées de fonds réalisées auprès des autres types investisseurs, que la NVCA ne comptabilise pas: les fonds d’investissements, les fonds souverains ou encore les grandes entreprises étrangères, notamment chinoises. Or, ces investisseurs, quasiment absents en 2000, n’ont jamais été aussi actifs dans la Silicon Valley. Cela signifie que les start-up de la région ont en fait recueilli bien plus que 23,4 milliards de dollars. Et donc que l’écart entre 2014 et 2000 est encore plus faible.2014 a été l’année des « mega-deals », ces investissements dont le montant dépasse les 100 millions de dollars. Aux Etats-Unis, 25 sociétés non cotées, dont 19 basées dans la Silicon Valley, ont même levé plus de 150 millions de dollars l’an dernier, selon les décomptes effectués par le cabinet d’analyses CB Insights.  »Pour la première fois, il y a eu deux opérations supérieures à un milliard de dollars », ajoute Mark McCaffrey, de PricewaterhouseCoopers, qui a participé à l’étude de la National Venture Capital Association.Ces deux tours de table record ont été réalisés par Uber, la société de transport qui fait vaciller l’industrie du taxi. Elle a levé 2,4 milliards de dollars en deux fois, avec une option pour 600 millions supplémentaires. Le top 5 est complété par Cloudera (logiciels d’analyse de données, 900 millions), Magic Leap (réalité virtuelle, 542 millions de dollars) Snapchat (messagerie éphémère, 486 millions de dollars) et Airbnb (location immobilière entre particuliers, 470 millions de dollars). Et 2015 est parti sur des bases encore plus élevées: 1,6 milliard pour Uber, 1 milliard pour SpaceX, 225 millions pour Instacart. INVESTISSEMENTS CHINOIS Deux phénomènes expliquent le bond de ces grosses opérations. Tout d’abord la montée en puissance de nouveaux investisseurs, comme les fonds BlackRock, T. Rowe Price ou Fidelity, « qui commencent à massivement investir dans les sociétés high-tech non cotées », explique Barrett Cohn, co-fondateur de la firme Battery East. Il y a aussi les géants du Web chinois, qui multiplient les prises de participations dans des start-up américaines. Alibaba a par exemple investi dans Lyft, rival d’Uber, et dans l’application de messagerie TangoMe. Et Baidu a participé à la dernière levée de fonds d’Uber.Deuxième phénomène: les sociétés de la Silicon Valley ont tendance à retarder au maximum leur introduction en Bourse. Elles évitent ainsi un processus long et coûteux, de nouvelles contraintes réglementaires et la pression des investisseurs face à une stratégie principalement axée sur la croissance, et non sur les profits. Selon la NVCA, il se passe désormais huit ans entre entre la première levée de fonds et leur introduction en Bourse. En 2000, ce délai n’était que de 4 ans. Et Amazon et Yahoo n’avaient attendu que deux ans, respectivement en 1997 et 1996.Ces entreprises étant plus avancées dans leur développement, elles sont davantage valorisées par les investisseurs. Selon, CB Insights, 42 start-up high-tech dépassent la barre du milliard de dollars de valorisation – cinq sociétés valent même plus de 10 milliards de dollars (Uber, Palantir, Airbnb, Dropbox et Snapchat). Ces valorisations élevées leur permettent de lever plus facilement de grosses sommes d’argent. Mais cela crée aussi un risque: compliquer une introduction en Bourse, à cause d’une capitalisation jugée excessive par Wall Street, à l’image des déboires rencontrés par Box.Photo: alxheSignaler ce contenu comme inappropriéCette entrée a été publiée dans Airbnb, Snapchat, Start-up, Uber. Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien. |

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EN DIRECT – La BCE injecte au moins 1100…

Le Figaro

A VENIR : Début du direct : le 12/03/2012 à 10h55EN COURS : Mis à jour il y a quelques secondesTERMINE : Fin du direct : le 12/03/2012 à 10h5514:41La BCE prête à des achats illimités d’actifs Mario Draghi n’a pas tergiversé. Le Président de la BCE a annoncé dès le début de la conférence un programme de rachat d’actifs de 60 milliards d’euros par mois de mars 2015 jusqu’à fin septembre 2016 au plus tôt, soit un QE d’au minimum 1100 milliards d’euros.Les achats d’obligations souveraines seront réalisés au prorata de la répartition du capital de la BCE, c’est-à-dire qu’un montant réduit sera consacré au rachat des dettes des plus petits pays comme la Grèce.Le consensus misait sur un montant mensuel limité à 50 milliards.Par ailleurs, la BCE va encore abaisser le taux des opérations de refinancement offertes aux banques (LTRO).> Draghi: Combined monthly purchases will be EUR60 billion, to be carried out at least until end-Sept 2016> > — ECB (@ecb) January 22, 201517:19 Le QE, une facture de 161 euros par Français ? D’après les calculs d’un bloggueur en économie postés sur Twitter, le plan de la BCE coûtera 161 euros par Français, 165 euros par Belge, 163 euros par Néerlandais, ou encore 145 euros par Allemand, 141 euros par Italien, 134 euros par Espagnol, 131 euros par Grec et enfin 119 euros par Portugais …> #ECB’s #QE financing by citizen: EUR165/Belgium EUR163/Dutch EUR161/French EUR145/German EUR141/Italian EUR134/Spaniard EUR131/Greek EUR119/Portuguese> > — Pereira (@Pereira_Joca) 22 Janvier 201517:13 Draghi a-t-il «atteint sa cible»? Reprenant l’image du «bazooka» monétaire, les analystes de Saxo Capital Markets à Londres s’interrogent sur Twitter : «Donc Draghi a finalement sorti son bazooka. Mais a-t-il atteint sa cible ?»> So #Draghi finally pulled out his bazooka. But did he hit the target? http://t.co/HReHyEYbgH $EURUSD #QE #ECB pic.twitter.com/lhOm9FKPoV> > — Saxo Capital Markets (@saxomarkets) 22 Janvier 201517:01 La leçon de compétitivité d’outre-Manche George Osborne, chancelier de l’Échiquier britannique, a salué sur Bloomberg TVl’annonce de la BCE tout en estimant que le plan de rachat d’actifs n’était pas «suffisant» pour garantir la reprise en Europe. «Nous voulons que ce plan soit accompagné de mesures claires afin de rendre le continent européen plus compétitif pour soutenir les affaires, créer des emplois et s’assurer que les finances publiques sont bien tenues». Selon George Osborne, «nous avons aujourd’hui tous ces ingrédients au Royaume-Uni et c’est pour cela que notre politique économique conduit à une reprise durable de notre économie». 16:59 Le Danemark défend sa couronne face à l’euro La banque centrale du Danemark a annoncé jeudi qu’elle abaissait son taux de rémunération des dépôts de 0,15 point à -0,35%, après l’annonce par la Banque centrale européenne de mesures exceptionnelles contre le risque de déflation. La Banque nationale du Danemark, qui a laissé inchangé à 0,05% son taux directeur (prêts aux banques), compte ainsi défendre le taux de change entre euro et couronne danoise, qui doit rester quasi stable en vertu de son objectif officiel. Trois jours auparavant, l’institut monétaire avait déjà abaissé le taux directeur et le taux de rémunération des dépôts de 0,15 point. Depuis la création de l’euro en 1999, la couronne est liée à la monnaie unique par un accord de taux de change pivot, qui prévoit une fluctuation de 2,25% maximum autour d’un cours de référence fixé à environ 7,46 couronnes pour un euro. Cette politique a été choisie pour offrir au Danemark les avantages de la stabilité du taux de change par rapport à la monnaie de son premier partenaire commercial, l’Allemagne, sans toutefois entrer dans l’Union économique et monétaire, conformément au « non » du référendum sur le traité de Maastricht en 1992.16:49 François Fillon salue une décision « historique » « Aujourd’hui, la BCE vient de prendre une mesure historique pour l’Europe et les européens », souligne François Fillon dans un texte publié sur son blog suite aux déclarations de Mario Draghi. « En décidant d’une politique de rachat d’obligations souveraines, Mario Draghi ouvre un nouvel horizon pour nos économies. Cette mesure constitue une réponse forte au risque de déflation et à l’opportunité qu’offre la baisse du prix du pétrole et la compétitivité actuelle de l’euro. Cette politique de rachat de dettes ne peut réussir que si les États accélèrent leurs efforts de modernisation. Rien ne se serait plus dangereux que d’imaginer que cette mesure nous décharge de nos obligations. Au contraire ! La France doit donner l’exemple. Elle doit s’engager sur de vraies réformes économiques et sur une courageuse réduction de ses déficits ».16:46 Plan monétaire de la BCE : du «vent» ou de «l’espoir» ? Les réactions divergent parfois à l’extrême concernant l’offensive monétaire de la BCE. A l’image de celles de ces deux chefs d’entreprise, l’un Français, l’autre Américain.> Donc la #BCE va inonder le marché avec 1140 milliards d’euros d’argent sans contre-valeur garantie, du vent donc, jusqu’à septembre 2016…> > — Olivier Rimmel (@OlivierRimmel) 22 Janvier 2015    > Mario #Draghi’s Bombshell is Europe’s Last, Best Hope to Return to Growth http://t.co/3tDiKsUGeI #ECB @QE pic.twitter.com/DznFlksbYc> > — Joseph Jett (@josephjett) 22 Janvier 201516:40 La BCE «a eu à coeur l’intérêt général», selon Moscovici Les dirigeants de la Banque centrale européenne (BCE) ont « eu à coeur l’intérêt général » en décidant de se lancer dans un vaste programme de rachats d’actifs jeudi, a estimé depuis Davos le commissaire européen aux Affaires économiques Pierre Moscovici. « La BCE prend ses décisions en toute indépendance, on ne peut pas les commenter, je dirai simplement que comme toujours la BCE et Mario Draghi on eu à coeur l’intérêt général de la zone euro dans son ensemble et ont voulu traiter la situation dans laquelle nous nous trouvons, les dangers, les menaces » , a-t-il déclaré à l’AFP. Ces dangers sont « un taux de croissance languissant », et le risque de déflation. L’action de la BCE « participe d’une volonté générale de muscler la croissance et l’emploi » , a-t-il ajouté en marge du forum économique mondial, faisant référence aux différents mouvements lancés par plusieurs acteurs européens pour tenter de faire redémarrer la zone euro.16:38 La BCE a convaincu, selon Oddo Pour Bruno Cavalier, de chez Oddo Securities, la décision de la BCE était attendue et « elle se situe plutôt du côté des attentes les plus optimistes. La BCE va étendre son programme d’achats d’actifs pour y inclure la dette de tous les pays de la zone euro (avec un traitement spécial pour la Grèce) à proportion de leur poids. Concernant l’exposition au risque de crédit, le programme est hybride. En cas de perte, 20% seront mutualisées et 80% seront à la charge de la banque centrale nationale. Au vu de la réaction immédiate des marchés, la BCE a réussi à ne pas décevoir : l’euro baisse, les bourses montent, les taux et spreads souverains se contractent », explique-t-il.16:37 «Les marchés réagissent logiquement» au QE Commentaire d’Adrian Raymond ,  analyste FXCM: «L’annonce du QE est globalement en ligne aux attentes, mais encore une fois, les attentes des investisseurs avaient été un peu affectées par les rumeurs sur un QE moins agressif ces dernières semaines.  La réaction des marchés suite l’annonce cet après-midi est donc normale dans le sens où l’euro baisse fortement avec un rallye des marchés actions européennes et une baisse des taux obligataires . Les traders savent que les propos de Mario Draghi peuvent entraîner de forts contre-pieds sur les marchés à l’issue des réunions monétaires de la BCE. Mais aujourd’hui, tous les marchés réagissent logiquement au lancement du QE européen :  le CAC 40 progresse vers de nouveaux plus hauts de six mois, l’euro enregistre de nouveaux plus bas annuels contre le dollar américain et la livre sterling, l’once d’or progresse avec l’assouplissement monétaire, et le taux à 10 ans en Allemagne atteint de nouveaux plus bas historiques.» 16:36Christine Lagarde (FMI) salue le programme de la BCE La directrice générale du FMI Christine Lagarde a « salué » jeudi le programme de rachats d’actifs de la BCE tout en jugeant « essentiel » que des réformes structurelles soient en parallèle lancées en Europe pour « doper le potentiel de croissance ». »Il reste essentiel que cette politique accommodante soit soutenue au bon moment par de vastes mesures politiques dans d’autres domaines, surtout des réformes structurelles destinées à doper le potentiel de croissance », a affirmé Christine Lagarde dans un communiqué, tout en assurant qu’elle « saluait » l’action de la BCE. « L’extension prévue du bilan de la BCE va contribuer à faire baisser les coûts d’emprunt dans la zone euro (…) et va réduire le risque d’une longue période de faible inflation », a estimé la patronne du Fonds monétaire international.Le FMI appelait depuis plusieurs mois la Banque centrale européenne à en faire plus pour soutenir l’activité de la zone euro, suscitant des grincements de dents en Europe. En révisant ses projections de croissance mondiale mardi, le Fonds avait encore estimé que la réponse de la politique monétaire en Europe était « trop lente ».16:32 « Impensable il y a quelques mois » Pour Martin Harvey , gérant obligataire chez Threadneedle Investments, « un programme de rachat d’actifs souverains à une telle échelle aurait été impensable il y a seulement quelques mois ». »Il doit donc être accueilli avec optimisme. Beaucoup pensent que son impact sur l’économie de la zone euro sera faible, mais c’est un nouveau point positif qui s’ajoute à la baisse des prix de l’énergie et à l’assouplissement des conditions de crédit. » 16:20 «Garder la tête froide et éviter la spéculation» Johannes Müller, directeur des investissements pour Deutsche AWM, prévient qu’il faut «garder la tête froide» après l’annonce du programme de la BCE. «La décision prise aujourd’hui par la BCE va au-delà des attentes du marché.  Néanmoins, une fois l’excitation initiale passée, il sera nécessaire de garder la tête froide et d’éviter la spéculation de ces derniers jours . Le programme de rachat de la BCE ne sera ni une panacée, ni un poison. Son effet positif durable devrait venir de la dévaluation de l’euro, même si dans son ensemble, son impact restera limité. Nous sommes plus préoccupés par la teneur des discussions en amont de cette décision. Des personnalités politiques ont pris pour acquis – et ont commenté – une décision que la BCE, pourtant indépendante, n’avait pas encore acté. Quant à l’euro, une pause pourra se marquer, mais nous attendons une dépréciation continue face au dollar. Ceci soutiendra les profits des entreprises de la zone euro et aura un impact positif sur les marchés action. Quant au marché obligataire, puisque nous n’anticipons pas d’inflexion dans la tendance de l’inflation, les rendements devraient se maintenir sur le court-terme.»16:16 Jérôme Kerviel ironise sur les annonces de Draghi L’ancien trader de la Société générale a réagi sur Twitter aux annonces de la BCE. Il a posté sur le réseau social un dessin humoristique de Charb, rédacteur en chef de Charlie Hebdo, assassiné le 7 janvier lors de l’attaque qui a visé son journal.> #QuantitativeEasing #BCE pic.twitter.com/Guc7nyPaYq> > — Kerviel Jérôme (@kerviel_j) 22 Janvier 201516:10 « Nous venons de définir un plan A, point à la ligne » Interrogé par un journaliste américain sur l’efficacité de son plan de relance économique et l’existence possible d’un plan B, Mario Draghi a répondu: « Ce n’est pas la première fois que l’on pose ce genre de question pour savoir si nous avons un plan B. Nous venons de définir un plan A, point à la ligne ! »De quoi amuser les commentateurs…> .@BrunoBrussels If there’s no Plan B, surely you don’t call your plan, ‘Plan A’. You call it ‘Plan.’ #ECB #QE #Draghi> > — Berlaymonster (@Berlaymonster) January 22, 201516:06 « Peu d’effet sur l’économie réelle » Luke Bartholomew, investment manager au sein de l’équipe Global Macro Fixed Income, estime que les annonces de la BCE n’auront que peu d’impact sur l’économie réelle. «Nous ne devons pas nous laisser emporter par l’importance du programme de rachat d’actifs. Il peut accroître à la marge les anticipations d’inflation, mais n’aura probablement qu’un faible effet positif sur l’économie réelle en Europe. Un euro plus faible peut aider les exportations, mais ne rendra pas subitement plus compétitifs les pays européens. Cela exige des réformes structurelles que les dirigeants européens ne semblent pas vouloir mettre en oeuvre. Une fois passée la volatilité des premiers moments, nous pourrions bien nous demander à nous même ce que nous avions tant attendu de cet événement.»16:00 Face au franc suisse, l’euro résiste Une semaine après sa chute historique face au franc suisse, l’euro n’était pas pénalisé outre mesure par l’annonce largement attendue du projet de création monétaire de la BCE. Jeudi après-midi, la monnaie unique demeurait stable un peu sous la barre de 1 franc à 0,9848 franc suisse. La semaine dernière, l’euro était tombé à 0,85 franc suisse après que la Banque Nationale Suisse eut renoncé à contenir l’appréciation de sa devise. Les opérateurs avaient déduit de cette décision de la BNS qu’un programme de rachat d’actifs de son homologue européenne était quasiment un acquis. En effet, la BNS n’aurait pas pu contenir l’envolée du franc suisse face à l’assouplissement quantitatif européen.15:50 Pas d’exception pour la Grèce Mario Draghi a précisé qu’il n’y avait « pas de règle spéciale pour la Grèce » mais que « certaines conditions devraient être remplies » par les pays pour pouvoir prétendre au rachat de dette.15:46 À la recherche de l’inflation perdue Le président de la BCE met au défi les commentateurs hostiles par principe à une action monétaire, toujours prompts à dénoncer des risques d’inflation liés à l’augmentation de la taille du bilan de l’institution. « Est-ce que ceux qui criaient à l’inflation à chaque fois que nous avons diminué les taux d’intérêt au cours des trois dernières années peuvent me dire, précisément, à quelle date cette inflation est supposée se matérialiser ? »15:44 Un impact «positif mais limité» sur l’immobilier Jérôme   Robin, président fondateur de Vousfinancer.com , réagit au plan de la BCE.  « Ces mesures non conventionnelles ont pour objectif d’injecter de l’argent dans l’économie des pays concernés par les achats de dettes et d’inciter notamment les banques à prêter. Il y aura donc un effet sur l’offre de crédit et indirectement, via la baisse des taux d’emprunt d’Etats engendrée, sur les taux des crédits. Mais en France, les banques prêtent déjà des volumes importants à des taux très bas. Les conditions d’emprunts exceptionnelles vont donc perdurer avec encore un léger potentiel de baisse de taux . En réalité, il y a davantage un manque de demande que d’offre… Seul un retour de la croissance et de l’emploi pourra redonner du dynamisme et de la confiance au marché immobilier et pour cela la BCE ne peut agir seule. » 15:41 Le QE «peut faire tomber les taux des emprunts d’États européens plus bas» Anthony Doyle, responsable de l’investissement obligataire chez M&G, estime que « à court terme, le QE peut faire tomber les taux des emprunts d’Etats européens plus bas (…) et mettre davantage l’euro sous pression ». « Mais à plus longue échéance, les taux des emprunts d’Etats remonteront, car les mesures prises par la BCE auront un impact positif sur la croissance et sur l’inflation, d’autant que toute nouvelle baisse de l’euro renchérit les produits importés », rassure-t-il. « Les ménages et les entreprises auront plus facilement accès au crédit, ce qui devrait booster la demande. » 15:38 Un plan pour « pousser les banques à prêter plus aux ménages » Avec un taux de refinancement qui reste inchangé à 0,05% et le rachat d’actifs de 60 milliards d’euros par mois de mars 2015 jusqu’à fin septembre 2016, la BCE annonce des mesures de soutien fortes pour soutenir l’économie dans la zone euro. « Les mesures sont clairement destinées à pousser les banques de la zone euro à prêter plus à la fois aux ménages mais également et surtout aux entreprises afin de soutenir l’économie de cette zone en souffrance », explique Maël Bernier, directrice de la communication de Meilleurtaux.com. « Cette fois, on ne pourra pas dire que tout n’a pas été fait…Les mesures exceptionnelles sont au niveau des enjeux », ajoute-t-elle.15:34 Wall Street ouvre en hausse Wall Street ouvre en hausse après les annonces de la BCE: le Dow Jones  gagne 0,11%, le Nasdaq 0,49%.15:30Le taux d’emprunt français à un plus bas historique Le taux d’emprunt français à 10 ans a atteint un plus bas historique jeudi, dans le sillage de l’Espagne et l’Italie, après le lancement d’un grand programme de rachat d’actifs par la Banque centrale européenne (BCE).Peu avant 15H30, le rendement français a touché un point bas à 0,601% contre 0,704% mercredi soir à la clôture du marché obligataire secondaire, où s’échange la dette déjà émise.15:30 Draghi souligne la crédibilité de la BCE Interrogé sur le fait que les marchés anticipaient en grande partie le programme annoncé par la BCE, Mario Draghi précise : « Il y a une différence entre les anticipations et la réalisation. Pour que les anticipations fonctionnent, il faut leur donner de la crédibilité par les actions. C’est bien ce que nous avons fait aujourd’hui ».15:24 Les risques ne seront partagés que sur 20% des titres achetés Dans le cadre du vaste programme d’achats d’actifs lancé jeudi par la BCE, seuls 20% des titres achetés seront susceptibles de provoquer des pertes assumées collectivement par l’ensemble des États de la zone euro, a annoncé son président Mario Draghi. « 20% des achats d’actifs supplémentaires seront soumis à un régime de partage des risques », a expliqué l’Italien, limitant ainsi le degré de solidarité entre contribuables européens lors des futurs achats massifs de dette publique et privée, qui doivent commencer dès mars prochain.15:18L’euro à un plus bas de 11 ans face au dollar L’euro est tombé à son plus bas niveau en 11 ans face au dollar, à 1,1455 dollar, après l’annonce très attendue d’un programme de rachats d’actifs de la Banque centrale européenne. La BCE a annoncé qu’elle se lançait dans un programme d’assouplissement quantitatif (QE) en vertu duquel elle portera chaque mois à 60 milliards d’euros ses achats d’emprunts publics et privés, y compris les programmes existants, à partir de mars et ce, jusqu’à la fin septembre 2016. Les pays qui font l’objet d’un plan de sauvetage, comme la Grèce, en bénéficieront, sous certaines conditions. La devise européenne se traite à 1,1477 dollar vers 15h05 GMT, en baisse de 1,16% vis-à-vis du billet vert. La monnaie unique a également touché un plus bas de trois mois contre le yen, à 134,82, en baisse de 1,5%, après ces annonces. 15:18 La BCE achètera des obligations de 2 à 30 ans Les taux des obligations à dix ans sont les plus souvent cités en référence, mais les interventions de la BCE porteront sur toutes les maturités : aussi bien sur des dettes à deux ans que sur des dettes à trente ans.15:18 Consensus à la BCE mais pas d’unanimité Les membres du conseil des gouverneurs et du directoire de la BCE n’ont pas eu besoin de voter, indique son président Mario Draghi. Il y avait un large consensus sur les mesures d’assouplissement monétaire.Un large consensus, mais Mario Draghi n’est pas allé jusqu’à affirmer que la décision avait été prise à l’unanimité, c’est-à-dire avec l’accord du représentant de la Bundesbank.> Draghi: A large majority was in favour of taking measures now> > — ECB (@ecb) January 22, 201515:14 Le taux des obligations italiennes au plus bas Le taux d’intérêt annuel des obligations du Trésor italien à dix ans tombe à un plus bas record de 1,609 %. La banque centrale italienne est un des poids lourds au capital de la BCE (12,5 % du capital, à comparer à 8,3 % pour l’Espagne). Compte tenu de la répartition des achats de dettes annoncée par Mario Draghi, proportionnelle au poids de chaque pays dans l’établissement européen, l’Italie sera un des premiers bénéficiaires du programme.15:14 Les emprunts espagnols et italiens plébiscités par les investisseurs Les taux d’emprunts à 10 ans de l’Italie et de l’Espagne sont descendus à des plus bas historiques jeudi, plébiscités par les investisseurs après l’annonce du lancement d’un vaste programme de rachat d’actifs par la BCE. Vers 15H00 (14H00 GMT), le taux de l’Espagne a inscrit un record à la baisse à 1,450%. Mercredi il avait clôturé à 1,530% sur marché secondaire, où s’échange la dette déjà émise. Celui de l’Italie est descendu à un plus bas de 1,609% contre 1,691% la veille.Les taux irlandais étaient également à la baisse:> #BCE #Draghi —> #taux à 10 ans de l’#Irlande record à la baisse –> 1.154%> > — Alexandre Baradez (@ABaradez) January 22, 201515:12Draghi met la pression sur les États Le président de la BCE rappelle, comme l’a encore fait Angela Merkel quelques minutes avant lui depuis Davos, que la poursuite des réformes structurelles est indispensable. « Il faut que les gouvernements et la Commission européenne agissent. La politique monétaire peut créer les bases pour la croissance, mais pour que la croissance s’affermisse il faut de l’investissement. » Plus les réformes seront mises en oeuvre, plus les pays profiteront de l’injection de liquidités de la BCE, dit-il en substance. « Mais ce serait une erreur énorme pour les pays de croire que cette politique monétaire leur permette une expansion financière. » Quelques minutes avant les annonces de la BCE, la chancelière allemande estimait que les mesures annoncées par la BCE « ne doivent pas occulter le fait que les impulsions pour la croissance doivent venir des conditions mises en place par les politiques ». « Ce qui est important pour moi est que les hommes politiques se mobilisent sur ces problématiques, plutôt que de réfléchir à gagner du temps grâce à d’autres mesures. Nous ne pouvons pas oublier les réformes structurelles. »15:09 « Ce n’est pas aujourd’hui que l’avenir de la zone euro se décide » « Une remontée des attentes inflationnistes donnerait évidemment du crédit aux actions de la BCE », indique Olivier Arpin, analyste financier chez l’Union Bancaire Privée (UBP). « Quoi qu’il en soit, une hausse significative de ce taux au cours des prochains jours nous semble peu probable : la politique monétaire est loin d’être toute puissante, surtout si elle ne s’accompagne pas d’une politique budgétaire expansionniste (comme cela avait été le cas aux Etats-Unis) et des nécessaires réformes structurelles ». « Espérons que les décisions d’aujourd’hui parviennent à renforcer la confiance des agents économiques, et notamment des entrepreneurs, mais ce n’est pas aujourd’hui que l’avenir de la zone euro se décide », conclut l’analyste.15:06 Eric Woerth attend davantage des États-membres L’ancien ministre du Budget de Nicolas Sarkozy juge les mesures annoncées par Mario Draghi « massives ». Mais estime qu’elles doivent nécessairement s’accompagner « de politiques budgétaires et de réformes solides coordonnées ».> L’action massive de la #BCE doit s’accompagner de politiques budgétaires et de réformes solides et coordonnées ..> > — Eric Woerth (@WoerthEric) 22 Janvier 201515:02 Le pétrole baisse après le discours de Draghi Les prix du pétrole ont ouvert en baisse jeudi à New York, après l’annonce de mesures de relance monétaire en zone euro qui laissait anticiper un nouveau rebond du dollar et avant des chiffres hebdomadaires sur les stocks de brut américains. Vers 14H00 GMT, le baril de « light sweet crude » (WTI) pour livraison en mars reculait de 25 cents, à 47,53 dollars, sur le New York Mercantile Exchange (Nymex).La baisse des prix du pétroledevrait favoriser les ménages et la rentabilité des entreprises, a assuré Mario Draghi.15:01 Deux limites au rachat de dettes par la BCE La BCE s’autorise à racheter jusqu’à 25 % du montant de chaque émission obligataire des différents Etats. Et pas plus de 33% de la dette de chaque émetteur.14:58 Le discours complet de Mario Draghi La BCE a déjà mis en ligne le discours complet(en anglais), prononcé cet après-midi par Mario Draghi.14:56 La Bourse d’Athènes se reprend Le marché des actions grecques s’adjugeait lui aussi plus de 1 % de gains, jeudi après-midi. Ailleurs en Europe, Madrid mais aussi Francfort gagnaient 0,9 % et Milan 1,4 %.14:55 Les Bourses européennes accélèrent avec le plan de la BCE A l’instar de Paris, la Bourse de Londres progresse de 0,66%, celle de Francfort de 0,6% et Milan de 2,36%. L’indice Euro Stoxx 50, qui regroupe les principales valeurs de la zone euro, s’octroie 0,91%, contre 0,4% vers 14h30.14:48 L’euro baisse après les annonces L’euro est reparti à la baisse face au dollar jeudi après l’annonce par la Banque centrale européenne (BCE) de rachats d’actifs massifs afin de stimuler la reprise économique en zone euro. Vers 13H40 GMT (14H40 à Paris), l’euro est tombé à 1,1513 dollar, alors qu’il évoluait quelques instants auparavant autour de 1,1620 dollar et qu’il valait 1,1607 dollar mercredi soir.14:48 L’inflation risque de rester négative quelques mois Deux facteurs ont poussé la Banque centrale à se lancer dans le QE : tout d’abord, elle s’inquiète de la faible dynamique de l’inflation qui s’est affaiblie au delà des attentes notamment du fait de la baisse du pétrole.Le taux d’inflation ne remontera pas avant plusieurs mois, selon Mario Draghi, mais « plus tard, au cours de 2015 et en 2016″. Les prix du pétrole resteront eux encore bas plusieurs mois, alimentant la pression déflationniste.La BCE espère aussi soutenir la croissance de la monnaie et du crédit, pas à la hauteur des espérances des précédentes actions.> Draghi: Today’s measures will decisively underpin the firm anchoring of medium to long term inflation expectations> > — ECB (@ecb) January 22, 2015> Draghi: Purchases until sustained adjustment in inflation path consistent with aim of inflation close to, but below 2% over the medium term> > — ECB (@ecb) January 22, 201514:44 Le streaming de la conférence de presse laisse à désirer Sur le site de la BCE, il est difficile d’accéder au streamingde la conférence de presse de Mario Draghi. Vidéo hachée, son par bribes, les internautes s’agacent de ces dysfonctionnements.> La #BCE, l’#UE, c’est blindé de tunes et ils ne sont pas capables de nous pondre un streaming live #BCE stable.> > — JPO92 (@JPO92) 22 Janvier 2015> Impossible de suivre le live de la BCE. Ça lag trop.> > — Captain Nakou (@Nakou) 22 Janvier 201514:39 Mario Draghi salue la Lituanie Pour la première réunion de la BCE, Mario Draghi commence par saluer la Lituanie, devenue le 19e pays à intégrer la zone euro.14:38 Mario Draghi arrive en retard Mario Draghi s’installe à la table de la conférence de presse. Pour info, il porte une cravate bleue. Il s’excuse de son retard, apparemment dû à un problème d’ascenseur et souhaite à tout le monde une très bonne année 2015.14:37 Un répit pour la mise en place des réformes S’il ne constitue pas la panacée, le programme d’assouplissement monétaire de la BCE aura au moins le mérite de donner un peu plus de temps aux Etats européens pour mener les nécessaires réformes, a estimé Nikhil Srinivasan, responsable de la stratégie d’investissement de Generali.14:34 Merkel prend acte de la décision de la BCE… avant qu’elle soit annoncée A Davos, à quelques minutes du début de la conférence de presse de Mario Draghi, la chancelière allemande a déclaré que la BCE ne doit pas «nous faire dévier du chemin» des réformes. > Scène surréaliste. Sur scène au #wef15 Angela Merkel évoque l’indépendance de la BCE au moment même de SA décision pic.twitter.com/GBFf2nUkAK> > — Bernard Rappaz (@Bernard_Rappaz) 22 Janvier 2015> A Davos, Madame Merkel vole la vedette à Draghi en annonçant quasiment les QE… à l’instant même!> > — Michel Santi (@michelsanti1) 22 Janvier 201514:29 La taille du bilan de la BCE encore insuffisante Au 16 janvier, la taille du bilan de la BCE (qui reflète le volume d’actifs qu’elle détient) affiche un nouveau recul à 2.158 milliads d’euros, rappelle Alexandre Baradez, économiste chez IG Market. En 2012 au plus fort de la crise, son bilan dépassait 3.100 milliards de dollars du fait de la masse des créances accordées aux banques.14:26 Swiss Life doute de l’efficacité du QE « Nous doutons de l’efficacité des mesures qui seront annoncées pour réduire le risque déflationniste qui menace la zone euro : ce risque provient d’abord de l’atonie des crédits à l’économie, et le QE sera probablement sans effet sur la distribution de crédit dans la zone », indique Eric Bourguignon, Directeur de la Gestion Taux et Crédit de Swiss Life Asset Managers. « Le QE aura probablement des effets collatéraux fâcheux à moyen terme, car il perturbera dangereusement le fonctionnement des marchés financiers : l’environnement durable de taux bas (voire négatifs !) qui en découlera conduira à une mauvaise allocation de l’épargne. Il amènera les épargnants à prendre de mauvaises décisions d’investissement, en les incitant à accepter des rémunérations sans rapport avec les risques qu’ils prennent, ou à prendre des risques excessifs pour améliorer le rendement de leurs placements ». « Le QE alimentera la formation de bulles dont l’éclatement obligera la banque centrale à créer toujours plus de monnaie… »14:25 Draghi devra éclaircir plusieurs points « Nous nous attendons à ce que le Président de la BCE confirme la mise en place d’un programme de  Quantitative Easing  étendu. Ce programme d’achat de titres devrait s’élever à au moins à 500 milliards d’euros et porter essentiellement sur des emprunts d’Etat, accessoirement sur des obligations privées », indique Eric Bourguignon, Directeur de la Gestion Taux et Crédit de Swiss Life Asset Managers. « Au-delà de ces annonces prévisibles, Mario Draghi devra apporter un éclaircissement sur plusieurs points, comme  les règles d’éligibilité des titres  au programme de QE (selon quels critères les titres seront-ils éligibles : rating minimum, encours minimum…), les  règles de répartition des achats  d’emprunts d’Etat (les achats se feront-t-il de façon discrétionnaire ou obéiront-il à une règle de répartition définie : répartition en fonction de la part de capital de la BCE détenue par chaque banque centrale nationale -BCN-par exemple), le  rôle dévolu aux différents membres de l’Eurosytème dans la mise en place du programme (la BCE réalisera-t-elle l’ensemble des achats ou délèguera-t-elle tout ou partie de cette mission aux BCN ?), enfin la  couverture des pertes éventuelles  (la BCE sera-t-elle  pari passu  avec les autres créanciers, ou supportera-t-elle une partie des pertes en cas de faillite d’un émetteur dont elle détient des titres ?) »14:22 Dernières vérifications techniques > Das ist nicht Mario Draghi, sondern ein Techniker, der das Mikrofon testet. Alles funktioniert, Gleich geht’s los! pic.twitter.com/2yvc4R8uYj> > — Franz Nestler (@FranzNestler) 22 Janvier 2015″Ce n’est pas Mario Draghi mais un technicien qui teste le micro. Tout fonctionne, on peut y aller », indique ce journaliste allemand. 14:22 L’assouplissement quantitatif, ça n’est pas du yoga ! Le Quantitative Easing (ou QE) n’assouplit pas les articulations, rappelle Natixis AM :> #NAMdef Non, le #QE ou assouplissement quantitatif n’est pas une séance de yoga géante organisée par Mario #Draghi pic.twitter.com/0xFSLC6M1S> > — Natixis AM (@NatixisAM) 22 Janvier 201514:20 A Davos, tout le monde scrute discrètement la BCE A Davos, où les dirigeants des plus grandes puissances mondiales sont réunis, le public est rivé sur les annonces de la BCE.> Decent turnout for Angela Merkel’s speech at Davos, despite lure of watching Draghi pic.twitter.com/y1gpUsAZ1G> > — Graeme Wearden (@graemewearden) 22 Janvier 2015″Public raisonnable pour le discours d’Angela Merkel à Davos, malgré l’envie de regarder [la conférence de presse de] Draghi »> #Merkel n’a pas choisi la bonne heure pour s’exprimer à DAVOS ( #WEF15 ) alors que #Draghi est attendu à 14h30 pour parler QE #BCE> > — Gilbert MAHE (@Loupo85) 22 Janvier 201514:18 Nécessaire mais pas suffisant, pour les syndicats Selon la Confédération européenne des syndicats (à laquelle adhèrent la CFDT, la CFTC, la CGT, FO, l’UNSA et la FSU), le rachat d’obligations par la Banque centrale européenne est nécessaire mais ne suffira pas à stimuler la croissance et à créer des emplois.« Nous assistons à un changement bienvenu de la politique économique », a déclaré Veronica Nilsson, Secrétaire confédérale de la CES, en référence à l’annonce très attendue d’un assouplissement quantitatif par la BCE ainsi qu’à la récente réinterprétation des règles du pacte budgétaire et au plan d’investissement de la Commission européenne. « C’est l’austérité qui est responsable de la stagnation en Europe. Ce qu’il faut pour remettre l’économie européenne en marche, c’est investir à un niveau considérablement plus élevé que celui proposé par le Président de la Commission Juncker. » « Il est nécessaire d’établir un lien solide entre l’assouplissement quantitatif et le plan européen d’investissement », a ajouté Veronica Nilsson.14:12 La crédibilité de la BCE en jeu Mario Draghi n’a pas ménagé ses efforts ces dernières semaines pour convaincre, notamment en Allemagne, de la nécessité d’une action de grande ampleur. « Ce n’est pas comme si nos possibilités étaient infinies », a-t-il récemment fait valoir. Les taux de l’institution sont déjà au plus bas, et les autres mesures que la BCE a adoptées – prêts géants aux banques européennes, rachats de certains produits financiers – n’ont pas suffi jusqu’à présent à faire remonter les prix. L’institution vise une hausse des prix légèrement inférieure à 2%. Or en décembre, l’inflation en zone euro est passée en territoire négatif (-0,2%), une première depuis 2009, essentiellement sous l’effet de la chute des cours du pétrole. La déflation, spirale de baisse prolongée des prix et des salaires et ennemi à abattre pour le gardien de l’euro, semble guetter. »La crédibilité de son objectif d’inflation serait en sérieux danger (…) si la BCE n’agissait pas », prévient Christian Schulz, de Berenberg Bank. Face aux attentes très élevées et au risque de déception qui les accompagne, la BCE pourrait toutefois rester volontairement vague sur le montant du QE, pour lequel les spéculations vont de 500 à quelque 1.000 milliards d’euros.14:12 Là où tout se passe Mario Draghi tiendra sa conférence de presse dans la nouvelle tour de la Banque centrale européenne, où l’institution s’est installée fin novembre.Après douze ans de travaux, les 2600 employés de la BCE ont déménagé dans leur quartier général ultramoderne, érigé sur les bords du Main, à Francfort. Sa construction a coûté 1,2 milliard d’euros.14:07 Mario Draghi sous le feu des projecteurs Treize équipes de télévisions couvriront en direct la conférence de presse de Mario Draghi à partir de 14h30, a signalé Michael Steen, responsable de la communication de la BCE (et ancien journaliste lui-même), contre seulement deux ou trois d’habitude.En attendant la conférence, les journalistes se préparent.> Mario Draghi n’est pas encore là mais les journalistes sont déjà au travail… #BCE #QE pic.twitter.com/QpKDZpmHQS> > — Sébastien Buron (@BastianoBuron) 22 Janvier 201513:52 Les trois handicaps du QE de la zone euro Lawrence Summers, l’économiste actuellement célèbre pour sa théorie de «  la stagnation séculaire » estime au Forum de Davos que la zone euro a des marges de manoeuvres budgétaires pour faire de la relance de la demande. C’est d’autant plus nécessaire à ses yeux qu’il juge que le QE de la zone euro souffrira de trois handicaps par rapport aux QE lancés à plusieurs reprises par la Fed américaine : 1/ lors du premier QE les taux à dix ans de l’Etat fédéral étaient à 3 % aux Etats Unis, ce qui laissait une marge de baisse importante2/ le premier QE américain était inattendu et cet effet de surprise est décisif pour les marchés financiers3/ l’économie américaine se finance principalement à partir des marchés, alors que l’Europe le fait par les banques, et donc les achats de la banque centrale, la Fed, ont des effets supérieurs à ceux d’une banque centrale comme la BCE qui intervient essentiellement à travers les banques commerciales. De notre envoyé spécial à Davos, Jean-Pierre Robin 13:51 Du cartable de Greenspan à la cravate de Draghi Sur Twitter, le hashtag # DraghiTieGuesses  fait florès. Les opérateurs de marché essaient de deviner la couleur de la cravate que portera Mario Draghi, le président de la BCE, supposée préjuger de la teneur des décisions.Depuis son arrivée à la tête de l’institut d’émission en 2011, les observateurs ont remarqué qu’une cravate rouge n’entraînait pas de décision marquante. En revanche, le port d’une cravate bleue est souvent associé à des actes marquants comme lorsque Draghi avait affirmé en juillet 2012 que la BCE « ferait tout ce qui est nécessaire »pour sauver la zone euro, réussissant à calmer les marchés qui s’enfiévraient vis-à-vis de la dette de l’Espagne et de l’Italie.En son temps, l’ancien patron de la Réserve fédérale des Etats-Unis Alan Greenspan laissait parfois entrevoir la teneur des décisions en fonction de… l’épaisseur de la mallette qu’il apportait aux conférences de presse.13:50 De nouvelles mesures annoncées à 14H30 La BCE maintient son taux directeur inchangé. Son porte-parole précise que, comme attendu, de nouvelles mesures doivent être annoncées par Mario Draghi lors de sa conférence de presse.> So now everyone can go relax for 45 minutes or so and have some breakfast. The real fireworks from Draghi will come after 8:30 ET. #ECB #QE> > — Paul R. La Monica (@LaMonicaBuzz) 22 Janvier 2015″Maintenant, tout le monde peut se relaxer pendant 45 minutes et aller manger. Le vrai feu d’artifice viendra de Draghi », ironise le correspondant de CNN.13:49 Pour Christine Lagarde, le QE fonctionne déjà L’assouplissement quantitatif (« QE ») attendu de la Banque centrale européenne (BCE fonctionne déjà, dans la mesure où les anticipations de son annonce ont commencé à agir sur le niveau de l’euro, a estimé jeudi la directrice générale du FMI Christine Lagarde. « Dans une certaine mesure, on peut dire que (l’assouplissement quantitatif en Europe) fonctionne déjà. Quand on regarde les variations des devises, et à quel niveau se situe l’euro actuellement, on ne peut pas nier qu’il y a là une anticipation du fait qu’un +QE+ est sur le point d’être annoncé (…) et qu’il sera de taille significative », a-t-elle déclaré, au cours d’une table ronde au Forum économique mondial de Davos, en Suisse.13:48 VIDÉO – La bourde de Hollande qui rend fou la BCE L’annonce de la BCE n’a pas uniquement fait parler d’elle quant à son impact sur l’économie de la zone euro, mais également en coulisses. A l’occasion de ses voeux aux forces économiques, le président de la République a annoncé que la BCE allait racheter des dettes souveraines. Même si l’affaire semble entendue, selon les spécialistes, il s’agit d’une grosse erreur de la part de François Hollande. Pour deux raisons : la première, l’information n’est pas certaine. La deuxième, cette faute politique trahit l’indépendance de la BCE et pourrait laisser croire, à Angela Merkel notamment, que l’influence de François Hollande a été déterminante dans cette décision.13:48 « Mario Draghi est un grand professionnel» « Mario Draghi est un grand professionnel, et s’il doit faire une surprise ce sera par le haut, d’autant qu’il est impossible qu’il n’ait pas fait un deal avec Angela Merkel » nous dit un directeur d’une grande organisation internationale, qui le rencontre régulièrement.« Le QE est nécessaire, mais nullement suffisant » , c’est un leitmotiv à Davos, que reprennent en boucle aussi bien Christine Lagarde, la directrice générale du FMI , que Lawrence Summers, l’ancien secrétaire au Trésor américain, et professeur à Harvard. On ne s’interroge pas tant sur l’ampleur du QE, 1200 milliards d’euros sur deux ans, étant le chiffre actuellement attendu, que sur les mesures qui devraient l’accompagner.  De notre envoyé spécial à Davos, Jean-Pierre Robin 13:47La BCE ne change pas son taux directeur La BCE annonce qu’elle maintient son principal taux directeur, le taux de refinancement, à 0,05%, le plus bas niveau historique auquel il avait été abaissé en septembre. L’institution monétaire de Francfort n’a pas non plus touché à son taux de prêt marginal, abaissé à 0,3% en septembre, ni à son taux de dépôt, porté en territoire négatif pour la première fois de son histoire en juin et qui stationne désormais à -0,2%. Une annonce conforme aux précisions des analystes, qui ne misaient sur aucune modification de ces taux.13:47 Le plan de la BCE décrypté par les analystes La BCE s’apprêterait donc à officialiser son programme d’achats d’actifs (QE) d’un montant de 500 à 1000 milliards d’euros selon les estimations. Perplexes, enthousiastes, prudents…les points de vue des analystes divergent :   Quilvest Gestion : «A priori, ce montant semble à la hauteur des attentes des marchés. Mais en réalité, le rythme des achats n’est pas assez soutenu pour un programme qui s’étend sur une vingtaine de mois». XTB France : «Pour rappel, un montant inférieur à 500 milliards d’euros alloué à ce programme aurait tendance à fortement décevoir les marchés. Au-delà de 500 milliards d’euros, et surtout au-delà de 700 milliards, le QE serait clairement perçu comme un signe très positif aux yeux des opérateurs boursiers entrainant une forte baisse de l’euro et une hausse des indices européens», selon Saxo Bank : «Si le QE s’avère être de 50 milliards d’euros par mois sur un an, ce serait très décevant. Un tel montant correspond à la zone basse de la borne d’estimations des économistes qui est comprise entre 500 milliards d’euros et 1000 milliards d’euros. On serait très loin du bazooka attendu par certains. Toutefois, il n’est pas exclu, à en juger par les rumeurs, que le programme s’étale sur une période plus longue, de 18 mois par exemple. Dans ce cas précis, ce serait une très bonne surprise puisqu’on parlerait d’un montant de 900 milliards d’euros. Le QE serait sans conteste crédible aux yeux du marché». Natixis Asset Management (Philippe Waechter): «L’intervention de la BCE est nécessaire car aujourd’hui la croissance en tendance est nulle depuis le premier trimestre 2011 et l’inflation est légèrement négative. La BCE ne peut pas se satisfaire d’une telle configuration. Il faut qu’elle agisse. Si la demande ne reprend pas alors que l’euro est bas, que le prix du pétrole est réduit et que la politique monétaire est très accommodante alors il y a de vraies questions à se poser sur la capacité de l’économie de la zone à retrouver un jour une capacité à croitre». CMC Markets : «La BCE achètera-t-elle directement de la dette souveraine ou le programme sera-t-il intermédié par les banques centrales nationales ? Quelle serait la clé de répartition des achats, par pays ? Le risque de déception des investisseurs, et donc de correction boursière, n’est pas à écarter, si la BCE n’apportait pas assez de précisions quant à ces éléments techniques. Ces derniers seront en effet déterminants dans l’évaluation de la portée et de l’efficacité du programme». OCDE (Catherine Mann) : «pour être efficace, un QE doit être illimité, comme aux États-Unis. Si la BCE fixe une limite, les marchés qui veulent toujours plus vont vouloir tester cette limite (…) Tous les pays seraient gagnants, certains plus que d’autres». Toutefois « pour que le QE marche, il faut un ensemble de choses: une politique budgétaire plus favorable à la croissance et des réformes». 13:44 Michel Sapin fait la leçon à l’Allemagne Le ministre des Finances, Michel Sapina critiqué l’attitude de l’Allemagne, opposée à un rachat de dettes d’États européens par la BCE. « L’Allemagne nous a appris à respecter l’indépendance de la BCE. Il faut qu’il s’en souviennent », a lâché le locataire de Bercy ce jeudi matin sur France Info. Et de rappeler : « Le rôle de la BCE est non seulement de faire en sorte que l’inflation ne dépasse pas 2% mais également qu’elle ne soit pas proche de 0% ».13:43 Le patron de Renault salue l’action de la BCE Le patron de Renault-Nissan, Carlos Ghosn, s’est félicité jeudi de la décision attendue d’injecter de l’argent dans le circuit économique, affirmant qu’elle doperait la reprise du marché automobile européen. L’opération « aura un impact positif sur l’activité sans nul doute » a déclaré Carlos Ghosn à France 24 en marge du Forum économique mondial de Davos. « Le fait de mettre davantage de liquidités sur le marché, le fait de maintenir les taux d’intérêt à bas niveau va dans le bon sens, en ce qui concerne la croissance et l’activité industrielle en particulier, et l’industrie automobile plus particulièrement », a-t-il développé. « Ceci étant dit, même sans ces mesures, je voyais déjà un marché européen en légère récupération en 2015, mais je pense qu’avec ces mesures, le pourcentage de croissance va s’améliorer » pour les immatriculations automobiles dans l’UE, a ajouté le dirigeant. Le marché automobile européen, après cinq ans de déclin, a crû de 5,7% en 2014, même s’il reste inférieur au niveau d’avant-crise. Renault y a particulièrement bien tiré son épingle du jeu puisque ses ventes ont augmenté de 12,5% en Europe l’année dernière.13:42 50 milliards d’euros par mois pendant un an ou plus? Des rumeurs insistantes font part, dans la presse américaine, que la direction de la Banque centrale envisagerait de racheter 50 milliards d’euros par mois à compter de mars. Les avis divergent en revanche sur la durée du plan : le Wall Street Journal affirme qu’il durera un an au minimum. Quant à Bloomberg, il rapporte qu’il portera jusqu’à la fin de 2016, soit deux ans et 1200 milliards d’euros.> A proposal from #ECB’s executive board calls for bond purchases of roughly EUR50 billion a month that would last for min. one year #Fx #EUR> > — SuGandh Commodities (@sugandhcomm) January 22, 201513:40 Couverture médiatique importante Plusieurs journalistes sur place indique que de nombreux médias attendent à la BCE les annonces de Mario Draghi.> Les médias très présents à la #BCE aujourd’hui, dans l’attente de l’annonce probable d’un rachat massif d’actits (ou QE)> > — Estelle Péard (@EstellePeard) 22 Janvier 2015> #echoslive affluence de journalistes pour entrer à la #bce #ecb #qe pic.twitter.com/Rm7KICHqXV> > — lacour jean-philippe (@bankfurt) 22 Janvier 201513:39 Vu d’Allemagne, le « QE » pourrait être un remède pire que le mal Nicolas Barotte – Correspondant à Berlin En Allemagne, la politique monétaire est sacrée et la stabilité des prix, un dogme. Alors c’est avec prudence et réticence qu’on accueille la possibilité d’un assouplissement budgétaire décidé par la BCE. À la tête de cette opposition, la Bundesbank a résisté autant qu’elle a pu au projet. Pour son président, Jens Weidmann, c’est d’abord le respect du mandat de la BCE qui est en jeu et, en conséquence, sa crédibilité. D’autre part, le président de la Buba n’a jamais cru au risque de spirale déflationniste dans la zone euro. « Le risque est faible », considère l’institution monétaire. Une raison plus profonde explique l’opposition allemande: en donnant de l’air aux économies européennes, l’assouplissement monétaire risque de faire retomber la pression sur les gouvernements, qui pourraient renoncer aux nécessaires réformes de structure.13:39 Déflation? Inflation? La vraie situation de la zone euro Ce plan de la BCE ne fait pas que des heureux : l’Allemagne ne le juge pas opportun craignant qu’il alimente les bulles financières et par la même l’inflation. Pour l’heure, les prix de la zone euro sont au plus bas. Ils ont même reculé de 0,2% en décembre. Le Figaro fait le point sur l’évolution des prix dans la zone euro.13:38 Pourquoi la BCE doit-elle se tourner vers les dettes d’État? Jean-Claude Trichet, ancien président de la Banque centrale européenne, s’est penché sur le risque de déflation en Europe et sur le recours au rachat de dettes souveraines. Il estime que les observateurs sous-estiment ce que la BCE a déjà fait:13:35 Les marchés d’action en suspens À quelques instants du verdict de la banque centrale, les Bourses européennes restaient quasiment figées dans leurs positions depuis la matinée. Le CAC 40 français et le Dax 30 allemand, les indices des pays potentiellement « contributeurs » reculaient de 0,13 et 0,22 % respectivement. La Bourse de Madrid gagnait 0,5 % et celle de Milan 0,9 %. Quant à Londres, non concernée directement bien évidemment, le FTSE 100 se contentait de 0,35 % de gains.13:34 Des conditions d’emprunt très variables d’un État-membre à l’autre Du côté des emprunts d’État, la dette à dix ans de l’Allemagne reste la plus demandée ; elle ne rapportait que 0,55 % par an en fin de matinée. La dette française se traitait au même moment à un taux annuel de 0,73 %. Les obligations italiennes et espagnoles de même durée rapportaient 1,54 % et 1,69 %, un niveau dans l’absolu très faible. Par contraste, les investisseurs n’achetaient la dette grecque qu’en échange d’un taux annuel de 8,99 %.13:34 L’euro tente de se stabiliser L’euro montait un peu face au dollar jeudi, dans un marché hésitant et attentiste avant le lancement espéré du programme massif de rachats d’actifs par la Banque centrale européenne. Vers 10H45 GMT (11H45 à Paris), la monnaie unique européenne valait 1,1624 dollar, contre 1,1607 dollar mercredi vers 22H00 GMT. La devise européenne se stabilisait face à la monnaie nippone, à 136,82 yens contre 136,85 yens mercredi. Le dollar baissait face à la devise japonaise, à 117,68 yens contre 117,90 yens la veille.13:34 Un risque de déception bien réel À en croire les pronostics, la réunion monétaire de la BCE devrait donner naissance à un programme d’achats d’actifs d’un montant de 50 milliards d’euros par mois jusqu’à la fin de l’année 2016, pour un total proche de 1 000 milliards d’euros. « A priori, ce montant semble à la hauteur des attentes des marchés », note Quilvest Gestion, une société parisienne de gestion d’actifs. Mais Ronan Blanc, gérant obligataire chez Quilvest, estime qu’il y a peu de chances de voir l’institution dévoiler dès aujourd’hui les modalités techniques de son quantitative easing. « Rien ne nous sera dit sur la clé de répartition des achats par pays et les incertitudes quant aux titres éligibles resteront nombreuses. Chez Quilvest Gestion, nous pensons que tout un pan obligataire sera volontairement délaissé par la BCE » poursuit le gérant. 13:33 INFOGRAPHIE – La BCE, comment ça fonctionne? Au centre de cette opération financière historique, une institution : la Banque centrale européenne (BCE). Dirigée depuis le 1er novembre 2011 par Mario Draghi qui a succédé au Français, Jean-Claude Trichet, la BCE a pour principal mission de maintenir l’inflation autour de 2%. Mais concrètement, comment fonctionne-t-elle ? Explications en graphique. 13:31 Pour tout savoir sur l’action inédite de la BCE  « Cruciale », « historique », « inédite ». Tous les adjectifs sont employés pour désigner l’opération financière que s’apprête à dévoiler la Banque centrale européenne en début d’après-midi. Vous vous demandez en quoi consiste ce plan dont tout le monde parle ? Pourquoi est-ce si important pour la zone euro et la France ? Le Figaro répond à vos questions.13:30Bienvenue sur notre live Bonjour à tous et bienvenue sur ce live . Pour la première fois de son histoire, la BCE va annoncer une opération monétaire de rachat de dettes d’État, dite de Quantitative Easing . L’objectif : injecter une quantité massive de liquidités - de 500 à 1000 milliards d’euros selon les estimations – de façon à doper la croissance de la zone euro. L’activation de cette «planche à billets» tout à fait inédite depuis la création de l’euro aura des répercussions concrètes pour les Européens que nous décrypterons avec vous.

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« Lever 100 millions pour une startup…

La Tribune

Les startups françaises sont-elles condamnées à se faire racheter par un géant américain, faute de financement ? L’année 2014 a montré que ce mal chronique français est peut-être en passe d’être résolu, comme l’analyse Paul-François Fournier, le directeur exécutif de l’innovation chez Bpifrance. Si le tour de table record de BlaBlaCar l’été dernier, 100 millions de dollars auprès des fonds Index Ventures, Accel Partners, Isai et Lead Edge Capital, a fait la une des journaux, il ne constitue pas pour autant un cas isolé.> « Lever 100 millions d’euros en France pour une startup française n’est plus un problème. Regardez BlaBlaCar, mais aussi Sarenza, qui a levé 74 millions d’euros, ou OVH [267 millions d'euros en crédit bancaire et dette obligataire], ou encore la biotech DBV Technologies qui a levé 100 millions sur le Nasdaq et est valorisée près d’un milliard », souligne Paul-François Fournier.Toutefois, Stéphane Treppoz, le président du directoire de l’e-commerçant spécialisé dans les chaussures Sarenza, confiait en décembre dernier avoir « galéré, rencontré 150 fonds qui ont tous dit non », avant de parvenir à boucler cette quatrième levée de fonds en juin, auprès de la BPI, HLD et des investisseurs privés, dont la famille Philippe Foriel-Destezet (fondateur d’Ecco, devenu, Adecco).La cotation au Nasdaq devient un standardD’autres levées similaires devraient suivre très bientôt : la toulousaine Sigfox (réseau bas débit) est en train de boucler un tour de table de ce montant et une autre biotech, Cellectis, doit entrer au Nasdaq en février, «  je parie qu’elle lèvera autant  », avance Paul-François Fournier.> «  Se coter au Nasdaq devient un standard en France alors que Criteo en 2013 était la première entreprise française à s’y introduire depuis Business Objects vingt ans plus tôt !  » relève-t-il.Si le ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique, Emmanuel Macron, rêve d’un Nasdaq européen, une cotation à New York sur le marché des valeurs technologiques donne une visibilité exceptionnelle aux startups, accroît leur crédibilité aux yeux des investisseurs et des clients du vaste marché américain. Elle demeure la voie royale pour les entreprises du numérique, mais elle n’est plus la seule option pour les petites sociétés françaises, comme l’ont montré les introductions d’Awox, Ateme, Genticel, Genomic Vision, Viadeo, SuperSonic, etc.Changement d’échelle de l’écosystèmeQuant aux startups plus mûres, en pleine phase d’expansion internationale, le fait d’être françaises ne semble plus un handicap.> « Une dynamique prend forme sur le financement. On ne peut plus dire qu’on ne peut pas lever de gros tickets en France, qu’il n’est plus possible de grandir. L’écosystème de startups français est clairement en train de changer de taille, d’échelle. Notre enjeu en 2015 sera d’accompagner cette transformation », explique le directeur exécutif de l’innovation chez Bpifrance.Il observe cependant une incongruité : «  nous avons le deuxième écosystème en capital-risque en Europe mais nous sommes les quatrièmes en M&A  », en termes de fusions et acquisitions, en valeur.> «  Il faut développer la culture du « build-up  », de la croissance externe. Entrepreneurs et investisseurs doivent accepter que toutes les startups n’arriveront pas à devenir des Criteo ou des BlaBlaCar. Se revendre à un grand groupe, cela fait souvent partie du parcours d’une success story  », comme en attestent les nombreux exemples d’entrepreneurs en série.«  Criteo est d’ailleurs issu de la fusion de deux petites sociétés  », rappelle Paul-François Fournier. «  La pire des situations est celle d’une entreprise qui ne parvient pas à se développer. Il vaut mieux qu’elle fasse partie d’un grand groupe ou d’une startup plus grosse qu’elle . »Développer la culture du « build-up » en FranceLa banque publique d’investissement encourage les grosses startups comme Criteo à jouer leur rôle de consolidateur dans leur filière mais aussi «  les ETI et grands groupes français, qui doivent participer à ce mouvement. Les meilleurs du monde en innovation, Google, Facebook, qui ont pourtant les meilleurs ingénieurs, ont une vraie stratégie de « buildup. » Il ne faut pas avoir peur des grands groupes internationaux qui rachètent des startups françaises, mais il est souhaitable qu’il y ait des alternatives.  »Dans son rapport sur la transformation numérique de l’économie française remis au gouvernement en novembre, Philippe Lemoine avait regretté que les grands groupes hexagonaux ne fassent pas davantage d’acquisitions et que, par exemple, «  dans la restauration et la cuisine, point fort de la France, il existait un intermédiaire dynamique, LaFourchette : il vient d’être racheté par TripAdvisor sans que quiconque ne s’en émeuve.  »Interrogé à la conférence LeWeb sur l’affaire Dailymotion et le veto d’Arnaud Montebourg au rachat de la startup par Yahoo, Emmanuel Macron s’était démarqué de son prédécesseur, affirmant vouloir rompre avec cette «  tradition d’interventionnisme  » tout en invitant les grands groupes français à racheter de jeunes pousses françaises : « il n’y a pas de raison que seules les entreprises américaines rachètent nos startups. »Créer « le Meetic des startups et ETI »Afin de favoriser ces mariages, Bpifrance va lance en mars « Le Hub », qui proposera un service de mise en relation des grands groupes avec les startups. «  Nous voulons faire le Meetic de ces deux mondes, avec Le Hub, parce que nous connaissons toutes les ETI et que nous sommes en contact permanent avec les startups  », explique Paul-François Fournier. Bpifrance hébergera même à partir d’avril dix startups BtoB ou BtoC, au stade du développement commercial et ayant déjà réalisé une première levée de fonds, dans ses locaux parisiens du Boulevard Haussmann, dans un espace de 1.000 m2, moyennant 400 euros par mois par personne (l’appel à candidatures sera clos le 20 février).Une philosophie proche de celle du Partech Shaker, un campus dédié à l’innovation au centre de Paris, inauguré en décembre par le fonds de capital-risque Partech, qui héberge des startups et s’appuie sur quelques grands groupes. Mais aussi du programme Innov & Connect de BNP Paribas qui propose aussi de faire se rencontrer des « couples » d’ETI et de startups.> « Tout le monde s’y met et tant mieux ! Nous ne faisons pas cela seuls mais nous apportons une vision exhaustive grâce à notre maillage de tout l’écosystème, y compris dans les métropoles French Tech. Nous travaillons avec les banques et nous jouons notre rôle de locomotive de place », fait valoir le dirigeant de Bpifrance.

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Paris veut avancer sur la taxe sur les…

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PARIS (Reuters) – La France veut relancer les discussions sur la taxe sur les transactions financières, au grand dam de ses banques, à l’occasion des réunions européennes des 26 et 27 janvier.Le ministre des Finances, Michel Sapin, a consulté depuis lundi des organisations non gouvernementales (ONG) et le secteur financier pour avancer sur ce projet, après l’échec des discussions sur la proposition française au mois de décembre.L’objectif est de parvenir à une nouvelle proposition sur les bases définies ces derniers jours par François Hollande, qui a relancé le dossier: une assiette large et un taux faible.La France demandera l’organisation d’une réunion des onze pays qui ont donné leur accord de principe pour mettre en oeuvre une telle taxe, en marge des réunions de l’Ecofin et de l’Eurogroupe, a-t-on appris de source gouvernementale.La composition de l’assiette ne serait pas encore arrêtée, pas plus que le taux de la taxe ou l’objectif de recettes.Reçus mercredi par Michel Sapin, « les acteurs financiers de la Place de Paris ont réitéré leur opposition totale et leur incompréhension face à une telle initiative », a annoncé la Fédération bancaire française dans un communiqué.Cette taxe serait « contraire aux intérêts de l’économie française, des entreprises, des investisseurs et de la Place de Paris », ajoute-t-elle.Les autorités françaises ont quant à elles toujours expliqué qu’elles prenaient très au sérieux la préservation de l’attractivité de la place financière de Paris.Un responsable de l’industrie financière se désole pourtant sous couvert de l’anonymat en soulignant le risque de délocalisation d’activités vers des pays qui n’appliqueront pas cette taxe, en particulier la place de Londres. »BNP Paribas et Société générale sont deux fleurons mondiaux qui font l’essentiel de leurs opérations à Paris. Vous pensez que ces entreprises vont renoncer à rester leader mondial? », explique-t-il à Reuters.LES ONG « PRUDENTES ET VIGILANTES »Huit ONG reçues par Michel Sapin ont renouvelé mercredi leur appel à la création d’une taxe européenne « ambitieuse et solidaire » sur toutes les transactions financières à partir de 2016.Alexandre Naulot, responsable du secteur financier de l’ONG Oxfam France, souligne que Michel Sapin n’a donné aux ONG aucune indication sur l’assiette ni sur les sommes qui seraient levées. »On attend une proposition écrite », explique-t-il à Reuters, précisant que les ONG restaient « prudentes et vigilantes » sur les recettes, l’affectation et les taux de cette future taxe.Les ONG ont pris acte des déclarations de François Hollande sur l’affectation du produit de la taxe à la solidarité internationale et à la lutte contre le changement climatique. »Nous attendons maintenant qu’il aille convaincre les autres », ajoute Alexandre Naulot, en souhaitant « une initiative franco-allemande sur l’affectation de la taxe ».Les ONG demandent que le montant perçu pour la France soit au minimum de 6 milliards d’euros, loin des 3 milliards qu’aurait selon elles rapporté la précédente proposition française pour l’ensemble des pays concernés.Elles avaient accusé la France d’avoir torpillé le projet de taxe sur les transactions financières en proposant qu’elle ne s’applique qu’aux actions et aux credit default swaps (CDS).Les responsables français disent quant à eux avoir cherché un consensus qui tenait compte des lignes rouges signalées par les différents pays.La France ne souhaitait pas voir taxés les dérivés actions, un domaine dans lequel les banques françaises sont très actives, mais ils ne représentent qu’une faible portion des dérivés par rapport aux dérivés de taux et de change qui constituaient des lignes rouges pour d’autres pays, a-t-on expliqué à Paris. (Jean-Baptiste Vey, avec Matthias Blamont et Leigh Thomas, édité par Yves Clarisse)

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Comment la France peut profiter de la nouvelle…

La Tribune

Pas une semaine ou presque sans une nouvelle étude sur la transformation numérique de l’économie française et des entreprises : enquête du cabinet Roland Berger commandée par Google et étude de McKinsey en septembre, analyse conjointe du MIT et de Capgemini Consulting en octobre, sondage Ipsos sur les PME en ligne et rapport de Philippe Lemoine remis au gouvernement en novembre… Un « forum de la transformation numérique » était aussi organisé cette année à la conférence LeWeb, le grand raout des start-up et professionnels des technologies début décembre, où se sont pressés de nombreux groupes industriels, Schneider, Somfy, Danone, ou financiers, comme la Société générale. Un intérêt révélateur d’une prise de conscience de l’urgence de s’adapter aux bouleversements créés par cette nouvelle ère du numérique.Ce concept venu de l’électronique grand public, qui a remplacé le terme vieilli de technologies d’information et de communication (TIC), décrit ce mouvement de fond par lequel la demande évolue profondément en fonction des nouveaux usages des consommateurs et de leurs exigences correspondantes : facilité d’accès et d’utilisation, réactivité et contact direct, personnalisation du service.> « C’est une révolution industrielle, c’est ce qu’expliquent les chercheurs du MIT », argue Patrick Ferraris, directeur associé à la tête de la practice « transformation numérique » de Capgemini Consulting.Elle est soutenue par une vague d’innovations prenant plusieurs formes et affectant tout le fonctionnement d’une entreprise traditionnelle : dématérialisation ultime bousculant les circuits de distribution et les processus de production, automatisation généralisée des tâches jusque-là réalisées par des employés de bureau, connectivité ubiquitaire et permanente avec la généralisation des smartphones, désintermédiation massive du fait du rôle déterminant des consommateurs et des données, arrivée de nouveaux acteurs 100 % numériques.> « Face au numérique, il n’y a pas de ligne Maginot qui tienne. La transformation numérique ne consiste pas tant à numériser ses processus qu’à inventer de nouveaux métiers. Il faut être « disrupteur » soi-même, mais c’est très difficile », analyse François Bourdoncle, le cofondateur du moteur de recherche sémantique Exalead (racheté par Dassault Systèmes), qui conseille désormais les hauts dirigeants dans leur stratégie numérique.La réponse à cette nouvelle vague ne pourra se limiter à un site Web vitrine ou une jolie page Facebook. De nouveaux modèles économiques émergent, remettant en cause les chaînes de valeur et l’assiette même de certaines activités, avec la tarification à l’usage et l’économie collaborative. De quoi faire craindre à Guillaume Pépy que les nouveaux concurrents de la SNCF soient en fait Google et le champion français du covoiturage BlaBlaCar.> « Les répercussions sont réellement transversales et concernent tous les secteurs, même ceux qui semblent les plus éloignés du numérique, comme l’agriculture ou le bâtiment », a rappelé Philippe Lemoine dans nos colonnes le mois dernier.Cette révolution s’impose à tous, artisans, PME et grands groupes, organisations publiques et privées. La crispation des taxis et des pouvoirs publics depuis l’arrivée d’Uber en est d’ailleurs une bonne illustration.> « Tout le monde commence à craindre de se faire « Uberiser » », déclare Maurice Lévy, le patron de Publicis, au Financial Times. Le message du rapport Lemoine en substance : réveillez-vous et accélérez, il est encore temps !Une exception française… regrettableAccélérer, parce que la France est légèrement en retard : toutes les études soulignent le contraste entre consommateurs technophiles et entreprises plus conservatrices, autrement dit « le décalage qui s’est créé entre l’adoption du numérique par les particuliers et le basculement qui se fait attendre pour les entreprises », résume ainsi McKinsey. L’exemple le plus frappant de ce paradoxe français vient de l’e-commerce : nous sommes six sur dix à acheter en ligne mais seulement 11% des entreprises de l’Hexagone vendent sur Internet, ce qui signifie que ce marché est capté par des acteurs étrangers, qui ne se trouvent qu’à un clic. Les chiffres comparés de la Commission européenne montrent que les usages en ligne des entreprises sont jusqu’à 10 points au-dessous de la moyenne de l’UE.Nick Leeder, le patron de Google France, qui s’est donné pour mission – forcément intéressée – d’évangéliser notre tissu économique, observe qu’il s’agit d’une particularité bien française :> « Les consommateurs français ont déjà fait leur transformation numérique dans leur vie privée, au quotidien, mais, du côté des entreprises, la photo est plus mixte et il reste beaucoup de chemin à faire. Par exemple, 42% des PME françaises sont présentes en ligne, contre 60% au Royaume-Uni. » Et même 89 % en Suède, de quoi faciliter grandement l’exportation. Autre statistique éclairante : 80 % des entreprises qui ont fait faillite en France en 2013 n’avaient pas de présence sur Internet…Les outils les plus basiques (emails, site Web simple) sont répandus, mais les usages plus sophistiqués (outils collaboratifs en interne, interactions avec les clients et les fournisseurs, nuage informatique, traitement des mégadonnées, etc.) restent réservés aux plus grandes entreprises ou aux plus innovantes. Selon l’enquête de Roland Berger, seules 36 % des entreprises françaises ont formalisé une stratégie numérique, 20% ont un responsable consacré au numérique, moins de 30% des sociétés utilisent les données en ligne, 20% ont une présence sur un média social.Un secteur comme la construction par exemple entame tout juste sa mue :> « Seuls 60% des constructeurs ont commencé à déployer des technologies de maquette numérique du bâtiment et de manière très partielle, sur moins de 30% de leurs projets », relève le cabinet McKinsey.Pourtant, les gains de productivité pourraient être considérables. Les craintes sur les coûts sont souvent mises en avant comme un frein, bien qu’il existe des solutions peu coûteuses (logiciels facturés à l’usage). Le manque d’appétence des dirigeants d’entreprises pour le numérique serait plutôt une question d’âge, de génération, même si la relève arrive.> Ainsi, « en un an et demi, on a observé un vrai changement en France : tous les comités exécutifs du CAC 40 se sont emparés du sujet du numérique et ont compris qu’ils n’avaient plus le choix, parce que le consommateur est devenu « digital » », relève Patrick Ferraris, de Capgemini, qui ajoute qu’« aujourd’hui, plus aucune entreprise ne dit que le numérique n’est pas dans sa stratégie, pour des questions de communication mais aussi de pertinence », à l’heure où même les analystes financiers les interrogent sur leurs plans dans ce domaine.> > « La phase d’évangélisation est derrière nous. Même dans les secteurs industriels, on ne surprend plus les dirigeants d’un laboratoire pharmaceutique, par exemple, en leur expliquant le risque de désintermédiation et de décalage de leur modèle d’affaires », complète Stéphane Régnier, directeur chargé des « stratégies de transformation innovantes » chez Capgemini Consulting.> > « Les entreprises historiques ont le choix d’être partie prenante ou de subir ces évolutions et elles le savent : il n’y a plus de déni sur le numérique », affirme de son côté Stéphane Distinguin, le fondateur et directeur général de Fabernovel, également président du pôle de compétitivité parisien Cap Digital.Le numérique reste cependant souvent perçu par les dirigeants d’entreprise français comme une menace. Certes, il est effectivement porteur de ruptures et peut être vu comme un raz-de-marée qui pourrait tout balayer sur son passage, cassant les modèles économiques d’entreprises établies. Le rapport Lemoine évalue ainsi « le risque de siphonage de la marge » par les géants du Web, surnommés les Gafa (Google, Amazon, Facebook, Apple), à 15 milliards de dollars pour la France, en partant des profits attendus au regard de leur capitalisation boursière pour en déduire la part restituée au consommateur et celle venant en contrepartie de la destruction de valeur des entreprises traditionnelles. Si l’on tient compte des autres « infomédiaires », qui savent exploiter les données et les interactions entre personnes – on peut penser à TripAdvisor par exemple -, le risque total pourrait même atteindre « 50 ou 60 milliards de dollars, entre le tiers et la moitié des profits du CAC 40 ». Un transfert potentiel vertigineux et catastrophique.La pire stratégie : l’attentismeRien ne serait pire que l’attentisme. Afin de ne pas subir ces bouleversements en victimes, tentées de demander la protection de l’État, il faut impérativement apprendre à surfer sur la vague numérique, en adoptant ses codes, sa « grammaire », insiste Philippe Lemoine, convaincu que « la transformation numérique présente pour la France bien plus d’opportunités que de risques ». À l’échelle du pays, dans un scénario d’accélération volontariste, le cabinet McKinsey considère que « si ces technologies étaient pleinement déployées, elles pourraient engendrer une gigantesque valeur économique, estimée à près de 1000 milliards d’euros en France d’ici à 2025 », valeur provenant « à la fois de la valeur ajoutée générée par les entreprises et du « surplus » capté par les consommateurs ». Au niveau microéconomique, se fondant sur les expériences de clients de divers secteurs, McKinsey calcule que « les effets potentiels sur le résultat opérationnel s’échelonnent entre -20% pour l’entreprise qui subirait le basculement dans l’ère numérique sans s’y adapter, et +40% pour celle qui mènerait à bien une transformation numérique optimale ». De son côté, Roland Berger estime que les entreprises françaises pourraient doubler leur taux de croissance réelle (hors inflation) en gagnant en moyenne 0,5 point de hausse du chiffre d’affaires supplémentaire par an.Le programme de recherche mené par le MIT et Capgemini a montré que les entreprises maîtrisant le mieux le numérique, généralement dans les secteurs de la haute technologie, de la banque et de la distribution, ont de meilleures performances financières : elles enregistrent une croissance plus forte (6 % de plus que la moyenne de leur secteur), ont une rentabilité supérieure de 26 % et une valorisation boursière supérieure de 12 %. Cerise sur le gâteau, les entreprises présentant un « indice de transformation numérique » élevé perçoivent une incidence positive sur le bien-être et la satisfaction au travail de leurs employés, mais aussi sur l’implication et les compétences de ces derniers, en moyenne deux fois plus important que les sociétés moins avancées, selon le questionnaire réalisé par Roland Berger auprès de 505 entreprises de plus de 50 personnes.La solution de facilité revient généralement à ne s’occuper que de la partie visible, le front office (guichet), la relation client, « mais si la complexité demeure dans le backoffice, à l’heure où l’on a pris l’habitude du suivi du colis en temps réel, cela revient à mettre de la peinture sur des murs sales », met en garde Patrick Ferraris de Capgemini. Surfer sur la vague numérique c’est bien sûr s’équiper, en matériels et logiciels, et former ses équipes, mais aussi intégrer des compétences et des profils numériques, voire nommer un chief digital officer, un directeur exécutif du numérique, qui ne soit ni purement marketing ni purement informatique ; fixer un cap stratégique soutenu par la direction générale ; définir une politique d’utilisation des données ; mener une veille active au-delà de son champ concurrentiel habituel ; travailler en écosystème en s’ouvrant aux start-up et instituts de recherche ; explorer de nouvelles activités et tenter des expériences ; changer son organisation pour un mode plus collaboratif et moins pyramidal. Un vrai défi et une révolution culturelle, surtout pour le modèle de la grande entreprise française.« Certains dirigeants en font un étendard de transformation interne, à l’image d’Alexandre Ricard [le directeur général délégué de Pernod-Ricard, ndlr], et cherchent à créer l’entreprise du xxie siècle grâce au numérique », note Patrick Ferraris. Si l’exemple le plus abouti de transformation interne globale par le numérique reste celui du britannique Burberry, dont les grandes difficultés ont servi d’aiguillon à une réinvention complète, il existe en France aussi des cas moins connus mais très instructifs.La biscuiterie Poult, de Montauban, qui fabrique pour des marques de distributeurs (Auchan, Carrefour, Tesco) et pour Michel & Augustin, a engagé un processus de transformation interne radical en 2006, de façon collaborative, en sollicitant ses 400 salariés, explique le cabinet Roland Berger. Le groupe a mis en place un incubateur interne, la « Poult Academy », et un programme de partenariat avec des start-up, et il travaille avec des universités, des écoles et d’autres entreprises de la région dans une logique d’innovation ouverte. Une stratégie payante, puisque l’entreprise a presque quadruplé de taille en sept ans (190 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2013), et qui montre que cette mutation n’est pas réservée aux très grandes entreprises, ni à celles ayant un contact direct avec le client.Des usages plutôt que des produitsPourtant, l’industrie des biens de consommation serait la plus en retard en France en matière de transformation numérique, selon Roland Berger, faute de cette relation avec le consommateur final, même si des initiatives existent à l’image d’Évian (Danone) qui s’est mis à la vente directe en ligne et la livraison à domicile sur Paris et la petite couronne.Contrairement aux idées reçues, l’industrie lourde et celle des biens d’équipements seraient en avance pour tout ce qui a trait à l’optimisation des outils de production (mise en réseau des usines, suivi de bout en bout de la commande à la livraison). Certains industriels, à l’image de Schneider, vont plus loin et opèrent une remontée dans la chaîne de valeur, ne se contentant plus de commercialiser des produits mais des solutions, voire une capacité, un usage.> « Les entreprises BtoB évoluent vers le service : par exemple, un constructeur de réacteurs d’avion va vendre désormais un nombre d’atterrissages ou d’heures de vol », analyse Patrick Ferraris de Capgemini.Il n’y a cependant pas de solution taille unique, ce qui marche dans l’assurance ne fonctionnera pas dans le BtoB, et chaque entreprise doit trouver ses axes forts.> « Un constructeur automobile peut utiliser le numérique pour améliorer sa chaîne logistique ainsi que l’expérience de vie à bord. Il peut aussi décider de se transformer en opérateur de mobilité, explorer le covoiturage, la location. C’est astucieux de jouer sur les deux dimensions, excellence opérationnelle et évolution du modèle », fait valoir Stéphane Régnier, de Capgemini.Mais il peut s’avérer inaudible en interne d’attaquer plusieurs fronts. Aussi de nombreuses entreprises préfèrent isoler une initiative numérique, fonctionnant de façon autonome, à l’image de la banque en ligne Hello Bank chez BNP Paribas. À l’ère du numérique, il faut être prêt à se « disrupter » soi-même plutôt que d’attendre que d’autres le fassent. « Inventez vite de nouveaux usages grâce au big data, sinon, d’autres le feront à votre place ! », exhorte François Bourdoncle.À Bercy aussi, l’injonction est clairement : accélérez et transformez-vous tous seuls ! Lors de sa visite à la conférence LeWeb le 11 décembre, Emmanuel Macron, le ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique, a confié que « [son] obsession, [son] job est de s’assurer que nous créons le CAC 40 de dans dix ans, les nouveaux champions qui remplaceront le CAC existant. Mon rôle n’est pas de protéger les entreprises et les emplois existants, mais de protéger les personnes et de les aider à prendre des risques. » Et d’enfoncer le clou : « Mon job n’est pas d’aider les entreprises établies mais de travailler pour les outsiders, les innovateurs. » En avant toute donc, sur la grande vague du numérique.

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La nouvelle arme des patrons : la « Light…

Agora Vox

Et voilà, ça vient de débarquer dans l’entreprise d’un des amis, qui en est resté tout coi. Sur le cul, le mec. Un jour, son (tout nouveau) patron a déboulé dans la messagerie interne de l’entreprise en produisant un texte censé résumer ses nouvelles méthodes de management. A nouvel arrivant, nouvelle charte de commandement, c’est bien connu ! Et comme dans l’entreprise industrielle de mon pote on va vendre un peu plus loin qu’à Hazebrouck (en Chine, en réalité) ça parle de façon plutôt… guerrière. Ah, ces chinetoques, faut se les farcir, avec leurs larges sourires et leurs contrats jamais signés malgré vingt réunions, trois restaurants, leur bière infecte, leurs courbettes et la visite express de l’usine nettoyée la veille à neuf pour l’occasion. Enfin c’est comme ça que mon pote me les décrit (rassurez-vous il n’est en rien raciste, seulement un peu excédé parfois par le caractère faux-cul de certaines démarches commerciales qui s’étirent pendant des semaines pour rien). Et son patron, qui semble être aussi à bout que lui, a décidé de prendre le dragon par les cornes, à lire sa prose. Car comme plan d’attaque industriel, voilà-t-y pas qu’il leur balance, dans l’entreprise le coup du plan de la  « Light footprint strategy » . Pour ceux à qui ça ne dit rien, sachez que c’est tout bonnement un concept militaire, pondu par le très célèbre US Army War College pour tenter d’expliquer comment faire la guerre moderne. Un concept qu’aurait fait sien Barack Obama, paraît-il… dont les réussites ses derniers temps en matière de conflits laissent pourtant plutôt circonspect… aurait-on affaire à un énième concept foireux ? Vérifions donc ! Un petit rappel historique bienvenu, tout d’abord : « selon les époques, ce sont les militaires qui donnent l’exemple aux managers, ou les pratiques entrepreneuriales qui servent de modèles aux armées. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la recherche opérationnelle inventée dans l’US Army est déployée dans l’industrie. Mais l’élève finit par dépasser le maître : en 1961, c’est un homme d’entreprise, le PDG de Ford, symbole de l’excellence managériale, qui est appelé par le président Kennedy au gouvernement pour donner un nouveau souffle à l’armée américaine. aujourd’hui, les officiers influencent à nouveau les managers » résume fort bien France KPMG( Décryptages : c’est un cabinet d’experts comptables !). Ce retour de la pensée militaire en entreprise, ça ne sent pas très bon, à vrai dire, avec au dehors de ces mêmes entreprises une montée des pensées nauséabondes ayant conduites à la seconde guerre mondiale. C’est hélas dans l’air du temps, et c’est un concept profondément vicié, appartenant à celui de la militarisation progressive des esprits (méfiance en effet, ça commence très jeune, avec GI-JOE, à droite un « embedded journalist » en jouet !), dont il faudrait se méfier davantage. Remarquez en ce moment, tout sert aux  » marketeurs  » pour placer leur camelote : ici, je vous ai trouvé une suisse qui a déclaré « qu’Emile Zola avait su déceler, avant l’heure, toutes les ficelles du marketin g » rien qu’avec un extrait « d’Au bonheur des dames » !Voilà en tout cas aujourd’hui notre patron new style (à défaut d’être « new age »), convaincu du concept résumé en France par le vocable VICA (c’est une « dragée » VUCA en américain, promue par le gourou du marketing John Sullivan  : pour Volatility, Uncertainty, Complexity, Ambiguity). Voilà qui devrait plaire aussi à Pierre Gattaz à vrai dire, tant ce concept fumeux renforce l’omniprésence d’une direction la plus restreinte possible, face à la masse d’employés qui ne voient plus rien de ce qui se passe dans l’entreprise, réduits à l’état de drones téléguidés par leur encadrement. Avec le V pour Volatilité (ce doit être pour les bénéfices de l’entreprise, pense-t-on au départ), I pour Incertitude (celle de l’augmentation des salaires à coup sûr), C pour Complexité (dans une entreprise où le Powerpoint exerce une certaine tyrannie – mon pote m’en a décrit certains bien cotons- c’est tout ce qu’il y a de plus normal), A pour Ambiguïté (le patron nouveau est peut-être un Conchita Wurst qui s’ignore, ou un Pierre Gattaz en bas résilles, qui sait). Bref, un concept de merde qui n’a rien à voir avec la vie de l’entreprise mais que le patron nouveau qui se prend pour un nouveau croisé Obamesque allant bouter les islamistes dehors de Syrie avec toute la mollesse nécessaire, a pris à son compte comme parole d’évangile. Le sot. John Sullivan, son gourou se prétend être le  » Michael Jordan du recrutement »  : c’est dire le niveau !Faut dire que le dénommé Sullivan, le gourou qui a un avis sur tout ce qui se passe dans l’entreprise, plairait énormément à Yvon Gattaz… voici ce qu’il affime en effet dans un de ce articles sur « comment repérer un employé qui a envie de partir »… avec son exposé sur le flicage interne (de l’usage du net) et la délation au sein de son entreprise de « rêve » qui laisse pantois : « - Identifier le  »gossip » (alias le super-connaisseur) qui semble connaître tout ce passe dans le bureau et lui demander de vous informer quand il soupçonne qu’un employé clé est à la recherche. – Leur meilleur ami au travail et les recruteurs de votre propre entreprise sont également susceptibles de savoir qui est à la recherche activement (d’un emploi). – Les gestionnaires doivent aussi réaliser qu’il ya une forte probabilité que les employés qui ont récemment augmenté leur visibilité dans les blogs d’écriture, ou font des vidéos pédagogiques sur YouTube ou parlent soudainement lors de conférences le font pour attirer les recruteurs. – Les absences fréquentes et en particulier ceux qui sont absents pour la moitié d’une journée et le vendredi devraient être notés comme des indicateurs possibles que quelqu’un est en entrevue ». L’homme de l’art à l’esprit de surveillant de prison ajoutant un critère à ce flicage immonde montré en exemple : « - Et enfin être conscient que le n°1 de la cause de la rotation du personnel est souvent un mauvais gestionnaire, il faut donc bien parfois constater que vous pourriez être la raison la plus percutante pour laquelle vos employés vous quittent ». Ça ne lui coûte rien de lui dire, à Sullivan. Il ne bosse pas dans l’entreprise qu’il audite…Mais laissons-le d’abord présenter en personne son plan d’attaque à notre patron Sullivanesque : « cette doctrine se développe autour de trois armes principales : les cyber-attaques, les drones et les forces spéciales. C’est la combinaison de ces trois armes qui constitue le socle de la Light Footprint Strategy qu’il n’est même pas utile de traduire en français tant son sens est évident : frapper de façon efficace en laissant le moins d’empreinte possible sur le théâtre d’opération, ne pas immobiliser sur le terrain des forces inutiles et exposées, préserver les vies humaines et l’argent du contribuable sans diminuer la pression sur l’ennemi, utiliser au maximum l’effet de levier de la technologies en restant en tête de la course, jouer de l’effet de surprise et de l’excellence opérationnelle… » Fini donc le patron ratiboiseur d’entreprise, l’Attila des syndicats, la teigne des cadres sups : le patron moderne agirait donc avec plus de « doigté » que ses prédécesseurs (je ne précise pas à ce stade l’usage exact de son ou ses doigts, ni leur emplacement, restons polis). En gros, comme le résume mon pote, il préférera envoyer un jeune commercial jouer les kamikazes en Chine, plutôt que ses meilleurs cadres en espérant le voir rentrer vivant… mais avec un contrat, sinon c’est la porte (attention il n’a jamais été question de sombrer dans le social, Gattaz y veillle !). Ou en espérant qu’il ne passe pas à l’ennemi, comme cet ami de mon ami, qui lassé par son ancien patron genre « Heavy Footprint Without Strategy » (un HFWS, dans le jardon industriel, la méthode scaphandrier aux pieds de plomb), il l’avait laissé en plan, son patron, et s’était installé en Chine même et lui avait fait un superbe bras d’honneur, à son Gattaz personnel (genre BigFoot, le patron, question intellect, pas question empreinte pédestre laissée au pays des femmes à petits pieds).Adapté à l’entreprise, le dragé VICA donnerait en effet ceci : « concernant le contexte général dans lequel opèrent les entreprises aujourd’hui, on peut fort bien lui appliquer la grille de lecture VICA : Volatilité maximum (crise financière ininterrompue depuis 2008, remise en cause de la notation des Etats en apparence les plus puissants comme les Etats-Unis ou la plupart des pays de l’Union européenne, soubresauts de l’industrie bancaire…). Incertitude générale sur l’évolution de la conjoncture, la résolution de la crise de l’euro, la façon dont Barack Obama va franchir le « mur de la dette ». Complexité rare du champ dans lequel évoluent les entreprises, liées aux évolutions technologiques, à la sophistication des techniques financières, à la multiplication des acteurs, aux enjeux énergétiques, à la concurrence des pays émergents. Ambiguïté des rapports entre l’entreprise et la société, entre l’entreprise et le monde politique. » Bref, un joli baratin pour expliquer que le monde industriel chinois, c’est à ses propres poumons qu’on s’aperçoit de son existence : c’est plus qu’opaque, à Pékin… comme ailleurs. Dans un monde où les banques se renflouent, il est vrai, grâce au lessivage de l’argent sale, on voudrait avoir les idées propres et claires ? Laissez moi donc sourire ! C’est le bordel économique qui nous environne comme un smog pesant : quand vous voyez les sommes astronomiques qu’a engrangées Madoff, vous vous dites que la Grèce s’explique facilement : comment a-t-on pu prêter autant à un tel pays où la corruption était reine depuis des décennies ? On savait très bien dans quelles poches devaient partir les liasses ! Et comment des patrons d’entreprises n’ont-ils pas pu percevoir ce qu’était un système pyramidal, chez Madoff, eux qui étaient placés à la tête de leur propre entreprise ?Mais nos patrons new style ont d’autres interprétations sous leurs maroquins à signer les contrats plus vite que Mr Demaesmaker : « dans ce contexte, la maîtrise de l’information est clé, les systèmes d’information constituent le coeur de l’entreprise, les concepts de Big Data et de Smart Data s’imposent peu à peu : c’est le terrain de jeu de la cyber guerre, la capacité de disposer de l’information opérationnelle au moment où elle est décisive, mais aussi de protéger son propre « coeur » des curiosités adverses ». Autre joli baratin des embarqués sur la célèbre comète Cloud : quelques mots faisant initiés aux arcanes informatiques (Big Data ça parle plus que Big Foot, mais Smart Data ça fait carte grise de petite voiture quand même, je trouve), et le tour serait joué. Le métalangage ronflant a toujours plu en haut lieu : avant on disait « serveur distant ». Personne n’avait accroché. Trop… lointain comme concept. Repeint en « Nuage » (Cloud) voilà qu’il fait rêver. Et qu’on le présente comme neuf alors qu’il a toujours existé ! Faudrait quand même leur dire, à ces patrons qui s’y croient qu’ils auront beau se sentir protégés par un Cloud, ce gros nuage sur lequel ils se sont (déjà) mieux posés que Philae, que leurs cadres et leurs employés en dessous d’eux ne sont pas tombés de la dernière pluie (celle qui sort du nuage !), et qu’ils savent très bien que sous couvert de « data » c’est aussi leur vie privée qui sera mise en fiches, au cas où… au cas où il faudrait désigner un plus vieux kamikaze, pour l’envoyer loin vers l’Orient, celui-là sans espoir de retour, étant donné son âge. Le smog de Pékin aura vite raison de ses poumons attaqués par plus de trente ans de tabagisme lié au stress d’entreprise. Remarquez, s’il se perd, son GPS de téléphone d’entreprise permettra vite de savoir dans quel bar (montant ?) il a échoué.Et il y a pire encore dans cette comparaison immonde entre société industrielle et escadron de tueurs de chars ou d’escadrilles de chasseurs en piqué. « Pour lutter contre la volatilité et l’incertitude, mieux vaut ne pas immobiliser trop de ressources sur le terrain. Les drones sont l’incarnation du fait qu’un investissement bien calibré, sans risque démesuré pour celui qui le met en oeuvre, peut procurer un avantage stratégique supérieur à celui d’un avion de chasse à un coût beaucoup moindre (le F35 de nouvelle génération va coûter environ 130 millions de dollars pièce, un drone armé de type Reaper en coûte 53 millions…). Quant aux forces spéciales, elles témoignent du fait qu’un petit groupe de femmes et d’hommes décidés, compétents, motivés et solidaires, peut faire mieux qu’une armée toute entière ».  Dans ce parallèle militaire foireux, j’appellerai plutôt les personnes concernées du nom de très bons auxiliaires d’information au sein des armées : les pigeons. Des « forces spéciales » élevées au grain et envoyées en éclaireur… mais sans matériel adéquat, sans carte bleue d’entreprise et sans connaissances sur le terrain : des pigeons new style, uniquement chargés de roucouler dans les bureaux du futur client, pour ramener un peu de « Data » mais pas aux frais de la princesse (Gattaz veille à toutes les dépenses). Des pigeons-espions, uniquement chargés d’aller scruter les failles des mangeoires d’en face. Avec comme « Special Op », par exemple de planter une caméra IP dans le couloir à photocopieuse pour savoir qui lutine à chaque passage la petite jeunette repérée lors de l’expédition précédente, celle où le jeune kamikaze précédent n’est pas revenu (il est resté sur place et vit désormais sous un nom d’emprunt avec la précédente photocopiste aux yeux en amandes, dirigeant ensemble un pâtisserie faisant des croissants… français). Avec un tel « Data », c’est sûr, vous tenez votre futur client par les … Bref, pas la peine d’aller chercher des correspondances militaires grotesques à ce jeu de con d’entreprises se reniflant le train arrière avant de conclure ou non par un mariage (pas toujours gai, n’en déplaise à Nicolas Sarkozy). Un « petit groupe », style « commando » ça veut dire quelques happy fews surpayés qui montreront à leur collègue leur Rollex ou arriveront sur le parking en faisant crisser les pneus de leur Auto-Union (ils détestent qu’on parle ainsi de leur dernière Audi coupé sport !). Des commerciaux, quoi, toujours attirés par les mêmes hochets. Marchant aussi façon commando, en roulant des mécaniques par pack de six (ils sont comme les bières empaquetés dans leur « petit groupe soudé »). Groupe dont le souci principal est le prochain modèle de bagnole à acheter, et pas de développer l’entreprise ! Les Navy Seals n’en ont rien à cirer des autres corps d’armée qu’ils méprisent copieusement (on leur rend bien, remarquez). Eux sont soudés, mais qu’entre eux : la soudure ne coulera donc pas plus loin dans l’entreprise. Ce qui se traduit aussi par cette vision enjôleuse chez ceux persuadés du bien fondé du concept :  » les forces spéciales militaires deviennent, dans l’entreprise, des équipes qui vont explorer le futur de l’entreprise, ses prochains modèles d’affaires, ses prochaines relations avec les clients, les prochaines expériences qu’elle va proposer. Ces équipages ne seront pas organisés par des structures hiérarchiques classiques, ils fonctionneront en réseau, en « reliance », avec des leaders »… on vient là de redécouvrir le monde des chouchous !Ou celui des compromissions ou des coteries patronales : le meilleur moyen de transformer une entreprise…en zoo, avec des perruches, des autruches, des otaries (pour faire tourner les projets sur leur nez), ou des singes savants pour distraire l’assistance ou flatter la direction ! C’est la cour du roi-patron, revisitée (celle du film « Ridicule »), ne manquent que les perruques). De méchantes langues à l’esprit tordu (ou de vieux loups de mer d’entreprise ayant traversé toutes les tempêtes) traduisant vite et plus prosaïquement  » reliance avec un leader » par… coucherie. Mais bon. Au temps de l’égalité des sexes (il paraîtrait que ce serait enfin débarqué en entreprise) et du parler correct, on n’ose même plus parler de l’usage du canapé, et encore moins de… promotion, par les temps qui courent de restrictions à tous les étages.Un concept foireux et dangereux, dont plusieurs points sont discutables : on a relevé ici candidement un certain « 4eme » du nom, qui vaut son pesant de mouron en effet ; écoutez bien : « 4e) La centralisation et la décentralisation extrêmes, car ce modèle stratégique et d’organisation suppose une unité forte de commandement (le Président des Etats-Unis en personne dans la « war room » lors de l’assaut des forces spéciales contre la maison où se cachait Ben Laden…), mais une liberté d’appréciation et de décision laissée aux forces opérationnelles ». Bref, une bonne vieille direction d’apparence paternaliste dissimulant une poigne de fer  : « allez-y, je vous couvre ». Et juste après :  » Ah, oui, mais là je ne pouvais pas le faire, car ce n’était pas sur le bon champ de bataille »… Même ça, Gattaz sait le faire sans en référer bêtement à Obama en train de diriger à distance l’hélicoptère débarquant sur les genoux de Ben Laden (ce doit être de ça dont il est mort : ça beau être en carbone, c’est lourd, ces putains d’hélicos). Un prétexte, pour renforcer encore le manque de répartition des décisions : une forme de dictature (la facilité), là où il faudrait des décisions collégiales (bien plus difficiles à réaliser, car pour ça il faut aimer le dialogue et écouter les autres). Quant à l’image de la « war room », seuls les imbéciles ne savent pas que c’est une des plus belles images de propagande mensongère depuis des lustres : alors de là à en faire un modèle de gestion d’entreprise !!! Quant aux « décisions personnelles » offertes en entreprises, elles se résument le plus souvent à pouvoir choisir la couleur des stylos de l’open desk où on les a parqués, ces gentils moutons d’entreprise. Ou la liberté de décider dans quel sens mettre le bureau pour ne pas voir le sommet du crâne du collègue dépasser de la cloison. Les plus adroits bénéficiant du meilleur ensoleillement pour parfaire leur bronzage, signe extérieur de leur réussite . Et de n’est pas fini, comme comparaison toujours aussi foireuse ; voici que déboulent les mercenaires à la Blackwater avec l’article suivant :  » 5°) Le recours à des forces externes et à des partenaires locaux en appui sur le terrain d’opération, afin de préserver au maximum l’efficacité opérationnelle. Il peut s’agir de la sous- traitance d’une partie des activités, de partenariats avec des acteurs ou entreprises locales ». Là on a vite traduit : les Blackwaters de la stratégie industrielle au pied léger, on les connaît. Ils ont tous des têtes de roumains, voire de bulgares, payés une poignée de pain (ou de grains, s’ils côtoient les pigeons de tout à l’heure), ou des gens fort ressemblants. Des « partenaires locau x » recrutés dans la rue par un maquignon local, dont les méthodes au fer chaud feraient fuir la CFDT mais ravirait pour sûr la mafia sicilienne, qui possède l’art, il est vrai, d’engager les gens à vie, même si parfois cette dernière est disons… écourtée chez certains. Ne manquent plus que les chaînes et les tenues rayées, mais ça fait un peu voyant au XXIe siècle, et tout le monde n’a pas encore son entreprise située sur une île en face de San Francisco. Même si parfois la Chine qui fabrique les IPhone (chez Foxconn) y ressemble beaucoup, à ces Alcatraz industriels.Car derrière le paravent du nouveau langage, à ce patronat qui vit désormais l’I-Phone rivé à l’oreille, il reste les mêmes méthodes d’un Krupp ou d’un Vickers Armstrong juste avant la déclaration de guerre de 14-18 comme le dit parfaitement le point suivant :  » 6°) La culture du secret, sans lequel l’effet de surprise n’est pas possible, ce qui peut provoquer l’échec total de l’opération. Or les entreprises éprouvent souvent des difficultés à mettre en oeuvre des pratiques et des systèmes qui préservent le secret sur leurs intentions ». C’est sur ce genre de point que l’on constate que ce n’est qu’une feuille de rose pour emballer une belle merde, ce discours pseudo branchouillé. La rétention de savoir a toujours été un pouvoir, et c’est bien de cela dont il s’agît ici. Le but n’est en aucun cas d’aborder l’adversaire en se dissimulant, mais bien de trouver ce prétexte pour dissimuler davantage ses intentions véritables à ses propres employés « oui, mais tu vois, là, coco, je ne peux pas t’expliquer car nous sommes dans des négociations secrètes et je ne peux rien te dire ». Le lendemain, vous savez en effet : c’est vous qu’on vient de mettre dehors. Tout secret en haut lieu dissimule un pouvoir sur des gens, et non uniquement un secret industriel (de moins en moins répandu depuis la circulation de l’information). Le secret et sa culture est le poison de l’entreprise s’il n’est pas partagé au sein de l’entreprise : vous ne pouvez embarquer des gens dans un projet en leur disant  » suivez-moi, je vous dirai rien sur ce qu’on va faire ensemble ». Tout le monde ne s’improvise pas gourou d’entreprise ! Même Steve Jobs expliquait son projet pour convaincre ses troupes, et le secret qui entoure les sorties d’appareils demeure bien connu au sein d’Apple d’où les fuites parfois) avant d’être révélé au dehors !Mais il reste le pompon, de cette pseudo stratégie à la noix et la voici : « 7e) Assumer les dégâts collatéraux, de la même façon que le Pentagone assume le fait que certaines frappes des drones atteignent par erreur des cibles civiles. Dans le cas de l’entreprise, les formes de dommages collatéraux sont nombreuses, et plutôt que de tenter de les empêcher, il faut les assumer et en les limitant au maximum afin qu’ils soient encore acceptables. » Et là, c’est le sommet, quand on sait que ce qu’a pu reconnaître comme dégâts latéraux le Pentagone était « Peanuts » par rapport aux massacres réels effectués. La notion de « dégâts collatéraux  » est une propagande abjecte pour dissimuler des bombardements iniques, fabricant l’autre notion immonde de « guerre propre ». Or il n’y a jamais eu de guerre ainsi faite. En entreprise, transposer ce mensonge consisterait donc à instituer une politique interne du mensonge entretenu.  » Tu as des nouvelles de Stéphane «  ? On ne le voit plus. Ah, ce que je sais, il a fait une grosse connerie et as du refiler sa dém » . Bien entendu, l’homme n’a jamais fait ce genre de chose et a été purement et simplement viré avec pertes, fracas, et sans indemnités «  : un simple « dommage collatéral » « bien géré », voilà ce qu’est une guerre d’entreprise propre, vue par Gattaz et ceux qui se gargarisent de visions militaires pour faire turbiner leurs employés comme de bons petits soldats dociles ! Dans ce concept fumeux, beaucoup de choses ont été oubliées. Parler de « drones » et en faire la comparaison avec des employés envoyés pour aller renifler le client potentiel, mais c’est oublier le blues du gars derrière le drone : celui qui finit par craquer ; comme ça c’est déjà moult fois produit, au fin fond du Nouveau-Mexique dans un container réfrigéré. Celui qui a a force de voir des horreurs, a fini par jeter l’éponge, écoeuré par son propre travail. Qui jouera ce rôle, dans la correspondance à la noix du Light Footprint machin (dans le concept, le drone serait en fait un robot industriel) ? Le contremaître, ou le cadre ; qui auront envoyé au combat une escouade qui aura trimé sang et eau, dimanche compris, pour mettre en marche un bidule mal pensé mais que la direction qui se réserve le « secret » des ses décisions avait décidé seule de fabriquer et de vendre ? Que leur restera-t-il à faire face à l’échec du projet, comme chez Renault ou chez France Telecom ? Se suicider ??? Ou conseiller à ces patrons d’opérette gargarisés par ce concept idiot de relire tout Paul Virilio ?Si la guerre est à donner en exemple en entreprise, c’est mal parti pour ces mêmes entreprises, si l’on choisit les orientations américaines comme exemple. Un programme d’une idiotie sans nom risque de faire basculer l’intégralité de l’US Air Force, qui s’est lancé dans la fabrication d’une enclume volante dont le pilote porte un parpaing sur la tête pour le diriger. Le F-35, programme militaire aéronautique le plus cher de tous les temps qui tourne au fiasco et au désastre un peu plus chaque jour. Le jour où il s’écoulera totalement, je ne donne pas cher de l’intégralité de l’économie US. Il avait été précédé par deux autres, ceux de l’Osprey V-22 et du Raptor F-22, deux gouffres à argent inefficaces que l’on sort parfois en représentation, en prenant bien soin qu’ils ne se fassent pas tirer dessus par des armes légères, ce qu’ils ne supporteraient pas. Les deux chasseurs, F35 et F-22 sont des gouffres à pétrole et des attrape-radars, contrairement à comment on les présente, et des avions incapables de lutter contre des troupes au sol ou des guérillas, alors que toutes les guerres des dernières décennies sont de ce type. L’US Air Force en est au stade où elle doit aller chercher un petit avion existant ailleurs, l’Embraer Super Tucano, le faire ramener par une entreprise privée dotée de pilotes mercenaires pour aller combattre les terroristes en Irak, ceux que les enclumes volantes précédentes n’ont pas réussi à écrabouiller totalement. Bref, l’armée américaine est une gabegie sans nom, qui s’évertue pendant des années à construire des engins improbables, tel le char amphibie ou le transporteur de soldats devenu char d’opérette, pour seulement nourrir une industrie qui tourne en rond sur elle-même. On n’arrête pas ces projets dispendieux pour ne pas fabriquer de chômage en interne, dans le pays, et pour les vendre, on fabrique des guerres à l’extérieur. Et c’est ce marketing inique de la mort que l’on devrait prendre en exemple ??? L’économie industrielle US, ça se résume en fait au « toujours plus » de Pentagon’s War, dont on ne saurait trop visionner l’hilarante saga. On y voit des dirigeants d’une crétinerie sans bornes se monter le chou avec leurs conceptions idiotes et leurs désirs enfantins, qui engagent des milliards de dollars d’investissements… pour rien (enfin pas tout à fait, car tout le système repose sur le versement de copieux pots de vins aux décideurs qu’ils sont). Le cadeau d’entreprise, version new style ? Les versements discrets en Suisse, montrés en exemple ?Militairement, aussi, le concept dissimule quelque chose de dangereux que résume très bien mayakandel le 14 avril 2014 : « Le mot d’ordre du « Light Footprint » est en effet la formation des armées partenaires (« building partner capacity ») : l’accent est sur l es partenariats sécuritaires pour combattre une menace commune, concrètement : former des unités militaires pour combattre des « groupes terroristes » (…) Elle rappelle l’histoire de l’implication américaine en Amérique latine dans les années 1960 et 1970, où Washington a privilégié le même type d’approche dans la lutte contre le communisme à l’époque (avec la CIA), avec les conséquences que l’on sait. Les Etats-Unis sont en train de nouer des partenariats de plus en plus étroitement (et essentiellement) sécuritaires avec la plupart des pays d’Afrique. Avec le risque de se trouver entraînés du soutien sécuritaire au soutien politique, et loin des objectifs affichés en termes de défense des libertés politiques et religieuses et de promotion des institutions démocratiques. Le dilemme est aussi dans le choix entre efficacité à court-terme et objectifs à long-terme. Il a une dimension politique, liée à l’horizon très court terme de nos sociétés, et donc des électeurs et des élus. Le résultat doit être probant et vite ; le problème doit être réglé, ou du moins contenu – containment qui semble être redevenu (c’est cyclique) le mot d’ordre de l’action américaine partout dans le monde. La question déterminante pour Washington semble désormais être : comment protéger les intérêts stratégiques américains sur le continent africain sans imposer une présence militaire préjudiciable sur le long terme ?  » Le LFP n’est qu’une version différente de la mainmise militaire des USA sur l’Amérique du Sud, dans les années 50-60… transposée cette fois à l’Afrique. Question « footprint » on avait vu ce qu’avaient donné les gros sabots de la CIA, avec les assassinats de chefs d’Etats, qui avaient été condamnés par la Commission Church, rare moment de sursaut de la politique US. Des « conseillers » on est vite passé aussi à la guerre, au Viet-Nam… Ça commence aussi par quelques légères empreintes, les guerres qui perdurent … « vite réglé », disait aussi McNamara… ce n’est pas en déguisant leurs avions-espions en avions civils que la trace de leur passage sera plus petite. L’espionnage est là, et il est bien présent, fait par des mercenaires, dont on réfute l’appartenance à une quelconque armée officielle en cas de pépin. Les familles ne bénéficiant pas d’une assurance de l’Etat lors de leur décès. Avant, il y avait la chair à canons, aujourd’hui, on arrête pas le progrès, il y a la chair à avions… en entreprise, ça devient « celui là, mais on ne le connaît pas, il n’a jamais fait partie de la maison  » entendu au téléphone avec derrière le bruit de la broyeuse à documents en train d’écharper son CV et ses dossiers. Les militaires n’ont pas le droit aux états d’âme…Peut-on utiliser un concept guerrier pour diriger des entreprises ? La réponse est à chercher dans ceux qui s’en réclament. On attribue à Barack Obama l’usage de cette idée : or, s’il y a bien un exemple à ne pas suivre, comme fermeté dans la direction, c’est bien lui. Ses hésitations sont répétées, la Syrie en sait quelque chose. C’est aussi un président qui n’a pas gagné une seule guerre, mais en a mal terminé deux, initiées il est vrai par ses prédécesseurs. Il s’est retiré de ses deux pays en laissant derrière lui un indescriptible chaos dont bénéficient aujourd’hui des terroristes islamistes pour répandre la terreur. Le responsable n’a pas su bâtir derrière lui des états stables, et on voudrait en faire un exemple pour les entreprises qui ont le plus besoin de stabilité dans un monde en perpétuel mouvement ! A force de s’adapter, des entreprises ont perdu leur âme et non su vendre à nouveau qu’en la retrouvant. En Afghanistan, ses qualités diplomatiques se sont vite heurtées à un problème de taille qui s’appelle Karzaï et à un autre bien plus grave encore : le pavot. Manifestement, la drogue n’a jamais connu un tel développement que sous la présence américaine : rien n’a été fait pour en endiguer la progression de la l’opium. Pour des raisons qui sont propres avant tout au fer de lance de l’armée US : la CIA. Idem en Amérique du Sud, où la « guerre à la drogue » est un deuxième fiasco patent. On sait qu’en entreprise, pour doper ou motiver les cadres, la coke est tolérée, mais de là à en faire un modèle de comportement, avouez que c’est fort de… poudre à café. C’est sous sa direction étatique aussi qu’une banque, la banque Wachovia, a accepté de payer à l’état fédéral un redressement phénoménal pour ne pas se retrouver en procès pour avoir lavé l’argent sale des cartels mexicains. C’est sous sa présidence qu’un scandale énorme est apparu avec des armes fournies par l’état US ont été retrouvées au mains des trafiquants mexicains. Bref, c’est tout sauf un exemple de réussite de stratégie claire. C’est sous sa direction qu’on a clos le mensonge Ben Laden par un deuxième mensonge hollywoodien : si c’est une réussite, stratégiquement, éthiquement c’est une catastrophe, comme l’a été et l’est encore la campagne d’assassinats ciblés à l’étranger, faite par les fameux drones montrés en exemple, cette fois, au score effarant d’enfants tués en même temps que les cibles visées. La Commission Church de 1975 les avaient interdits. Obama est le jouet du pouvoir réel aux Etats-Unis, comme l’ont été tous ses prédécesseurs. La Heavy Print Strategy, c’est le gouvernement fantôme des industriels de la guerre qui laisse sa trace partout, celle dénoncée dès 1963 par David Wise etThomas B.Ross. Obama n’en est que le décorum, la façade, et en faire le représentant des véritables décideurs une erreur fondamentale. Ou alors, on glorifie un simple exécutant à la place d’un décideur véritable. Obama laisse derrière lui des pays en plein chaos, après avoir pompé tout ce qui avait pu l’être, et en fournissant même quelques mois auparavant des armes neuves, achetées par les gouvernements grugés et aussitôt détruites sur place, faute de compétence pour les entretenir ou les utiliser. Ça ou de vieux chars offerts par un pays tiers et revendus au prix fort après avoir reçu une couche de peinture neuve pour les rendre présentables. On part, mais avec la caisse. C’est une sorte de départ avec retraite chapeau, si on peut dire : et c’est cela aussi qu’on voudrait imiter ? Ce seraient ces méthodes de forban qu’il faudrait citer en exemple ?Car tout cela n’est guère nouveau. Dans le livre de Wiseet Ross, on avait eu déjà la description du « Light FootPrint à la sauce Kennedy (page 387)… Une considération égale doit être accordée aux problèmes qu’engendre le succès d’une opération spéciale. Les États-Unis sont-ils disposés à assumer la pleine responsabilité des conditions économiques et politiques issues d’une révolte soutenue par la C.I.A. et réussie ? Dans les cas comme ceux du Guatemala ou de l’Iran, à quoi sert de balayer un gouvernement pro-communiste si l’on restaure les conditions qui ont permis aux communistes de s’infiltrer dans le gouvernement ? C’est une illusion de penser que les problèmes de la politique étrangère des États-Unis dans un monde compliqué peuvent être résolus par la chirurgie rapide d’une révolution de palais. Les techniciens du renseignement et de l’espionnage, qui sont naturellement enclins à ces solutions activistes, ne devraient jamais être autorisés à prendre une part prépondérante aux délibérations ayant précédé les opérations secrètes. De même qu’ils ne devraient jamais avoir le contrôle exclusif des opérations sur le terrain. Eisenhower et Kennedy ordonnèrent tous deux que l’ambassadeur dans un pays étranger soit chargé de toutes les activités des États-Unis. Il est essentiel que cette suprématie théorique devienne une réalité. Un ambassadeur ne devrait jamais être mis dans la situation d’un William Sebald en Birmanie. S’il doit conserver l’estime et le respect des dirigeants du gouvernement auprès duquel il est accrédité, il faut qu’il soit tenu informé de l’activité clandestine américaine. Si les circonstances imposent une politique secrète en contradiction avec la politique avouée de Washington à l’égard d’un pays donné, il faut que l’ambassadeur en soit averti.  » Déjà, vous le voyez bien, la notion de secret était bannie par les auteurs de cet ouvrage fondamental, qui condamnaient les « light footprints » secrètes de l’époque.Car derrière ce concept « d’empreinte légère » se dissimule en entreprise de bien gros souliers à clous, ceux qui permettent de se passer des gens à grands coups de pompes dans le derrière sans avoir de remords (un militaire, ça meurt en silence, il est vrai, et si on arrivait à refaire ça avec des employés ou des ouvriers au XXIe siècle, comme on l’a fait au XIXeme surtout, le capitalisme pourrait à nouveau pavoiser) : « si elle se confirme, la substitution du modèle Light Footprint à l’organisation matricielle risque-t-elle de contracter l’emploi ? Les pessimistes s’inquiètent de la diminution du nombre de salariés dans les organisations qui adoptent « l’empreinte légère ». Les optimistes constatent que les entreprises Light Footprint catalysent des écosystèmes foisonnants où les emplois tertiaires abondent. » En somme, c’est totalement inadapté à l’industrie et ça ressemble en fait à du management pifométrique de start-up ruant dans tous les sens et finissant soit par décrocher par hasard un contrat, soit se vautrer et disparaître aussi vite qu’elle est apparue dans les catacombes des entreprises mal foutues, dont le manager se rêvait en chef d’escadrille new style, façon patron de Skyrock ou de Free, pour prendre des exemples de pédants notoires (« celui qu’on reconnaît » de loin disait Audiard). Ces fameuses start-up, derniers avatars du capitalisme réussissant à faire travailler jour et nuit de jeunes forces de travail pour un salaire épais comme la viande d’un hamburger de régime, dont on voudrait imposer le style auprès des industries lourdes, quand elles existent encore… Foutaises que tout cela !Le vocabulaire guerrier, on y revient, avec le terme employé pour désigner les patrons des plus grosses entreprises :  » des capitaines d’industrie « , dit-on à leur propos : de là à faire ramper tout le monde… il y a un bon nombre de pas (légers ou non) à faire, et le  » LightFoot Print Strategy  » n’est qu’un concept produisant le même rideau de fumée qu’une attaque au gaz moutarde à Ypres en 1915. Ceux qui y plongent le nez en ressortent gravement… intoxiqués. Voilà qui promet de beaux dégâts au sein des entreprises sui succomberont à ce concept fumeux calqué sur ce qui se résume être un échec militaire probant !les extraits du principe proviennent de cet article :http://www.charlesedouardbouee.com/…on peut lirehttp://www.agoravox.fr/tribune-libr…http://www.agoravox.fr/tribune-libr…Le film obligatoire :http://www.youtube.com/watch?v=f0rc…

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Qui veut gagner des milliards ?

Agora Vox

Vous voulez devenir aussi riche que votre banquier ? Faites comme lui, lancez-vous dans le « CARRY TRADE ».Le Carry Trade, dans le jargon financier anglo-saxon n’a pas de traduction officielle en français, approximativement « portage commercial ». Il s’agit d’une technique simple qui permet de s’enrichir facilement en spéculant avec le soutien, sinon la bénédiction des banques centrales, c’est-à-dire des grands manitous de la finance qui prétendent qu’il s’agit d’un « arbitrage », chacun ses pudeurs.Le Carry Trade consiste à s’endetter à faible taux d’intérêt dans une devise, à convertir les fonds obtenus dans une devise à tendance haussière par rapport à la précédente puis à les placer dans des actifs offrant des rendements supérieurs. Aucune richesse réelle, ni matérielle, ni intellectuelle n’est produite. C’est de la pure spéculation financière et une source de profits faciles.Comment est-ce possible ? Prenons un exemple concret dans le monde merveilleux de la finance de haut vol :Depuis de nombreuses années, le Japon mène une politique financière inflationniste pour tenter de s’extraire d’une situation catastrophique qui a fait de ce pays autrefois dynamique et prospère, le pays le plus endetté du monde à côté duquel la France paraîtrait un modèle de rigueur et de bonne gestion.Nous sommes en novembre 2013. Une banque, la vôtre peut-être, emprunte 100 000 yens à taux zéro à la banque centrale du Japon (BoJ), puis les convertit immédiatement en dollars à la parité de 100 yens pour 1 dollar, soit 1000 dollars qu’elle pourrait placer en bons du trésor. Elle choisit cette fois d’acheter 2 actions « Google » à 500 dollars pièce.Le 7 novembre 2014, la banque revend ses 2 actions 550 dollars pièce, soit 1100 dollars, convertit 860 dollars en 1000 yens au cours du jour et rembourse son emprunt à la BoJ. Le bénéfice est de 240 dollars sur 1an, soit 24% de 1000 dollars. En réalité, si vous avez bien suivi, la rentabilité est infinie puisque la banque n’a pas engagé un seul dollar de ses fonds propres mais uniquement une promesse de remboursement. C’est ça qui est merveilleux.Evidemment, les banquiers ne spéculent pas pour 240 dollars par an mais pour des milliards car leur cupidité n’a pas d’autre limite que la confiance qu’on leur accorde. Les profits sont augmentés par l’utilisation de techniques financières à effet de levier et d’ordinateurs aux algorythmes sophistiqués permettant la manipulation des cours en émettant des milliers d’ordres d’achats et de ventes par seconde.http://www.lesechos.fr/journal20141…La banque n’a rien produit, rien extrait du sol à la sueur de son front, rien fabriqué, rien inventé pour agrémenter la vie de ses contemporains. Elle n’a fait qu’utiliser une mécanique financière qu’aucune loi n’interdit et qu’aucun organisme gouvernemental ne contrôle.Il s’agit bien de rapines en bandes organisées étant donné les liens « étroits » pour ne pas écrire « d’autorité » qui existent entre la BoJ et la Banque centrale américaine (FED), entre l’Empire et ses dominions. Ne doutons pas que ceux qui sont les initiateurs de la politique monétaire US et ceux qui s’enrichissent avec le carry trade se confondent. Rappelez-vous que la FED n’est qu’un conglomérat de banquiers privés tous très riches, très puissants et très honorables dans la « bonne société » des parasites.Mais d’où viennent ces milliards de dollars qui enrichissent ces crapules ?Pour comprendre, il faut expliquer ce que sont les mesures dites « non conventionnelles » de la politique monétaire décidée par la FED et qu’elle tente d’imposer à la BCE, les Quantitative Easing (QE). Voici en gros, comment cela se passe :- La FED achète des obligations d’entreprises aux banques, ces obligations rapportent des dividendes et leur nominal sera remboursé à terme.- Elle achète aux banques des obligations d’état. Elle l’a d’abord fait secrètement puis a officialisé le procédé avec les QE.- Elle prête de l’argent aux banques à taux d’intérêt pratiquement nul pour consolider le bilan des banques et contrer le blocage des crédits entre banques qui doutent chacune de la solvabilité des autres.Officiellement les QE successifs ont été mis en place pour relancer l’économie. C’est un mensonge. L’influence des QE sur l’économie réelle est nulle, en moyenne, en trente ans, un dollar de dette supplémentaire achète 0,18 $ de PIB supplémentaire.http://la-chronique-agora.com/pib-d…Si l’économie repart doucement outre atlantique, c’est dû à une énergie abondante et bon marché provenant des gaz et pétroles de schistes et des sables bitumineux à laquelle vient s’ajouter un début de relocalisations de l’industrie, donc des emplois.La banques centrale ne peut pas financer directement les déficits des états, ce serait faire tourner « la planche à billets ». Le stratagème du QE permet de contourner discrètement cette règle. C’est la même tactique à trois bandes qui est utilisé au Japon, en Grande-Bretagne et encore timidement par la BCE.Les banquiers utilisent une partie des abondantes liquidités des banques centrales pour spéculer. C’est de là que provient l’argent du carry-trade et la hausse continue des bourses malgré la stagnation de l’économie.Vous pensez que c’est de la triche ? Pour eux, les règles sont pour les faibles.Pour bien comprendre le monde dans lequel nous vivons, nous devons intégrer que la plupart des discours officiels sur l’économie et le social est un tapis de mensonges sous lequel est dissimulée une réalité indicible : Le monde est au bord du cataclysme financier.Les indices économiques, les taux de chômage et d’inflation, les PIB, tout est manipulé pour convaincre les plus pauvres d’accepter les sacrifices que la situation exige et la valse des milliards pour les plus riches.Est-ce l’abîme vertigineux de la dette qui a fini par faire peur aux autorités ? La FED vient de fermer le robinet des liquidités mais elle gardera la baignoire pleine. Les obligations seront remplacées au million de dollars près au fur et à mesure qu’elles arriveront à maturité.Un heureux hasard fait qu’au même moment la banque centrale du Japon, la BoJ, annonce qu’elle va lancer un nouveau QE massif pour relancer l’économie et lutter contre la déflation.C’était inévitable puisque la BCE est encore empêchée de le faire par les allemands. C’est juste une question de vie ou de mort pour le monde financier. Les banques centrales doivent maintenir les taux d’intérêts des emprunts d’état proches de zéro par tous les moyens. Les besoins de liquidité et les risques de faillite sont tels que si les banques centrales laissaient les marchés fonctionner normalement, les taux d’intérêt exploseraient. La plupart des pays surendettés se déclareraient en cessation de paiement, déclenchant une crise économique sans précédent sur toute la planète. La réalité indicible évoquée plus haut.http://www.planetoscope.com/comptes…Les QE ont de nombreuses conséquences.La première d’entre elles est qu’ils diminuent la valeur de la monnaie. C’est bon pour les exportations et pour l’inflation dont les états ont tellement besoin pour faire monter artificiellement leur PIB et leurs rentrées fiscales.Ces milliards de dollars tirés du carry-trade en spéculant avec l’argent détourné des QE gonflent la dette et mécaniquement, les intérêts à verser chaque année. Comme la plupart des pays développés sont incapables de payer ses intérêts, ils empruntent davantage.Par exemple, les intérêts de la dette française représentent 46,6 des 87,4 milliards de déficit prévu pour cette année. Il faudra donc emprunter pour payer. C’est de la cavalerie mais c’est mieux que la destruction de l’économie mondiale.C’est ainsi que la dette est devenue hors de contrôle. Elle grossit telle une boule de neige qui dévale un couloir d’avalanche. Ou elle s’évaporera ou elle écrasera les peuples. C’est sans doute pour cela qu’elles sont, in fine, discrètement transférées des banques privées aux banques centrales, c’est à dire aux citoyens. Les plus riches acquiert des actifs rentables indexés sur l’inflation, les autres, un passif dangereux garantit par leurs impôts.La spéculation n’est pas sans conséquence pour les populations, celles des pays asiatiques, russes et argentines par exemple, ont terriblement souffert des crises financières, notamment celle de 1997 et 1998, provoquées en grande partie par les aller-retour massifs de devises à travers les opérations de carry-trade. http://fr.wikipedia.org/wiki/Crise_…Y a-t-il des risques pour les spéculateurs ?Oui, si le Yen remonte significativement par rapport au dollar ou que l’action « Google » plonge, l’échafaudage doré s’effondre.Mais non, car le Système n’autorise pas ce genre de surprise. Les banques centrales sont coordonnées entre elles sous l’autorité de la FED ou plutôt des banquiers privés qui constituent la FED. Le Yen ne montera pas et les actions ne baisseront pas tant qu’ils ne l’auront pas décidé, tant qu’ils ne se seront pas gavés, tant qu’ils n’auront pas réalisé leurs bénéfices et pris les positions qui leur permettront de profiter aussi de la baisse.http://la-chronique-agora.com/qe-ja…Pour ceux qui bénéficient d’informations de première main, les banquiers au coeur du Système, il n’y a pas de risques. Même s’ils étaient pris à contrepied par un événement imprévu et risquaient la faillite, l’état viendrait aussitôt à leur secour. Pourquoi se priver ? Toutes les mises sont gagnantes.Il en va tout autrement pour les spéculateurs de second rang. Ces pigeons ne bénéficient pas des informations réservées aux initiés et croient que les arbres montent jusqu’au ciel, qu’ils peuvent gagner contre les ordinateurs. Ils y laisseront leur chemise un jour ou l’autre, comme ces gogos qui spéculent sur le FOREX et sur les produits dérivés.Ignorent-ils que tout le jeu est truqué et depuis longtemps ? Il est vrai que ce n’est que très récemment, tardivement dirons-nous, que les autorités ont commencé à poursuivre les banquiers délinquants. Ces autorités entendent bien se réserver le monopole des mensonges et des manipulations.http://www.la-croix.com/Actualite/E…Les banques et les hedges-funds les plus importants, par leur imbrication dans le système sont relativement à l’abri d’une faillite. Non seulement, ils bénéficient des informations stratégiques mais en plus, ils font partie des « too big, to fail » (Trop gros pour faire faillite).Vous vous souvenez sans doute qu’en 2009, pour sauver les grandes banques, Sarkozy leur a fait transférer des centaines de milliards d’euros pratiquement sans contrepartie alors que quelques mois plus tôt Fillon déclarait que les caisses étaient vides et que la France était en faillite.Certaines auraient dû être nationalisées comme cela a été fait en Grande-Bretagne ou aux USA, deux pays fondateurs du libéralisme, mais Sarkzoy, responsable de tout mais justiciable de rien, s’est voulu plus libéral encore que les Anglo-saxons ou plus stupide. Il n’a pas voulu en entendre parler. Si aujourd’hui, les intérêts de la dette versés aux banques sont devenus le premier poste budgétaire et creusent le déficit, c’est en partie au sauvetage de ces mêmes banques que nous le devons.La crise asiatique de 1997, provoquée en partie par le Carry Trade, s’est rapidement propagée à la Russie, provoquant la faillite du Hedge-fund « des prix Nobel » LTCM. Là encore, ce sont des fonds publics, US cette fois, qui ont sauvé les spéculateurs de la faillite.http://lexpansion.lexpress.fr/actua…Mais depuis, la situation a changé. Les hommes politiques savent que les finances des états ne permettront plus de sauver les banques défaillantes lorsque la prochaine grande crise financière surviendra. Ils savent que les banques spéculent au-delà de toute prudence mais n’osent pas légiférer pour les en empêcher. Par contre, ils ont trouvé le courage de voter pour permettre une faillite ordonnée des banques. Dorénavant, ce seront les clients qui épongeront l’ardoise.Vous croyez que vous déposez l’argent durement acquis dans le coffre de la banque, mais en réalité en déposant vos économies à son guichet, vous l’échangez sans le savoir contre une créance. En cas de faillite, vous serez traité comme les autres créanciers. Ce dispositif qui entrera en vigueur en janvier 2016, se nomme le « bail-in » en opposition avec le « bail out ». S’il n’y a pas de traduction en français, c’est que le gouvernement n’a pas prévu de vous informer de ce détail.http://investisseurpro.com/lineluct…Le gouvernement et nos élus « de gauche », rendus sourds, aveugles et idiots par les privilèges, ont décidé sans vous le dire que vos dépôts seraient garants des dettes contactées par votre banque.En toute logique et justice, ils devaient interdire dans la même loi aux banques de spéculer et de mettre vos économies en danger, ils ne l’ont pas fait. Le candidat Hollande l’avait promis (N° 07-1), le Président ne l’a pas fait. Pourquoi ? Parce que les banquiers, maître de la dette sont devenus les maîtres du monde. Leur credo à tous : Mentir pour durer.Bien entendu, vous n’avez aucun droit de contrôle sur ce que font les banques, ni aucun moyen de le savoir. Les opérations spéculatives font partie du « hors bilan », du « shadow Banking », du côté obscure de votre banque. Lorsqu’elle plongera pour cause de spéculation excessive, c’est devant le rideau de fer de l’agence que vous l’apprendrez.http://www.boursorama.com/actualite…http://www.youtube.com/watch?v=mx-u…En clair, les gros bénéfices sont pour les actionnaires qui ne les rendront pas en cas de faillite, par contre les grosses pertes sont pour vous. Le piège est solidement construit, il est impossible d’y échapper car d’autres lois vous obligent à recevoir vos salaires sur un compte bancaire et vous interdisent tout paiement en liquide au-delà d’un montant réglementé.http://vosdroits.service-public.fr/…Vous trouverez un classement des banques à risque systémique sur ce site. Il serait prudent d’en tenir compte.http://www.journaldunet.com/economi…Comme nous sommes dans le monde réel, il n’y a pas de morale à cet article. Les biens mal acquis profitent à ceux qui parasitent la société.Le siphonnage organisé sur les centaines de milliards imprimés pour empêcher le pire constitue l’une des sources du pouvoir de l’oligarchie. C’est de là que vient l’argent des campagnes électorales, de la corruption des élites et de la manipulation des masses.Ces milliards servent à renforcer la domination des plus riches sur le monde, à récompenser les affidés, les hauts cadres des banques, du PDG aux traders par des bonus extravagants. Ils servent surtout à corrompre les hommes politiques et les agents de contrôle, à entretenir des Think Thank et des lobbyistes, à financer les médias qui manipulent et angoissent l’opinion, les officines qui organisent les campagnes de discrédits des opposants ou la déstabilisation des états réfractaires, à affaiblir les opposants au Système, les syndicalistes, les hommes politiques alternatifs, les journalistes d’investigation, les lanceurs d’alertes.Ne cherchez pas plus loin les causes du refus obstiné des hommes politiques d’interdire la finance de haut vol, les taxes sur les transactions financières, le carry-trade et les CDS (Crédits Défault Swap, potentiel Armageddon de l’économie mondiale), de lutter contre les paradis fiscaux, du Delaware US aux Îles anglo-normandes, où sont abrités l’argent des corrupteurs et des corrompus, les fruits juteux des rapines et de la fraude fiscale.http://tempsreel.nouvelobs.com/mond…Il faut bien financer la saturation de l’espace médiatique pour bloquer l’information, occulter aux sujets les méfaits des prédateurs financiers et leurs lourdes conséquences.C’est bien à cela que servent la presse désuette que personne n’achète et les télévisions de désinformations continues, toutes construites sur le même modèle, la même ligne éditoriale ultra-libérale, diffusant les mêmes stupidités, les mêmes dépêches au même moment, les mêmes pubes aux mêmes heures, avec leurs éditorialistes pompeux ou agressifs mais toujours de mauvaise foi, leurs présentateurs tirés à quatre épingles commentant sans fin les mêmes petites phrases des uns ou des autres ou les exploits des nouveaux gladiateurs s’exhibant dans les stades ?L’illusion démocratique s’est évaporée, apparaît ce qui a toujours été là, au fond, depuis toujours, un monde féodal.Ne votez plus pour vos ennemis.

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La BPI réussit-elle là où on la voyait…

Europe1

© MaxPPP Par Gaétan SupertinoBILAN – La création de la Banque publique d’investissement, promesse phare de François Hollande, suscitait de nombreuses craintes. Qu’en est-il aujourd’hui ? »La Banque Publique d’Investissement (BPI) sera un outil de croissance offensif au service des PME et des Etablissements de Taille Intermédiaire ». C’était il y a deux ans jour pour jour. Le 17 octobre 2012, Pierre Moscovici, alors ministre de l’Economie, présentait le projet de loi de création de la BPI, l’une des promesses phares du candidat François Hollande. Deux mois après, la banque publique voyait officiellement le jour, et suscitait déjà bon nombre d’inquiétudes.A-t-elle assez de moyens, au regard des finances désastreuse de l’État ? N’y a-t-il pas un risque d’ingérence de l’État dans les comptes des entreprises ? Dilapidera-t-elle l’argent public en aidant des entreprises mal en point, que les banques n’ont pas voulu aider ? Deux ans après sa présentation, Europe1 a cherché à savoir si la BPI a su répondre aux doutes. A-t-elle assez de moyens ? La BPI, fusion des anciens organismes d’investissement public ou de garantie de prêt OSEO, CDC Entreprises et FSI, a plusieurs missions : prêter de l’argent, garantir des prêts et entrer au capital d’entreprises. Le tout pour financer l’innovation, contribuer au développement des PME ou encore empêcher qu’une entreprise stratégique française ne mette la clé sous la porte. En clair, BpiFrance, de son vrai nom, comble les failles du marché du crédit bancaire. Une vaste tâche pour laquelle elle s’est vu allouer un budget de… 21 milliards d’euros. « Comparé aux 655 milliards d’euros du fonds souverain norvégien, ou de celui d’Abou Dhabi (490 milliards), notre BPI apparaît bien modeste », raillait d’ailleurs dans les Echos Michel Albouy, professeur senior de finance à Grenoble, en septembre dernier . « Il faut comparer ce qui est comparable », rétorque auprès d’Europe 1 Antoine Boulay, porte-parole de BpiFrance. « Nous n’avons pas de pétrole comme la Norvège ou Abou Dhabi. Et les chiffres de ces deux pays tiennent compte des participations de l’État. Si on prend ça en compte, on peut dire que la France investit 360 milliards d’argent public », renchérit-il. Et s’il reconnaît être un peu en retard sur les Entreprises de taille intermédiaire, Antoine Boulay assure que « la BPI est le premier fonds d’investissement pour les PME en Europe ».© Reuters Est-elle assez ambitieuse ? Avoir de l’argent, c’est une chose. Le dépenser, c’en est une autre. « Je ne peux pas dire que la BPI ait été trop aventureuse, elle a plutôt misé sur la prudence », regrettait, en février dernier, Jean-Paul Huchon, président PS de la région Ile-de-France et représentant des régions au conseil d’administration de Bpifrance. Mais depuis, l’établissement a mis les bouchées doubles.Les fonds d’investissement dédiés aux PME ont ainsi pris des participations dans 57 entreprises pour 74 millions d’euros, en progression de 95% par rapport au premier semestre 2013. Dans l’innovation, notamment les start-up, la BPI a investi 86 millions d’euros dans 26 entreprises, soit un boom de 161%. Et dans les grandes entreprises et Entreprises de taille intermédiaire (ETI), la banque publique est montée au capital de 15 sociétés au premier semestre, pour 293 millions d’euros (+14%). Conclusion : « le risque de frilosité a disparu », reconnait aujourd’hui Jean-Paul Huchon, auprès d’Europe1. Toutes les régions sont-elles au même niveau ? Mais toutes les régions sont-elles aidées de la même manière ? Pas si sûr. « La BPI pourrait être un peu plus courageuse en Alsace », estime par exemple Philippe Richert, président UMP de la région, pour qui les agents de la BPI ont encore « un problème d’attitude ». « Ils ont un peu tendance à faire leur démarche en solitaire. Les décisions sont centralisées à Paris. Je suis président du conseil d’orientation de la BPI en Alsace, mais cette instance, censée donner la parole à la région, est vide de sens. C’est juste pour amuser la galerie », regrette Philippe Richer. Avant de nuancer : « ça ne se passe pas mal non plus. Au bout d’un moment, ils se rendent compte qu’on est là et qu’on a l’expérience, que la région accompagne déjà plus de 1.000 entreprises. C’est juste une perte de temps ».Jean-Paul Huchon reconnaît également que certaines régions sont privilégiées, surtout la sienne. « Nous sommes un partenaire permanent de la BPI. Un tiers de ses activités se fait en Île-de-France. En même temps, nous représentons 30% du PIB français ». Pour l’élu socialiste, « toutes les régions n’ont peut-être pas su bâtir les mêmes liens avec les prédécesseurs de la BPI (Oseo, FSI etc). L’Aquitaine, le Nord-Pas-de-Calais ou le Rhône-Alpes ont su s’équiper des bons services. Je ne suis pas sûr que les autres aient toutes aussi bien réussi ».© MaxPPP Le politique a-t-il trop de pouvoir ? Du côté de la BPI, on assure que toutes les régions sont traitées avec le même intérêt. Mais on assume également vouloir rester indépendant des élus. « Nous les écoutons, mais ils n’ont aucune influence sur la décision définitive », explique Antoine Boulay. Et pour cause : l’ingérence du politique dans les affaires des entreprises était l’une des principales inquiétudes liées à la BPI. Elle est encore, d’ailleurs, régulièrement ravivée par les ultralibéraux. « Il s’agit bien d’une nouvelle forme, plus pernicieuse, de nationalisation : [...] l’Etat s’immisce au capital d’une myriade de petites entreprises et des acteurs qui les financent. Ainsi, rien ne lui échappe », critiquait récemment Gaspard Koenig, président de Génération libre , dans une tribune dans les Echos . »Les politiques, l’État et les présidents de régions, nous donnent seulement la liste des courses : il faut investir dans l’écologie, l’industrie etc . Mais ils ne sont pas aux fourneaux », théorise Antoine Boulay. « Les entrepreneurs sont d’ailleurs nos meilleurs avocats. Des entreprises comme Sarenza, Withings, nous accueillent à leur capital. La fine fleur des entrepreneurs vient nous voir », renchérit-il.La BPI ne peut d’ailleurs pas être majoritaire au capital d’une entreprise, sauf dans les entreprises dites « stratégiques » (énergie, transport, Défense etc.). En clair, il n’y a aucun risque de « nationalisation ». En outre, des représentants du privé – le président de la CGPME, le dirigeant du CIC ou celui du Crédit mutuel de l’Est par exemple – siègent dans les instances de gouvernance de la banque publique.© MAXPPPPour preuve de l’indépendance de BpiFrance, Antoine Boulay donne d’ailleurs les exemples de Petroplus et de la SNCM. La socialiste Ségolène Royal, qui fut vice-présidente de la BPI jusqu’à son entrée au gouvernement, en avril dernier, a longtemps milité pour que la BPI entre au capital de ces deux entreprises en difficulté. Trop risqué, lui a répondu son président, Nicolas Dufourq. Et la BPI ne leur a pas donné un centime. « L’opposition avec Mme Royal a eu au moins un mérite : montrer aux entrepreneurs que M. Dufourcq est un homme à poigne, qui ne cède pas aux politiques », confie à Europe1 un observateur au fait de ces dossiers. La BPI va-t-elle financer les canards boiteux ? D’autres dossiers, en revanche, continuent de poser question. L’entrée au capital d’Altia, par exemple. « Le fiasco qui embarrasse la BPI » titrait ainsi le magazine Usine nouvelle en septembre dernier. La BPI a finalisé en 2012 une entrée au capital de cet équipementier, notamment au moment où il rachetait Caddie, le célèbre fabriquant de chariots de supermarché. En 2013, Arnaud Montebourg, alors ministre, brandissait même ce montage en exemple de sauvetage industriel. Mais cet été, Altia a été placée en redressement judiciaire et la BPI pourrait perdre jusqu’à 18 millions d’euros. « Banquier en dernier ressort, la BPI risque de se retrouver avec les plus mauvais dossiers en portefeuille », tacle à ce sujet l’économiste Michel Albouy.© MAXPPP »On peut penser qu’il y a eu mensonge sur les comptes d’Altia. Nous ne sommes qu’actionnaires minoritaires, et nous n’avons pas de droit d’investigation », se justifie Antoine Boulay, le porte-parole de la banque publique. « Il y a d’autres dossiers tout aussi difficiles. On a investi dans le groupe de distribution Sequana par exemple, et là le risque est plus important que pour Altia. Mais cela ne représente qu’une toute petite part de nos investissements. Il faut rappeler qu’au final, nous gagnons de l’argent », défend-il. La BPI a en effet réalisé un peu plus de 300 millions d’euros de bénéfices au premier semestre 2014. Et en 2013, les taux de rentabilité de ses diverses branches s’échelonnaient de 2 à 4%. N’y a-t-il pas un risque d’éparpillement ? L’un des derniers reproches que l’on pourrait faire à la BPI, c’est son large champ d’action. En investissant dans tous les secteurs, le risque est en effet qu’aucun secteur n’émerge réellement. »La France est pleine de richesse », se défend Antoine Boulay. « En Bretagne, par exemple, vous avez l’entreprise Sermeta, leader mondial dans les échangeurs thermiques de chaudière. La boîte marchait très bien mais leur actionnaire voulait se désengager. Sermeta voulait un fonds français pour le remplacer, un fonds qui ne s’enfuit pas au bout de quelques mois. Mais il n’y en avait pas d’assez grands pour financer seul ce type d’opération, alors on a mis 180 millions. On n’allait pas passer à côté de ça ». »Mais on se concentre tout de même sur trois domaines prometteurs », complète le porte-parole. « 40% de nos investissements en capital vont dans la biotechnologie, le digital et les écotechnologies. Nous y avons mis 750 millions d’euros en 2013, et on veut augmenter ce montant de 30% en 2014. Résultat : au dernier Consumer électronic show (le plus important salon consacré à l’innovation technologique en électronique ndlr), 40 start-up sur 200 étaient françaises ! »Sur ce point, la BPI a récemment été confortée par une étude du cabinet d’analyse Ernst&Young, qui classe la France deuxième en Europe en termes de financement de l’innovation. La France se situe ainsi juste derrière le Royaume-Uni et devant l’Allemagne.Pour répondre à tous ces doutes, le président de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone, avait annoncé en octobre 2013 la création prochaine d’une mission d’évaluation de la BPI. Selon nos informations, elle devrait être lancée fin octobre ou début novembre, et conduite par le député socialiste de la Côte-d’Or, Laurent Grandguillaume.

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Dans quel pays d’Europe risque-t-on le plus de…

Challenges

La France affiche toujours le plus haut taux de fraude à la carte bancaire d’Europe et c’est au Royaume-Uni que le montant des pertes liées à ces fraudes est le plus élevé. C’est la conclusion qu’on peut tirer d’une étude de Fico.S’appuyant sur les données du cabinet Euromonitor pour 2013, cet éditeur de logiciels financiers estime le préjudice a 1,55 milliard d’euros dans les 19 pays européens passés en revue (incluant la Russie).La France n’a subi qu’une légère augmentation de la fraude entre 2012 et 2013 (+1%) alors que le Royaume-Uni a vu le montant des pertes liées à la fraude bondir de 16%, pour atteindre 450 millions de livres, le niveau le plus élevé depuis 2008. »Après avoir été un précurseur au niveau mondial et européen des dispositifs antifraudes particulièrement efficaces comme la carte à puce et le code PIN, la France doit aujourd’hui lutter contre le vol d’identité qui représente 66% des pertes dues à la fraude en 2013″, note Fico.Le vol d’identité inclut à la fois l’utilisation frauduleuse de données personnelles et le piratage des comptes bancaires. Parmi les autres formes de fraude, l’étude tient compte notamment du vol ou de la perte de la carte et de la contrefaçon.Selon les données diffusées début juillet par l’Observatoire de la sécurité des cartes de paiement, le taux de fraude s’est élevé à 0,08% du montant des transactions effectuées en France pour un montant de pertes évalué à 469,9 millions d’euros.Les pertes liées à la fraude au Royaume-Uni et en France représentent 62% du total des pertes des 19 pays européens étudiés par Fico, ce qui est largement dû à la plus forte utilisation des cartes bancaires dans ces deux pays.(Avec AFP)Partager

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Argentine en faillite : ce que l’on…

Atlantico

La Cour suprême américaine avait confirmé en juin la condamnation de l’Argentine à rembourser 1,3 milliard de dollars à deux fonds spéculatifs alors que le pays était passé par deux accords de restructuration de dette en 2005 et 2010. La seule solution légale, selon les juges américains, pour échapper à cette obligation, était que le pays se déclare en défaut de paiement et ne rembourse donc plus aucun de ses créanciers. Les négociations entre le gouvernement argentin et les deux fonds vautours en question ayant échoué ce jeudi 31 juillet, le pays se retrouve effectivement en défaut de paiement.Atlantico : La décision de la justice américaine du mois de juin et l’échec des négociations de l’Argentine avec les fonds spéculatifs risquent de modifier les comportements. A quelles incertitudes les États, qui pourraient éventuellement se trouver dans la même situation que ce pays, pourraient-ils faire face ? Michel Ruimy : L’Histoire financière aurait-elle rattrapé l’Argentine ? En effet, treize ans après avoir connu des difficultés financières, ce pays, croyant s’être sauvé, se retrouve à la case départ. Une situation qui est, malgré tout, moins alarmante qu’en 2001. Remémorons-nous rapidement comment est-on arrivé là afin d’en tirer quelques enseignements.Après sa faillite en 2001, l’Argentine avait fini par trouver, entre 2005 et 2010, un accord avec une partie de ses créanciers privés, qui avaient accepté une remise de dette ( haircut ) d’environ 70%. Près de 90 milliards de dollars de dettes avaient été restructurés permettant à ce pays d’alléger son fardeau financier en étalant ses remboursements dans le temps. Mais deux fonds d’investissement américains, Eliott et Aurelius, qui avaient refusé cette renégociation, ont contesté cet accord et ont exigé le remboursement intégral de la valeur nominale de leur dette, majorée des intérêts. Ils ont obtenu gain de cause en 2013 auprès d’une Cour d’Appel de New York : l’Argentine avait été alors condamnée à payer.Mais, l’Argentine, fermement opposée à verser la somme de 1,33 milliard de dollars à ces fonds « vautours », avait adopté, dans un premier temps, une nouvelle stratégie en se disant prête à discuter à condition que l’injonction de payer les fonds soit suspendue tout en déposant, sur un compte bancaire à New York, 539 millions de dollars correspondant à l’échéance des intérêts des obligations dus au 30 juin. Elle arguait qu’elle était engagée dans une démarche de résolution de ses différents contentieux (Vivendi, Repsol, Club de Paris…). La Cour suprême américaine avait rejeté cette demande de délai de paiement le 16 juin notamment au motif qu’ » une telle requête n’était pas appropriée » . Le juge Thomas Griesa avait alors bloqué le paiement des intérêts et avait ordonné à l’Argentine de payer le montant dû aux fonds avant le 30 juin (ou 30 juillet en tenant compte du délai de grâce habituel) en vertu d’une clause, dite pari passu (égalité de traitement entre les créanciers). En d’autres termes, l’Argentine ne doit pas continuer à rembourser les créanciers qui avaient accepté les restructurations de dette sans indemniser préalablement les fonds. Le pays n’ayant pas effectué le versement de 539 millions de dollars au 30 juin, il a été déclaré en « défaut de paiement sélectif » sur sa dette par Standard & Poor’s, qui a dégradé sa note, la faisant passer de CCC – catégorie sélective – à SD – selective default.En fait, l’Argentine a, en théorie, la capacité de rembourser cette somme au regard de ses réserves de change (plus de 28 milliards de dollars). C’est pourquoi, son Président refuse de parler de défaut de paiement. Sa posture est idéologique : il n’est pas question de laisser les fonds spéculatifs amoindrir encore plus les États en difficultés, et « juridico-financière » : en effet, le gouvernement de Cristina Kirchner veut poursuivre les négociations avec les fonds spéculatifs jusqu’à la fin de l’année afin de ne régler la somme due qu’en 2015. Pourquoi en 2015 alors qu’il pourrait le faire dès aujourd’hui ? Parce qu’il craint que les créanciers qui ont accepté les restructurations de dette (93% du montant total de la dette pour laquelle l’Argentine s’était déclarée en cessation de paiement en 2001), ne réclament le même traitement que les fonds en vertu d’une clause qui interdit à l’Argentine de faire, jusqu’à fin 2014, une meilleure offre aux investisseurs qui n’ont pas accepté les décotes de 2005 et 2010.Par ailleurs, seule une solution rapide à cette crise permettrait à l’Argentine de limiter l’impact sur son économie. A contrario, elle pourrait devoir rembourser, au total, plusieurs dizaines de milliards d’euros. Un effort très important pour ce pays qui n’a plus le droit de se financer sur les marchés internationaux depuis 2001, à la situation économique nettement dégradée depuis quelques années : hyperinflation, dépréciation du peso argentin, récession… En cas de « défaut prolongé », elle risque, en particulier, de subir la hausse du coût de ses emprunts, la réduction probable de ses lignes de crédit ouvertes par les banques commerciales, des sorties importantes de capitaux et un tarissement des investissements directs étrangers tandis que le prix des actifs augmenterait vraisemblablement. Enfin, elle pourrait être contrainte de se tourner vers le FMI.Ainsi, la décision de la Cour suprême, que plusieurs chefs de gouvernement ont critiquée, risque de créer une jurisprudence car elle autoriserait, in fine, les créanciers privés à exiger des pays en pareille situation, des montants importants en appliquant des taux d’intérêt très élevés. Encouragés par cette décision, une partie des créanciers, qui ont accepté les accords de renégociation, pourraient être tentés de s’en désolidariser pour récupérer leur mise. Enfin, elle ouvre la possibilité pour les créanciers de refuser, à l’avenir, tout compromis avec les Etats en difficulté afin de récupérer l’intégralité de leur dû. En juin, le FMI a publié un rapport proposant de créer une « zone intermédiaire », à mi-chemin entre l’insolvabilité et les problèmes temporaires de balance des paiements (voir ici). La dette du pays ne serait pas restructurée mais « redéfinie ». En quoi cela consisterait-il concrètement ? Le FMI a engagé, il y a 1 an, une réflexion afin de mieux gérer les futures crises de dette souveraine. La solution préconisée consiste, lorsqu’un pays a perdu l’accès au marché financier et que sa dette est considérée comme soutenable mais avec un certain degré d’incertitude, en l’allongement, assez mineur, de la maturité des titres de dette détenus par les investisseurs sans modifier les intérêts ou le montant remboursé. Il y aurait, alors, une perte limitée en valeur actualisée.Une telle procédure ne serait déclenchée que si les créanciers sont d’accord. Ce serait ainsi une approche « au cas par cas ». Selon l’institution, les investisseurs y verront leur intérêt dans la mesure où leur effort permettra d’éviter un scénario plus dramatique qui pourrait prendre la forme d’un véritable défaut de paiement. De plus, cette démarche permettrait d’éviter une flambée systématique des taux d’emprunt d’un pays ou des fuites massives de capitaux. Afin de rassurer la communauté financière, le FMI s’engage, par ailleurs, à mieux partager ses informations et à être plus transparent lorsqu’il établit son « analyse de soutenabilité de la dette » qui sert de déclencheur aux programmes du Fonds.Cette piste de réflexion est encore soumise à consultation. Elle devrait être complétée par un autre rapport portant sur des aspects contractuels (clauses d’action collective).Electoralement parlant, il n’est jamais bon de faire partie du gouvernement sous lequel le pays a été déclaré en défaut de paiement de la dette. En quoi, cette solution intermédiaire permettrait-elle d’inciter davantage les États concernés à prendre les mesures nécessaires avant de se retrouver au pied du mur ?Les fonds vautours ont une conviction : celle qu’une pression externe peut conduire à une meilleure gestion du pays. Plutôt que cette vision, il convient, devant le niveau de l’endettement public atteint par certains pays, d’exiger des gouvernements d’avoir la vision – et des populations, le courage de dire « cela suffit » – d’emprunter de nouveaux chemins afin de recouvrer une situation économique honorable. Je reprendrais l’idée développée par R obert Frost, un poète américain, dans The Road Not Taken  :  » Deux routes divergeaient dans un bois, Et moi, j’ai pris celle par laquelle on voyage le moins souvent, Et c’est cela qui a tout changé « . J’espère que la proposition du FMI s’inscrit dans la trace de cette « terre inconnue ».Les crises de la dette argentine (2001) et grecque (2010) auraient-elles ainsi pu être évitées ?Vaste question qui soulève de nombreuses réflexions ! Rappelons que la Grèce a procédé, en mars 2012, à la plus importante restructuration de dette de l’Histoire économique et financière (206 milliards d’euros). Près de 85% de ses créanciers privés ont accepté d’effacer 53% de la valeur de leurs titres. Pour les investisseurs, cette opération a ainsi garantit des remboursements qu’un défaut aurait interrompu. Quelques années plus tôt, l’Argentine avait agi de la même sorte.Le dispositif du FMI vise à rassurer les investisseurs. Mais je vais tenter de répondre de manière globale et non spécifique. L’allongement de la maturité nécessite de dégager une capacité plus longue à rembourser via une croissance soutenue. Or, sortir par le haut avec plus de croissance signifie notamment aujourd’hui engager de profondes réformes structurelles… qui mettraient 6 à 7 ans avant de produire leurs effets. Ainsi, on ne veut/peut pas laisser l’endettement des pays progresser encore mais le résultat des mesures d’austérité prises par les États pour réduire leur déficit budgétaire et freiner la spirale de leur dette conduit à un ralentissement économique ! Cette situation nécessite de reconsidérer le calendrier de cet assainissement car ces pays ne pourront pas subir 10 ans d’austérité. Certes, des pays ont pourtant réussi ce genre de politique mais ils ont pu s’appuyer, en particulier, sur une dépréciation du taux de change de leur monnaie qui soutenait leurs exportations. Ainsi, la politique monétaire doit être en phase avec les efforts budgétaires des pays en difficulté. Une façon de s’en sortir serait d’effacer une partie de la dette des pays concernés pour relâcher la contrainte budgétaire qui pèse sur les nations endettées.

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Faillite de C3 Consultants, principal cabinet…

Le Monde

Après plusieurs mois de graves difficultés, la totalité des entités du principal opérateur privé de placement (OPP) de chômeurs officiant pour Pôle emploi, C3 Consultants, ont été placées mercredi 9 juillet en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Nantes. Les autres filiales du groupe, placées en cessation de paiement lundi, rejoignent donc le navire amiral, C3 Atlantique, qui avait été placé en redressement en février. >> Lire : Le cabinet C3 Consultants au bord du gouffre « Le tribunal a pris la décision qu’il aurait dû prendre depuis cinq mois, cette perte de temps a entraîné une dégradation incroyable de la trésorerie » , estime Pascal Bioret, délégué CFDT de C3 Atlantique. Les salaires du mois de juin n’ont pas été versés et un audit financier réalisé pour le compte de la société de conseil Magellan, sollicitée par la direction, prévoit des pertes de 6,6 millions d’euros pour 2014. Lors de l’audience, le procureur de Nantes a par ailleurs demandé au tribunal de commerce que Thierry Frère, le patron du groupe mis en cause dans deux enquêtes judiciaires, soit écarté de la gestion de l’entreprise. La décision sur ce point doit être rendue le 16 juillet. L’IGAS ETRILLE LE MARCHE Avec près de 600 salariés, C3 se présente comme le leader du suivi privé de chômeurs, avec 125 000 demandeurs d’emploi suivi par ses soins en 2013. Mais cette année a aussi été un gouffre financier pour l’entreprise, qui a dû faire face à des sanctions de l’Etat en raison de soupçons de fraudes sur ses activités en Seine-Saint-Denis. Une enquête pour « détournements de fonds publics, faux et usage de faux » est ouverte au parquet de Bobigny. La société, chargée de suivre et de placer des jeunes de quartiers en difficultés dans le cadre de « contrats d’autonomie » – une mesure du plan « Espoirs banlieues » lancé sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy -, est suspectée d’avoir produit des faux contrats de travail pour facturer à l’Etat de prétendues « sorties positives » vers l’emploi de ces jeunes en Seine-Saint-Denis. >> Lire : Soupçons de fraude sur les contrats aidés en Seine-Saint-Denis et Arnaque aux contrats aidés : à Tremblay, Namia et Lena témoignent Ce dossier s’était soldé par un accord amiable avec l’Etat en novembre 2013. Or cet accord est vertement critiqué dans un rapport définitif de l’inspection générale des affaires sociales (IGAS) sur ce marché rendu en avril 2014 et que Le Monde s’est procuré. « Par ses carences en défaut de contrôle interne et de management, la mission considère que C3 Consultants n’a pas assuré une prestation conforme à l’objet et aux objectifs du marché » , étrille l’IGAS, en estimant que plus de 63 % des 1 132 contrats d’autonomie contrôlés ont fait l’objet d’irrégularités et de falsifications. « Les anomalies et irrégularités constatées ont un caractère systémique » et une « importance exceptionnelle » , juge les rapporteurs.L’IGAS estime que la sanction aurait dû être bien plus lourde, en plus d’avoir plaidé en juillet 2013 pour un arrêt immédiat du marché. A l’issue de cet accord amiable, l’Etat a en effet bien appliqué une réfaction de 1,9 million pour les dossiers contestés, mais il a versé le solde des factures en attente, soit 2,3 millions. L’IGAS estime au contraire que l’Etat n’aurait rien dû verser et plutôt dû récupérer plus de 500 000 euros. Emanuelle Wargon, la déléguée générale à l’emploi et à la formation professionnelle (DGEFP) qui a piloté le dossier au nom de l’Etat, conteste ce chiffre dans sa réponse au rapport en assurant que ses services ont mené « un long travail rigoureux de vérification des dossiers mis en cause » et que cette transaction n’est pas « plus favorable pour l’opérateur, mais plus exacte » . AVANCE DE POLE EMPLOI Reste que ce soutien jusqu’ici indéfectible de Pôle emploi et de l’Etat à C3 et à son patron Thierry Frère interroge nombre d’acteurs. Pôle emploi a en effet versé en février une avance sur marché de 3,5 millions pour éviter l’arrêt immédiat des activités. Ce type d’ « avance de trésorerie n’a à notre connaissance jamais été le cas pour d’autres opérateurs dans des situations similaires « , dénonce Gérard Brédy, président du syndicat des organismes de formation de l’économie sociale. L’opérateur avait alors justifié cette avance par la crainte que des dizaines de milliers de chômeurs se retrouvent sans aucun suivi. Une éventualité qui risque pourtant de se concrétiser de toute façon si C3 doit fermer dans les prochaines semaines. Interrogés en marge de la conférence sociale, ni le directeur de Pôle emploi, ni le directeur de cabinet de François Rebsamen, le ministre du travail et de l’emploi, n’ont souhaité répondre aux questions du Monde .C3 Consultants fait par ailleurs l’objet d’une autre enquête menée par le parquet de Nantes sur des soupçons d’abus de biens sociaux de Thierry Frère. Placé en garde à vue en mai, il est soupçonné d’avoir fait faire des travaux dans son domicile aux frais de la société. La justice s’interroge également sur le financement du club de basket féminin qu’il présidait jusqu’au printemps. 1,9 million d’euros ont été versés par C3 à ce club entre 2010 et 2013, un montant qualifié d’ « d’excessif » par l’administrateur judiciaire . Il faut rappeler que l’immense partie du chiffre d’affaires de C3 est issu de fonds publics. MARCHE MALADE De son côté, Thierry Frère estime, dans un communiqué envoyé à la presse mercredi, que ce qu’il qualifie de « retard de paiement de la DGEFP » et de « campagne de dénigrement médiatique » sont responsables de la faillite de son entreprise. « Comment convaincre des banquiers, des investisseurs lorsque, chaque semaine, de nombreux articles salissent l’image de l’entreprise ? » , s’interroge-t-il.Hasard du calendrier, C3 fait faillite alors que la Cour des comptes rend un rapport sévère sur le recours au privé par Pôle emploi. La « gestion principalement administrative » des marchés « n’a pas permis d’engager des expérimentations novatrices » et la « faiblesse et l’irrégularité des flux de demandeurs d’emploi » orientés vers les prestataires privés « ont contribué à mettre en péril (…) certaines prestations, et parfois l’existence même des opérateurs » , observe-t-elle. 12 des 23 principaux opérateurs présentent ainsi des risques de défaillance « élevés » ou « très élevés » . C3 Consultants n’est que le plus grave symptôme d’un marché décidément bien malade.Signaler ce contenu comme inappropriéÀ propos de Jean-Baptiste ChastandJournaliste au Monde depuis 2009, je m’occupe des questions d’emploi et de social au sein du service politique depuis septembre 2011. Auparavant, je travaillais sur les desks du site Internet. Passé du « web » au « bimédia », du HTML au PLFSS, je n’en garde pas moins un attachement pour tout ce qui se rapproche de près ou de loin du journalisme en ligne.

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Les impayés de salaires atteignent un nouveau…

Free

Les cessations de paiements se sont encore accrues en France de 3,4% au premier trimestre 2014. Les avances effectuées par le régime de garantie ont atteint 2,21 milliards d’euros. Les avances effectuées par le régime de garantie des salaires s’élévaient à 2,21 milliards d’euros à la fin du premier trimestre 2014: un nouveau record, s’alarme l’organisme gestionnaire dans son bulletin trimestriel. Pourtant, fin 2013, les impayés de salaires avaient déjà atteint un montant supérieur au pic de 2009: 2,19 milliards d’euros.L’Association pour la gestion du régime de Garantie des créances des Salariés (AGS) souligne:> « Après une année 2013 très destructrice d’entreprises, le début 2014 marque une nouvelle hausse des défaillances ».Presque 17.000 procédures de défaillances> Selon le cabinet Altares, « le nombre de cessations des paiements s’est accru de 3,4% au premier trimestre 2014 pour se situer à un niveau analogue à celui relevé au 1er trimestre 2009 et menacer directement plus de 60.000 emplois », rappelle l’AGS.Au premier trimestre, 16.858 procédures de défaillances (sauvegarde, redressement judiciaire ou liquidation judiciaires) ont été prononcées, selon Altares.292.000 salariés concernésSur douze mois, le montant couvert par l’AGS (organisme patronal financé par les entreprises, qui avance le paiement des salaires et indemnités pour celles en difficulté) a augmenté de 7,5%. Entre le 1er avril 2013 et le 31 mars 2014, le nombre de salariés concernés a augmenté de 4,3%, atteignant près de 292.000 bénéficiaires.De janvier à décembre 2013, le nombre de dossiers ouverts par l’AGS a augmenté de 3,3%  précise le bulletin. En décembre, le conseil d’ad…… lire la suite et commenter sur La Tribune

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Cyberattaques: un nouveau marché prometteur…

L’express

La dernière attaque visant les serveurs d’Orange, qui a permis à des cybercriminels de dérober les données personnelles de 1,3 million de clients de l’opérateur, est le dernier avatar d’une menace de plus en plus tangible pour les entreprises et les consommateurs. Une menace qui peut coûter très cher. Du vol de données à la destruction d’une partie du système d’information, en passant par la paralysie d’un site web, les cyberattaques représentent un risque qui est à présent chiffré. D’après les données de l’institut Ponemon, qui se base sur plus de 300 entreprises interrogées dans 10 pays, le coût moyen d’une fuite de données personnelles (qu’elle soit liée à une cyberattaque, une panne ou une erreur humaine) est en augmentation de 15% en 2014, à 3,5 millions de dollars. Pour se protéger, les entreprises ont désormais accès à des assurances spécialisées. Mais en France, même si le marché évolue rapidement, il en est encore à ses balbutiements.  La France en retardEn France, le marché de l’assurance contre le cyber-risque a commencé à bouger il y a environ deux ans. Aujourd’hui, tous les grands assureurs proposent des contrats, excepté les mutualistes. Certains, comme XL Group, Hiscox ou Zurich, disposent d’offres adaptées aux PME. Mais la demande n’est pas encore au rendez-vous. Une faible proportion d’entreprises aurait sauté le pas, y compris au sein du CAC 40, nous indique Luc Vignancour, directeur adjoint au département risques financiers et risques spéciaux au sein du courtier Marsh. Ce dernier estime la capacité financière totale du marché (le montant total de garantie disponible) entre 250 et 300 millions d’euros. Soit un montant environ deux fois supérieur à celui de l’assurance décennale (pour , par exemple.  Aux Etats-Unis, un des marchés les plus avancés en la matière – il représentait un milliard de dollars en 2012-2013 – avec le Royaume-Uni, un peu plus de 30% des entreprises auraient déjà souscrit une police de cyber-risque, selon le cabinet spécialisé en gestion du risque Experian, et 2% des pertes liées à la cybercriminalité seraient couvertes. Une différence qui s’explique notamment par des contraintes réglementaires plus strictes (obligation de notification des fuites, pénalités financières…), et par le fait que les assureurs ont sorti les garanties « cyber-risque » de leurs contrats traditionnels. Sensibilisation La situation en France, et en Europe, devrait cependant changer rapidement. Allianz s’attend à que ce le marché atteigne 700 à 900 millions d’euros en Europe en 2018, sous l’impulsion notamment du nouveau règlement européen sur les données personnelles, qui imposera à tous de nouvelles obligations à partir de 2015 en matière de notifications aux clients. Pour l’instant, seuls les opérateurs télécoms sont soumis à cette obligation. Dans l’Hexagone, la loi de programmation militaire votée en 2013, dont les décrets d’application sont attendus cette année, renforce également les obligations de sécurité pour les « opérateurs d’importance vitale » (OIV), des entreprises à caractère stratégique en termes économique ou de sécurité (télécoms, énergie, services financiers, industries…).  D’autres facteurs poussent les entreprises à réfléchir sérieusement à la meilleure manière de gérer le risque financier lié aux attaques informatiques. C’est le cas de l’essor du stockage des données dans le cloud et de l’externalisation de ce stockage (qui n’en transfère pas la responsabilité au sous-traitant). Tous les secteurs sont concernés.  145 dollars la donnée fuitéeCertaines cyberattaques ont également marqué les esprits, comme le programme malveillant Stuxnet, et les intrusions chez Sony ou Target. Le vol de données chez Sony lui aurait coûté au moins 1 milliard de dollars en tout. Les dommages pour Target, le distributeur américain, qui a fait l’objet fin 2013 d’un vol de données touchant 110 millions de clients, dont 40 millions de coordonnées bancaires, sont estimés à plusieurs milliards de dollars. Au total, les experts estiment que les dommages liés au cyber-risque seraient aujourd’hui plus élevés que les dommages causés par le risque climatique. En moyenne, selon Ponemon, le coût total d’une fuite de données reviendrait à 145 dollars par donnée. Parmi les coûts indirects à prendre en compte : l’impact sur la réputation de l’entreprise. Les Français y seraient particulièrement sensibles. L’institut indique en effet que c’est en France et en Italie que les départs de clients seraient les plus importants après une fuite de données personnelles rendue publique. Le contexte est donc propice à la prise de conscience. Le baromètre des risques de l’assureur Allianz montre ainsi que les cyber-risques ont fortement progressé dans les préoccupations des entreprises européennes. Une offre complète et relativement chèreLes assurances contre le cyber-risque proposent aujourd’hui des garanties en mesure de couvrir tous les aspects du risque informatique : responsabilité civile, pertes d’exploitation, coûts de l’intervention technique interne ou externe, dommages-intérêts dus aux clients, frais de notification, gestion de la communication de crise, etc., causés par un acte malveillant, une erreur ou un accident. Seule cause exclue des garanties : le terrorisme. Mais qu’est-ce qui relèverait du cyber-terrorisme pour une assurance ? La question ne s’est encore jamais posée.  Certains assureurs ont une approche globale de la cybersécurité, comme Axa, qui a lancé son contrat en octobre 2013 mais propose depuis deux ans une offre de conseil en gestion du risque « cyber », en partenariat avec Cassidian. L’objectif est de proposer une cartographie globale du risque, et de l’accompagner d’un conseil en amont portant sur la réduction du risque. Ce qui permet à l’assureur de rendre le risque plus assurable, et de construire des offres sur-mesure. Un risque difficile à chiffrerL’évaluation du risque se révèle être la principale difficulté pour les entreprises. « C’est surtout dans ce domaine que les entreprises françaises ont une marge de progrès », explique François Beaume, président de la commission systèmes d’information à l’AMRAE et risk manager dans une entreprise industrielle. « On mesure difficilement l’impact global immédiat et durable sur la marque. De ce fait la formalisation du besoin de couverture assurantielle nécessite une analyse transversale, comme pour les autres risques, mais se révèle souvent plus complexe. » Pour les assureurs aussi, le risque est difficile à évaluer, en raison de l’absence de données historiques, des interconnexions entre les systèmes, du caractère non délimité géographiquement du risque, et de l’évolution constante des technologies. C’est une des raisons pour lesquelles ces assurances coûtent plus cher que la couverture des risques traditionnels : de l’ordre de 1% du montant garanti, alors qu’habituellement les ratios s’expriment en pour mille (en ?). « Les entreprises du SBF 120 souscrivent des montants garantis d’au moins 15 millions d’euros, tandis que sur le middle market, ils tournent entre 5 et 15 millions », précise Luc Vignancour. Ce qui donne une idée des primes annuelles.  Les entreprises ne communiquent pas sur leur stratégie prudentielle en matière de cybersécurité. Mais on sait que plusieurs acteurs basées en France ont déjà fait jouer leur garantie pour un risque couvert par ces contrats.   

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ASIE o Salaire minimum : les ouvriers…

Courrier International

En Asie du Sud-Est, la compétitivité de l’industrie textile repose sur des salaires de misère. Mais, sous la pression des travailleurs, gouvernements et entreprises doivent lâcher du lest. – Extrait de notre dossier « Salaire minimum, un combat mondial » Les revendications salariales sont généralement soutenues par des grèves et des manifestations, qui aboutissent avec un peu de chance à un accord. Mais il est rare que les manifestants finissent par jeter des pierres et des cocktails Molotov sur des forces de sécurité qui les menacent avec des armes à feu. C’est malheureusement ce qui s’est produit début janvier au Cambodge, lorsque le gouvernement a annoncé la revalorisation du salaire minimum [du secteur textile] à 100 dollars [72 euros] par mois – un montant inférieur de 60 dollars à ce que revendiquaient les travailleurs. Cinq manifestants ont été tués par balle et 40 autres ont été blessés. Au Cambodge, toute hausse des salaires revêt une importance considérable pour le secteur de la confection. Les produits fabriqués pour de grandes marques comme Adidas, C & A, H & M, Esprit, Nike, Puma, Primark ou Walmart représentent 85 % des exportations du royaume, et le secteur génère 5 milliards de dollars [3,6 milliards d'euros] de chiffre d’affaires par an. Pour les entrepreneurs, une hausse des salaires entraîne une baisse des bénéfices. De son côté, le gouvernement risque une délocalisation des usines du jour au lendemain – ou de nouvelles émeutes si les demandes des travailleurs ne sont pas entendues. « Certains pays peuvent avoir peur d’augmenter le salaire minimum par crainte de perdre des emplois et des investissements », explique Paul Collins, de l’ONG britannique War on Want. « Par exemple, dans le secteur de l’habillement, le gouvernement cambodgien redoute sûrement que les entreprises déplacent leurs activités au Bangladesh, où les salaires sont inférieurs, et le gouvernement du Bangladesh craint sûrement que ces mêmes entreprises se délocalisent à nouveau dans des pays encore moins chers, comme la Birmanie ou l’Ethiopie. » Pourtant, Paul Collins n’est guère convaincu par l’argument des employeurs et des dirigeants politiques . « Nombre d’entreprises menacent d’aller ailleurs en raison des coûts salariaux, mais les salaires représentent en fait un pourcentage très réduit du prix final d’un vêtement », constate-t-il. L’exemple chinois. En réalité, beaucoup d’autres facteurs entrent en jeu, comme le nombre d’ateliers de confection que compte un pays, le niveau de qualification de la main-d’oeuvre et la sûreté des voies d’approvisionnement. « La Chine en est la preuve : elle reste un grand pays exportateur malgré des coûts salariaux relativement élevés par rapport à d’autres pays en Asie du Sud-Est », ajoute Paul Collins. Toutefois, c’est pour les travailleurs que l’enjeu est le plus important. Il s’agit essentiellement de jeunes femmes qui quittent leur province natale pour assembler à longueur de journée des produits destinés au marché étranger. Selon une étude réalisée en 2012 par le collectif Labour Behind the Label et l’association cambodgienne Community Legal Education Centre, les ouvrières gagnent environ 82 dollars [59 euros] par mois. Pour pouvoir envoyer de l’argent à leur famille tout en couvrant leurs propres dépenses quotidiennes comme la nourriture et le loyer, elles doivent effectuer un nombre considérable d’heures supplémentaires. Selon une enquête publiée en 2013 par Labour Behind the Label, 33 % des travailleurs du textile sont en sous-poids [et risquent des carences nutritionnelles]. En d’autres termes, ils se privent pour leurs familles. Depuis quelques années, des évanouissements en masse se produisent au Cambodge – il est arrivé que 250 personnes perdent connaissance dans une seule usine. Ces malaises, que les ouvriers attribuent à des esprits, peuvent être dus à une mauvaise ventilation, à une hystérie collective, aux produits chimiques utilisés et certainement à la malnutrition (ou à l’association de tous ces facteurs). Une notion hétérogène. La Déclaration universelle des droits de l’homme [complétée par les conventions de l'Organisation internationale du travail] permet de définir le salaire minimum décent : les salaires et allocations versés pour une semaine de travail standard correspondent, au minimum, aux normes nationales légales ou aux normes industrielles de référence, et ils doivent toujours être suffisants pour répondre aux besoins de base des travailleurs et de leurs familles, et apporter en outre un revenu discrétionnaire. En Asie du Sud-Est, cette notion est hétérogène et recouvre de multiples politiques et pratiques. Dans certains pays, la loi garantit un seuil. La Malaisie a ainsi mis en place un montant de référence national au début de l’année 2013, établissant le salaire minimum à 290 dollars [210 euros] par mois. Dans d’autres pays, ce sont les autorités locales qui sont responsables de cette décision, comme en Indonésie, où cela relève des gouvernements provinciaux [voir CI n° 1154, du 13 décembre 2012]. Dans les pays où le marché du travail est relativement compétitif, les employeurs peuvent se permettre de verser des salaires élevés aux meilleurs talents et le salaire minimum n’est alors pas indispensable. Mais, lorsque le marché du travail est fermé et qu’il est confronté à des problèmes de formation, de productivité et de qualifications, le salaire minimum contribue à faire en sorte que les travailleurs puissent subvenir à leurs besoins fondamentaux. « Le salaire minimum doit être perçu comme celui qui permet à une personne d’avoir un emploi, puis d’en obtenir un autre plus qualifié et à plus forte valeur ajoutée », résume Sandra D’Amico, directrice générale de la branche cambodgienne d’HRINC [cabinet-conseil en ressources humaines] et vice-présidente de la Fédération cambodgienne des employeurs et des associations patronales (Camfeba). « Personne ne devrait toucher le salaire minimum toute sa vie. Par ailleurs, celui-ci contribue à assurer un niveau de vie décent et à éviter l’exploitation de la main-d’oeuvre en général, et des travailleurs peu éduqués en particulier. » Stabilité sociale. Fixer un seuil présente d’autres avantages, affirme Chris Devonshire-Ellis, fondateur et associé du cabinet-conseil Dezan Shira & Associates, spécialisé dans les investissements directs étrangers. Selon lui, « les lois sur le salaire minimum [...] apportent également une certaine stabilité et un cadre réglementaire à des marchés du travail qui sans cela risqueraient de devenir chaotiques, surtout dans les pays densément peuplés ». Toutefois, réclamer un salaire minimum pour tous ne suffit pas. Les Etats doivent aussi aider leur population à accéder à de meilleurs emplois. « Il est illogique de ne voir le salaire minimum que comme une donnée isolée, ajoute Sandra D’Amico. Les syndicats, notamment, doivent jouer un rôle plus important dans la promotion de l’éducation, du renforcement des compétences et des nouveaux secteurs, afin d’aider les travailleurs à gravir les échelons et à ne pas rester bloqués dans un emploi au salaire minimum. » Selon une étude récente de HRINC, au Cambodge 60 % des travailleurs âgés de 15 ans ou plus sont dans le secteur informel, c’est-à-dire qu’ils exercent un emploi non agricole qui n’est pas enregistré auprès d’un ministère ou d’une quelconque autorité. De plus, 12,5 % de la population n’a jamais été scolarisée et 4 % seulement a un diplôme universitaire. La stratégie chinoise est souvent érigée en exemple. Dans ce pays, les dispositions du droit du travail sont précises et le salaire minimum est augmenté de 15 à 20 % tous les ans. L’objectif de la Chine n’est toutefois pas le même que celui de pays moins développés comme le Cambodge ou la Birmanie. Pékin souhaite créer une classe moyenne nationale ayant les moyens de consommer, pour s’éloigner d’un modèle économique fondé sur les exportations. « Le problème est que cela entraîne une augmentation de tous les salaires, et pas seulement des plus faibles, note Chris Devonshire-Ellis , ce qui engendre des pressions inflationnistes. » Dans une perspective globale et à long terme, le consultant est optimiste quant au sort des travailleurs dans la région. « L’Asie fait des progrès, assure-t-il. Il reste beaucoup à faire et cela prendra du temps, mais les problèmes liés au mauvais traitement de la main-d’oeuvre sont gérés de façon systématique. Il faut créer de la richesse avant de pouvoir distribuer plus d’argent, et c’est ce que font tous les pays asiatiques, à l’exception de la Corée du Nord. » –Daniel Besant Publié le 1er mars 2014 sur Southeast Asia Globe (extraits) Phnom Penh

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Demain tous vieux, pauvres et malades ?…

Atlantico

Pour répondre à l’augmentation des besoins de prise en charge, induits par la consommation de soins de longue durée pouvant atteindre jusqu’à plusieurs dizaines de milliers d’euros, la majorité des personnes ne dispose pas de couverture assurance-dépendance. Dans ce domaine, il y a encore beaucoup à faire. Ce risque est estimé à 25 milliards d’euros par an aujourd’hui, il sera de 30 milliards d’euros en 2030. Nous avons vu que seulement 1,5 million de Français seront concernés par ce contrat spécifique dépendance.Pourquoi cette faible mobilisation des assurés à se couvrir face à ce risque pourtant bien réel ?Le cabinet d’expertise Exton Consulting a interrogé 1 500 souscripteurs d’assurances-dépendances et les groupes d’assurance comme AG2R La Mondiale, Groupama, La Banque postale, Malakoff Médéric, Natixis Assurances et Prévoir pour analyser et comprendre pourquoi les personnes couvertes contre ce risque ont opté pour cette démarche. Ce type d’assurances est essentiellement souscrit par les classes moyennes ou les classes moyennes inférieures avec une surreprésentation des employés. « Les catégories socioprofessionnelles supérieures font quant à elles de l’auto- assurance en puisant dans leur patrimoine 1 », explique Bertrand Lauzeral de chez Exton consulting. Leurs motivations pour s’équiper sont principalement le maintien à domicile le plus longtemps possible, le fait de ne pas constituer une charge financière pour [leurs] proches ou l’inquiétude sur [leur] capacité financière à faire face à une perte d’autonomie. [...] Les critères de choix des assurés se font sur la possibilité d’être couverts en cas de dépendance partielle [...] ou sur la possibilité de recourir à des services après l’entrée en dépendance. [...] Un des freins à la souscription consiste dans le fait qu’il est très difficile de comparer les produits et que les gens ont aussi conscience que ce qu’ils vont acheter ne couvrira pas la totalité de leurs besoins 1 », conclut Bertrand Lauzeral.La revue Que choisir argent a publié en octobre 2010 une étude comparative d’une douzaine d’offres d’assurances- dépendances (AG2R La Mondiale, CNP assurances, Groupama, etc.) et a montré clairement les disparités, dues à la complexité du produit, que certaines formules de prévoyance classique sont à fonds perdus, que d’autres consistent en options associées à une assurance-vie classique, que la définition et l’étendue des garanties peuvent être différentes (dépendance totale et/ou partielle) ; enfin les conditions de déclenchement de l’indemnisation varient selon les contrats avec pour certains des délais de carence ou des franchises. Bref, on est encore loin de l’harmonisation en matière d’assurance-dépendance et l’assuré peine à avoir une vue d’ensemble et donc à choisir en bonne connaissance de cause.Ainsi le débat à venir devra poser les questions essentielles : la dépendance est-elle assurable ? L’assurance- dépendance doit-elle être obligatoire ou facultative ? Faut-il choisir les assurances privées ? Est-ce à l’État de collecter les fonds pour son financement ? Devant l’ampleur et la complexité de ce financement, est-il seulement possible ? Peut-on trouver un équilibre entre action publique et participation privée ?En France, on en est encore au stade de la réflexion alors qu’en Allemagne, depuis 1995, le modèle d’assurance- dépendance, appelée assurance de soins longue durée, est universel, obligatoire et unique. Les Allemands ont créé le cinquième risque, la cinquième branche de l’assurance maladie. Ce sont les citoyens qui cotisent contre la dépendance et le système est basé sur la répartition.On le sait, la dépendance va coûter de plus en plus cher et nous devons savoir si nous voulons un système d’assu- rance de type Sécurité sociale avec cotisations sociales ou si nous préférons conserver notre système de solidarité fis- cale. Dans la première hypothèse, cela pourrait affecter la compétitivité des entreprises dans la seconde, cela alourdi- rait la charge fiscaleL’autre solution est d’encourager l’assurance-dépendance privée, basée sur une logique de capitalisation. Quel rôle peuvent jouer les compagnies d’assurance privées ?Les assureurs veulent situer leur intervention indépen- damment des aides publiques. Ils agissent aux stades avancés du processus de dépendance ; actuellement, la plu- part des plans d’assurances proposés aux clients optent pour des seuils d’accès à la rente très rigoureux. En général, après avoir cotisé un certain nombre d’années, la personne âgée doit être considérée en incapacité complète pour 3 actes sur 4 de la vie quotidienne (faire sa toilette,s’habiller, et se déplacer du lit au fauteuil) afin de bénéficier d’une rente. À ce stade, la durée de survie estimée est de 2 années si ce n’est moins lorsqu’une détonation intellec- tuelle est à déplorer. Le plus souvent aussi, il y a une franchise de 3 à 6 mois avant le premier versement.Les critères des assurances privées sont beaucoup plus stricts que les critères publics. L’assurance privée intervient en pratique, 2 années après les institutions publiques. En définitive, l’usager d’une assurance privée perçoit souvent à un stade tardif une rente d’un montant négligeable par rap- port à son investissement. Selon la Fédération française des sociétés d’assurances, les cotisations actuelles d’assurances- dépendances sont estimées annuellement entre 500 et 600 millions d’euros et le montant total des rentes versées se situe, lui, entre 100 et 150 millions d’euros. L’assurance- dépendance s’assure une profitabilité non négligeable 1.Dès lors, on est en droit de se demander si les assurances- dépendances sont fiables et si le citoyen qui conclut un tel contrat est suffisamment éclairé. Prenons un exemple : un homme de 60 ans, soucieux de ses vieux jours, se voit pro- poser une assurance-dépendance pour lui éviter d’être à la charge de ses enfants et petits-enfants. Cette assurance cou- vrira le coût d’une aide pour sa toilette, son habillement, son passage du lit au fauteuil et son alimentation. Vingt-cinq années plus tard, cet homme de 85 ans n’est plus en mesure de faire ses courses, ni de prendre sa douche ou son bain seul, mais peut encore se déplacer avec un déambula- teur dans son appartement et manger seul. Il pense être en droit de toucher désormais la rente mensuelle prévue. Mais le versement de cette dernière lui est refusé, après l’exper- tise d’un médecin de l’assurance, parce qu’il ne souffre pas d’une incapacité totale (c’est-à-dire pour 3 sur 4 des actes de la vie quotidienne considérés) et que son état s’étant détérioré récemment ne peut être considéré comme stabi- lisé. Il se rend compte alors que le contrat qu’il a souscrit ne correspond pas à ce qu’il espérait ; la déception est grande.Le rapport du groupe technique « Assurance », attaché au groupe de travail ministériel animé par Bertrand Frago- nard, intitulé « Stratégie pour la couverture de la dépendance des personnes âgées » et présenté en juin 2011, analyse la place de l’assurance privée en France. Ses conclusions ne sont pas flatteuses : « des contrats qui man- quent de transparence et présentent une protection insuffisante des intérêts du souscripteur, des cotisations très variables et des rentes qui ne le sont pas moins, des méthodes de revalori- sation peu explicites 1 ». Pour la future réforme de la dépendance, l’enquête révèle que les sondés souhaiteraient en priorité d’abord la création d’une incitation fiscale à la souscription, puis la simplification des contrats (pour une meilleure lisibilité et transparence des choix) et enfin l’inclusion de la couverture dépendance à la complémen- taire santé ou à l’assurance-vie. En revanche, l’instauration d’une obligation de s’assurer contre le risque de dépendance dès l’âge de 40 ans n’est pas plébiscitée par les sondés. 57 % des Français sont contre selon un sondage CSA réalisé pour la FFSA en avril 2011.Une autre solution consisterait à adopter un système hybride qui assurerait la sécurité des contractants et la pérennité des financements. La mise en place d’un marché privé devrait être encadrée avec un cahier des charges précis assurant la qualité des contrats.Deux conceptions s’affrontent. Pour les uns (dont je suis) la santé est un bien collectif. Aussi, chacun a droit à une protection sociale selon ses besoins et le risque de dépendance doit être garanti. Pour les autres, la santé est un marché de services, ce qui laisse libre cours à la concurrence. Dans le premier cas, il faut créer un cinquième risque basé sur la protection sociale universelle avec une complémentaire privée. Dans le second, il est indispensable de fixer un seuil de pauvreté au-delà duquel on installe un filet de sécurité afin d’éviter les situations inhumaines, dues au manque de moyens financiers.Pour l’heure, les choix politiques ne sont pas clairs. Le président François Hollande annonce un plan d’assurance-dépendance pour 2015. D’ici là, il faut mener un véritable débat pour définir les places respectives des secteurs public et privé. Ce débat doit être national et ouvert. Nous serons tous touchés, de près ou de loin, aujourd’hui ou demain, par ces questions de dépendance.Extrait de « Demain, vieux, pauvres et malades ! – Comment échapper au crash sanitaire et social », du Dr Sauveur Boukris, aux éditions du Moment, 2014. Pour acheter ce livre, cliquez ici.

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Les ambitions de Google ont-elles encore des…

Challenges

Susan Molinari est une figure de la vie politique à Washington. Parlementaire du Parti républicain puis journaliste vedette de la chaîne CBS, elle a ensuite travaillé comme lobbyiste pendant quatorze ans dans la capitale américaine. En 2012, Google lui a confié l’ensemble de ses opérations de lobbying auprès du Parlement et de l’administration. Totalement absent du jeu politique il y a encore une dizaine d’années, le géant du Web y consacre aujourd’hui environ 15 millions de dollars par an, et verse de l’argent à 140 organisations et think tanks en tout genre, ce qui en fait l’une des trois entreprises les plus actives à Washington.Ce budget ne comprend pas la rémunération de Susan Molinari, estimée entre 2 et 3 millions de dollars par an. Elle dirige une équipe de plus d’une centaine de personnes, parmi lesquelles une quinzaine de lobbyistes de haut vol chargés de répandre la bonne parole de Google. L’été prochain, le groupe prendra possession de nouveaux locaux : un peu plus de 5.000 mètres carrés sur Capitol Hill. L’équivalent de la superficie de la Maison-Blanche.Rien n’est trop grand pour préserver la marque Google Inc. et protéger ses intérêts. L’entreprise de Mountain View, dont les fondateurs, Sergueï Brin et Larry Page, avaient promis de ne jamais faire le mal, inquiète aujourd’hui autant qu’elle fascine. Son influence grandissante est désormais palpable dans quasiment tous les secteurs de l’économie. Comme le résume Benoist Grossmann, l’un des dirigeants du fonds d’investissement Idinvest : « C’est l’entreprise la plus puissante du monde, mais elle reste agile comme une start-up, capable de lancer trois nouveaux projets par jour et d’en tuer deux le lendemain lorsque ça ne fonctionne pas. »La firme des superlatifsGoogle occupe une place à part dans le monde des affaires. Plus de 90% d’Européens utilisent exclusivement son moteur de recherche, il détient les deux tiers du marché mondial de la publicité en ligne, sa marge opérationnelle taquine les 25%, sa réserve de cash dépasse les 60 milliards de dollars… Et ses ambitions paraissent sans limites. Son champ d’activité s’étend aujourd’hui à la téléphonie mobile avec Android, au divertissement numérique avec YouTube, ou encore au paiement électronique. Il a investi les secteurs de la robotique, de l’énergie et des transports, et développe son propre programme de conquête spatiale. Sans cesse, le groupe étend les frontières de ses business en poussant toujours plus loin la technologie. Sa réussite est éclatante : en dix ans, ses ventes ont été multipliées par 19, son bénéfice net par 18, et son cours de Bourse par 6.Conquêtes technologiques »Le groupe a toujours été dirigé par des ingénieurs », explique Mats Carduner, ancien patron de Google France, aujourd’hui PDG de la société de conseil Fifty-Five. « Ils sont très optimistes sur la technologie, ils pensent qu’elle constitue un bienfait pour l’homme, même si cela crée des frottements inquiétants sur la vie privée ou le rapport homme-machine. » Ce déluge d’innovation sert à améliorer le business model de Google, fondé sur l’accès à l’information. Aucune entreprise n’est jamais parvenue à créer autant de valeur autour du pouvoir de la connaissance, en offrant gratuitement ses services et en les finançant quasi exclusivement par la publicité. Mais comme bon nombre d’entrepreneurs de la Silicon Valley, son PDG, Larry Page, est un paranoïaque. « S’il ne l’était pas, Google serait resté sur son métier de la recherche sur Internet, il n’aurait pas racheté Android et serait totalement distancé sur le marché de l’Internet mobile », estime Benoît Flamant, directeur au fonds d’investissement Fourpoints Investment.Acquis en 2005 pour 50 millions de dollars, l’éditeur du système d’exploitation aujourd’hui utilisé pour les mobiles a permis au groupe de construire sa domination dans les smartphones face à Apple. Environ 80% des appareils vendus dans le monde fonctionnent sous Android, véritable présentoir de toute la gamme maison. Le nombre de requêtes formulées dans son moteur de recherche à partir d’un mobile dépasse désormais celles réalisées à partir d’un PC. Et les revenus commencent à devenir conséquents. Le groupe de Mountain View cache sa copie, mais le cabinet eMarketer estime que la publicité sur appareils mobiles lui a rapporté 8,8 milliards de dollars cette année, et prévoit 14 milliards de chiffre d’affaires en 2014.Maintenir l’ébullitionToutes les acquisitions n’offrent pas cette manne fabuleuse. Racheté en 2011 pour 12,5 milliards de dollars, le fabricant Motorola a été cédé au chinois Lenovo en janvier pour 2,9 milliards. L’opération aura permis au géant du Web de mettre la main sur plusieurs milliers de brevets dans le domaine de la téléphonie mobile, et de sécuriser ainsi son avenir en s’épargnant des procès à répétition sur le terrain de la propriété intellectuelle. Evitant ainsi la « guerre thermonucléaire » que lui promettait Steve Jobs, le fondateur d’Apple, juste avant sa mort.Conscient que son entreprise peut être balayée par une nouvelle révolution, Larry Page oeuvre pour que le prochain Google soit… un nouveau Google. A 41 ans, il vit selon l’évangile du 10X : selon lui, améliorer ses produits de 10% permet tout juste de se maintenir au niveau des concurrents. Sa hantise : voir la société se transformer en démocratie en grandissant, et ne plus innover. Pour rester en tête, il attend de ses ingénieurs qu’ils conçoivent des services ou des produits dix fois supérieurs à ceux disponibles sur le marché. Sur le Googleplex, quartier général californien, le géant d’Internet s’organise comme un vaste laboratoire de recherche appliquée. La culture maison est restée proche de l’ambiance du campus de l’université de Stanford, située à quelques kilomètres, où l’entreprise est née il y a quinze ans. Environ 13% du chiffre d’affaires vont chaque année à la recherche et au développement. « Ils ont la mentalité d’étudiants devant réaliser leurs projets avec les moyens du bord. Ils se lancent des défis comme quand ils étaient en fac », témoigne Georges Nahon, président d’Orange Labs, cellule de veille technologique de l’opérateur dans la Silicon Valley.Tous les coups sont permis. Les équipes de Larry Page décident ainsi de provoquer celles de Tim Cook, sur le terrain, en ouvrant une chaîne de boutiques, dont la première ouvrira à New York au mois de mai, tout près d’un Apple Store. Parce qu’elles ne sont pas satisfaites des offres des opérateurs de télécoms, elles investissent massivement dans la fibre optique, au point de se constituer leur propre réseau planétaire et de devenir le deuxième fournisseur d’accès Internet du monde.Pare-feu autour du capitalRien ne doit arrêter la progression de la machine. « Google possède un très grand nombre de services qui génèrent un nombre de données immense, qu’il peut s’amuser à croiser sur une multitude de terrains », explique -François Bourdoncle, créateur du moteur de recherche français Exalead, racheté par Dassault Systèmes. Le groupe s’est essayé aux secteurs du voyage, de l’assurance automobile ou de la musique, avec plus ou moins de bonheur. Mais toujours fidèle à cet esprit rebelle positif dont a récemment fait preuve le directeur financier Patrick Pichette en justifiant devant des analystes la décision de Google de mettre au point une technologie permettant des connexions à 10 gigabits, dix fois la puissance maximale actuelle : « No need to wait. » Tester, avant que d’autres le fassent.Et pour avancer vite, l’entreprise la plus puissante du monde ne se prive pas d’abattre quelques barrières de plus. Avec 16% du capital, les deux fondateurs contrôlent toujours leur entreprise. En divisant par deux ses actions, début avril, le groupe a émis massivement de nouveaux titres dépourvus de droit de vote. L’opération vise à ne pas être dilué lors de prochaines acquisitions, ou à parer l’attaque d’un investisseur activiste. C’est aussi un affront fait à Wall Street et ses vues court-termistes, ses revues trimestrielles. Brin et Page sont jeunes et veulent manager leur création sur le long terme. Il y a des limites à tout.         

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L’heure du mea culpa

Le Nouvel Economiste

Crise de l’information L’heure du mea culpaLe dossier de fond de notre confrère Acteurs de l’économie sur les raisons profondes de la crise de la presse et les véritables enjeux de la presse de demain. Dès aujourd’hui. Tout des causes exogènes de l’effondrement de l’économie de l’information a été disséqué. Mais c’est sous leur écorce, là où agissent les professionnels du secteur et en premier lieu les journalistes que se terrent les principales responsabilités.L’avenir est entre les mains de ceux-là mêmes qui ont lentement précipité leur métier dans l’abîme. « Je n’y crois plus ». A quelques encablures de Noël, cette confession d’un patron de groupe indépendant de presse nationale résulte, sans doute, de l’usure physique et émotionnelle des mois qui viennent de s’écouler et de la perspective de fêtes de fin d’année rarement autant espérées. Elle est aussi symptomatique de ce que « vit » aujourd’hui un tel dirigeant, ligoté à une réalité entrepreneuriale, sociale, managériale parfois abominable, à une illisibilité économique effrayante, à une instabilité stratégique déroutante. Micro-blessures L’ensemble des micro-blessures provoquées par les départs ou les licenciements, l’angoisse d’une trésorerie exsangue, une négociation bancaire inaboutie, le retrait d’un annonceur clé, ou les interrogations sur la stratégie déployée, se sédimentent et façonnent un climat « intérieur » et « extérieur » éruptif. Et lorsque s’y juxtapose la mobilisation irrationnelle et irresponsable d’un corps social espérant colmater dans une légitimité collective la somme des illégitimités personnelles, l’espérance peut décliner. Voire s’éteindre. Oui, être patron de presse en 2014 s’apparente à une gageure, démoralisante lorsque s’instaure l’idée que l’on nage à contre-courant, comme si chaque coulée gagnée pour atteindre la côte était neutralisée par une lame de fond repoussant deux longueurs en arrière vers le large. Mais être entrepreneur de presse en 2014, c’est « aussi » relativiser et ainsi, comme le rappelle le député européen Nouveau Centre – UDI et ancien journaliste Jean-Marie Cavada, « conserver la mémoire de ce que nos confrères durent affronter, au péril de leur vie, pendant la Seconde Guerre mondiale pour publier une presse indépendante ». Et c’est « aussi » demeurer convaincu que de chaque crise naissent de belles aventures, ressuscitent de grandes énergies, éclosent d’insoupçonnées innovations. « Citizen journalists » Oui, rarement le secteur de l’information n’a été à ce point en rupture. Point d’« évolution », de « conversion » ni même de « transformation » ; la lexicologie s’appliquant à la situation emploie « métamorphose », « radicalité », « révolution », « disruption ». « Un monde nouveau s’impose au monde ancien. Et le temps de ce basculement se compte en une poignée d’années, voire de mois », constate Henri J. Nijdam, directeur de la publication du Nouvel Economiste. Irruption d’Internet, des tablettes et des smartphones, mutation des besoins publicitaires et de la monétisation des potentialités de recettes, transformation des comportements de lecture et de consommation des médias, garnissent un terreau déjà caractérisé (voire pollué) par la crise financière conjoncturelle, l’extinction du modèle économique traditionnel de la presse, l’atonie coupable des producteurs d’information journalistes et éditeurs incapables d’engager leur aggiornamento. « Le secteur fait face brutalement à la simultanéité de plusieurs ruptures, chacune d’entre elles étant elle-même d’une envergure tellurique », résume Arnaud le Gal, professeur associé au CELSA Paris-Sorbonne. Rapports bouleversés Même le rapport consommateur-producteur d’informations est bouleversé. Il y a encore peu, le lecteur, l’auditeur ou le téléspectateur « recevaient » l’article, la voix, les images du journaliste ; désormais, dans un contexte de mondialisation, d’instantanéisation de l’information, mais aussi d’interactivité et de technologisation tous azimuts auxquelles tous peuvent accéder, ils deviennent eux-mêmes acteurs de l’information. Ce qu’Arnaud Le Gal avait saisi « lors des émeutes anti-Ahmadinejad en 2009. La présentatrice de CNN « sourça » les images, envoyées par les manifestants iraniens, du nom des « citizen journalists ». Désormais, le premier à être sur l’événement n’est plus le journaliste mais le citoyen ». Comment et jusqu’où doit-on intégrer des informations non professionnelles ? Comment traiter cette bascule conférant aux citoyens une légitimité informationnelle et réinterrogeant en profondeur celle des journalistes ? Le fléau de la gratuité Dans un tel capharnaüm, aucun modèle économique ne s’impose. En témoigne la valse des logiques et des stratégies, parfois antagoniques, qui ont émaillé le paysage ces dernières années. Toutefois, quelques enseignements s’affirment. Tout d’abord celui de combattre le dogme, dominant avec le digital, de la gratuité, par la faute duquel s’est instillée dans les consciences des consommateurs une « normalité », coupable de dévaloriser l’information mais aussi la monétisation publicitaire dorénavant assujettie à la seule dictature des chiffres d’audience et désindexée de critères pourtant aussi essentiels que la réputation ou l’influence. Une problématique de société qui d’ailleurs dépasse le secteur de la presse et qu’Arnaud Le Gal transpose volontiers, comme l’ensemble des autres caractéristiques disruptives, à l’industrie du divertissement. Seconde vérité : la prééminence de la « marque » et en premier lieu celles « référentes » sur leur segment. Une fois nourries par une offre éditoriale indiscutable qu’elles coiffent et soclent, ces marques peuvent engager une politique de diversification – livresque, événementielle, éditoriale avec des dossiers spéciaux ou des expertises destinés à des publics précis, même de services, de formation ou de commercialisation de bases de données – qui tout à la fois exploite et strictement respecte les fondamentaux identitaires de ladite marque. Exactement comme procèdent les grandes enseignes gastronomiques : au sommet trône l’établissement « phare », souvent peu ou pas rentable, aux ramifications duquel, héritant de sa réputation, sont déployées les activités davantage profitables (brasseries, contrats de marque, licences, exploitations viticoles, etc.) qui solidifient l’ensemble. Différenciation Troisième leçon, en résonance directe avec les deux précédentes : l’obligation de produire une offre éditoriale différenciante, singulière, innovante, et surtout à haute valeur ajoutée afin de justifier son paiement auprès de consommateurs « gavés » gratuitement d’informations basiques dont d’aucuns, parmi eux, sont tentés de se satisfaire. Une exigence de « remise en question » et d’« excellence » que tout éditeur et tout journaliste doivent considérer salvatrice non seulement pour leur profession mais surtout pour l’exercice de leur métier, pour l’identité et l’avenir de leur marque. Et pour son devenir économique, puisque, comme l’étaye le philosophe Gilles Lipovetsky, leur degré de maturité et leur capacité de discernement semblent assurer aux citoyens de consommer gratuitement « lorsque cela le mérite » et de payer… pour la même raison. Le secteur de la presse « lui aussi » est soumis à une dichotomisation entre « gratuité » et « premium ». L’exemple BFM Quatrième condition à accomplir – selon Rémy Le Champion, maître de conférences à Paris 2 Panthéon Assas et directeur adjoint de l’Institut français de presse, « l’une des plus délicates dans un pays culturellement hostile au sujet et dont la plupart des acteurs, souvent par idéologie, sont depuis trop longtemps éloignés de ce qui devrait former pourtant leur principale préoccupation : le public » – : mettre en oeuvre une stratégie de positionnement éditorial « marketée » et, précise Arnaud Le Gal, « fondamentalement cohérente, à l’aune de BFM TV et de RMC dont la communication et l’image, si volontiers moquées par quelques idéologues, sont parfaitement assumées, en phase avec le contenu, et expliquent le succès autant d’audience qu’économique ». Et une stratégie dont les supports de diffusion – papier, web, mobile, tablettes, etc. – épousent des comportements de lecture fragmentés au rythme de la journée. Internet et le mobile ont définitivement détrôné l’usage de la radio, de la télévision, et bien sûr du « papier », qu’il soit périodique ou, pire, quotidien. Multisupports Et le même consommateur peut consulter au petit matin et le soir son smartphone, dans la journée l’ordinateur, en voiture la radio, dans les transports sa tablette, et le week-end un magazine. « Remontant un matin le quai de la gare, je longeais l’intégralité d’une double rame TGV. Stupéfiant : la presque totalité des passagers étaient rivés sur leur smartphone, leur tablette, et leur ordinateur, seuls quelques uns étaient penchés sur un roman. Et aucun sur un journal ou un magazine. Pour les producteurs d’information, le coeur du questionnement est dans cette nécessité d’orchestrer son offre mais aussi d’arbitrer, car tous ne disposent pas des moyens d’honorer l’ensemble de ces comportements erratiques », relève le « journaliste-entrepreneur » Philippe Couve, ancien grand reporter chez RFI et fondateur de Samsa.fr qui conseille les organismes de presse dans leur stratégie éditoriale. Ce qui dicte aux médias de « réfléchir contenu » spécifiquement en fonction des canaux, afin « idéalement » que le consommateur dispose d’une information complète une fois l’ensemble de ces canaux visités. Là encore, la cohérence et la synergie, cette fois technologiques, pourraient propulser les mieux armés au sommet. « A l’instar de Bouygues », observe Arnaud Le Gal, dont la branche téléphonie, pionnière de la 4G, dopera l’activité de TF1… Avenir Dans un tel contexte, l’avenir des quotidiens « papier » nationaux et, dans une moindre mesure, régionaux, semble scellé – même si, comme le corrige Arnaud Le Gal, ces supports constituent « encore » un « élément statutaire pour le lecteur » et cimentent la réputation de la marque – ; celui des hebdomadaires généralistes, désormais lui aussi en crise, est usé par une uniformisation des sujets qui a lassé le public, et menacé par un rythme ni suffisamment réactif face au numérique ni suffisamment élevé pour traiter l’actualité avec recul et singularité, ni suffisamment compatible avec les rythmes de vie professionnelle et personnelle des lecteurs ; enfin celui des magazines de « temps long » est promis à perdurer s’ils sont fortement « typés » aux plans éditorial et identitaire, et s’appliquent à honorer la quête d’approfondissement, de pédagogie, d’explicitation d’un lectorat exigeant et plutôt de niche. Dans le secteur de l’information aussi, tout ce qui est « médian » ou « intermédiaire », qu’il s’agisse de rapport au temps, de longueur de l’information, de positionnement éditorial, de public ciblé, est condamné. Réinventer l’information Enfin, et cela constitue la première des conditions de succès, l’heure est à réinventer le modèle de l’écrit et à redéfinir la vocation même de l’information, afin, comme le prophétise le sociologue Dominique Wolton, fondateur de l’Institut des sciences de la communication (ISCC) du CNRS et de la revue internationale Hermès, « que les citoyens aujourd’hui découragés redécouvrent le plaisir de s’informer par la lecture. Le flot ininterrompu d’informations laisse croire qu’il existe un continuum naturel qui relie l’information à la connaissance puis à la culture. C’est faux ». Raison pour laquelle cette redéfinition du substrat informationnel est si capitale. Les axes ? Lutter contre les diktats de la technologie et de l’ultra-vitesse propices à une déshumanisation et à une altération de l’information. Inoculer une culture de l’innovation trop longtemps désertée. Combattre le virus abêtissant de la peoplisation qui a infecté la nature même de l’information, le choix des interviewés ou l’angle des « papiers ». Etrangler la tentation d’une autre dictature, celle des sondages, qui dicte l’agenda des journalistes, assèche l’essence de leur travail, abrutit les consommateurs, et, condamne Jean-Marie Cavada, tresse un lien « diabolique » avec les dirigeants politiques polarisés sur leur cote de popularité. « Ouvrir » les rédactions et les projets entrepreneuriaux à des profils qui rompront d’avec les codes, une consanguinité et un conformisme coupables de « replier » le métier sur lui-même et de l’étouffer. Mais aussi – et surtout ? – refonder l’exercice même du métier de journaliste (lire p.Y). Marketing, tyrannie et nécessité Il s’agit également de cuirasser l’indépendance des titres et, consubstantiellement, celle des rédactions intoxiquées par l’identité de certains propriétaires, par la confusion information-communication orchestrée et instrumentalisée par le cénacle dominant des communicants et qui empoisonne jusqu’à la formation – l’université Lyon 2 délivre un master ad hoc enseignant les métiers de journaliste comme de… publicitaire. Une indépendance fragilisée par l’atomisation des organisations professionnelles représentatives, et empoisonnée par la mainmise de financiers-managers-marketeurs au détriment de véritables « patrons de presse » dont les logiciels journalistique et managérial ont pu toutefois apparaître antithétiques. « La valeur émotionnelle et intellectuelle de l’information est progressivement lissée par le marketing de l’information. Pour des résultats terrifiants », fustige Jean-Marie Cavada. Potentiellement « mieux armés » aux plans stratégique, managérial, économique, certains de ces nouveaux dirigeants brutalisent un métier auquel la notion de rentabilité doit être associée avec grande prudence. « Qu’il est loin le temps des Beuve-Méry, Lazareff, Lemoine, Hutin, Servan-Schreiber, ou plus récemment July et autres Perdriel, qui avaient l’information et la préoccupation des lecteurs chevillées au corps », regrette Yves Agnès (président de l’Association pour la préfiguration d’un conseil de presse), exaspéré par la nouvelle suprématie des Michel Lucas (président d’un Crédit Mutuel à la tête du plus important groupe de presse régionale), Serge Dassault (Le Figaro), Bernard Arnault (LVMH et Les Echos), Martin Bouygues (activités industrielles éponymes et TF1) et autres Pierre Bergé – Xavier Niel – Mathieu Pigasse propriétaires du Monde et désormais du Nouvel Observateur. Une indépendance malmenée par la perméabilité des cénacles décisionnels politiques et économiques, par la porosité – « croissante », observe Rémy Le Champion – avec les injonctions commerciales et publicitaires. Pour preuve, le concept inédit de « native adverstising », qui invite des sponsors commerciaux à produire directement du contenu éditorial désormais dans des supports aussi prestigieux que Forbes, le New York Times ou le Washington Post émoustillés par ce nouveau marché estimé aux Etats-Unis à 2 milliards de dollars….Reste à faire la démonstration de ce que l’ensemble des producteurs et nombre de spécialistes soutiennent (ou veulent croire) : le public est-il vraiment prêt à payer une information premium ? Et en veut-il seulement ? « Soyons lucides, tempère l’historien des médias Patrick Eveno, professeur à Paris 1 Panthéon Sorbonne et à l’ESJ de Lille. Les chiffres de vente réelle « print », en érosion continue, et « digital », en progression pour certains mais encore anecdotiques pour les autres, n’étayent pas l’argument. Il y aura toujours quelques centaines de milliers de personnes susceptibles de s’y employer, mais cessons de fantasmer : la plupart des médias ne retrouveront pas leurs ventes papier sur le numérique ». Autant de conditions pour espérer exister et se développer durablement dans un environnement chaotique et déréglé par l’irruption de producteurs low costs ou mercenaires. Seule certitude : l’avenir appartiendra aux acteurs capables de s’affranchir du passé, et de construire une offre éditoriale et économique exigeante, intègre, et délestée de quelques lourds fardeaux sociaux et idéologiques. Une longue descente aux enfers De 1947 à aujourd’hui, retour sur les raisons du « mal français » de la presse afin de dégager des perspectives d’avenir. Parmi elles, la nécessité de penser l’entreprise de presse comme une entreprise classique. 1947. Voilà peut-être l’origine du « mal français » de la presse. Cette année-là est promulguée la Loi Bichet, appelée à encadrer les conditions d’édition au lendemain d’une Seconde Guerre mondiale qui scelle le sort d’un grand nombre de titres quotidiens, certains jugés collaborationnistes. Le « vent » de la Libération souffle alors sur les éditeurs militants, pour la plupart anciens résistants et d’obédience communiste, auxquels sont confiées les commandes de titres prompts à nourrir une culture anti-capitaliste.Libération, prospère alors, Albert Camus, Jean-Paul Sartre, André Malraux et Raymond Aron co-auteurs de Combat, le professeur de sociologie Albert Bayet, président de la Fédération nationale de la presse clandestine et dirigeant de Franc-Tireur, ou encore Hubert Beuve-Méry aux sources du Monde en 1944, témoignant de cette génération d’intellectuels – rebaptisés « moralistes » par Yves Agnès, ancien rédacteur en chef du Monde et ex-directeur général du CFPJ – au service d’une cause politique et idéologique noble mais, pour la plupart d’entre eux, dépourvus d’une vision industrielle de la presse. Maquillage Radios et agences de presse sont nationalisées, et la Loi Bichet voit le jour, sacralisant le Syndicat du livre et instituant des coûts de production et de distribution exorbitants. « Cette loi, en grande partie responsable avec la CGT-Syndicat du livre de la situation pathétique de la presse, constitue une parfaite illustration du « Mal français » : arriver à l’effet contraire de celui recherché. Nous souffrons en France du vertige de l’intelligence de nos élites qui les amène à ‘chercher les souris dans les couloirs sans voir les éléphants’ », raille Henri J. Nijdam, directeur de la publication du Nouvel Economiste.Une lente et irréversible descente aux enfers, entretenue, exacerbée et fallacieusement maquillée ou retardée plus tard par un système étatique d’aides à la presse « gabegique » et « très mal fléché » – une nouvelle fois corroboré par le rapport parlementaire du député socialiste Michel Françaix auscultant la motivation, la destination, et l’efficacité des 1,2 milliards d’euros dévolus au secteur en 2011 -, et par la faute duquel, « peu à peu, on a oublié qu’une entreprise de presse est avant tout une entreprise, avec ses règles habituelles de fonctionnement, qui doit simplement reconnaître à la presse sa spécificité. J’ai déclaré récemment : « Le numérique est en train de sauver la presse, après l’avoir tuée ». Et j’ai ajouté : « En fait, c’est faux. La presse s’était tuée toute seule ».A l’aune d’une telle logique anti-capitaliste et d’assistanat, comment s’étonner alors qu’au sein de la corporation des éditeurs et des journalistes d’aucuns se soient laissés embastiller dans une culture immature de leur métier, et que « l’inéluctabilité » de la perte financière ait peu à peu travesti les consciences jusqu’à vouloir frapper d’ostracisme les mots aussi « odieux » qu’« argent », « bénéfices » ou « marketing » ? Assujettissement Cette conjugaison du dogme de « l’idéologie militante », de l’amateurisme industriel, et du mépris pour les volets financier et marketing, aura pour effet collatéral, dès les années 50 et 60, de désindexer la conception de l’offre de l’analyse d’une demande qui évolue substantiellement lors des Trente Glorieuses.Résultat, des titres « aveuglés » par leur seule vocation doctrinaire, mal gérés ou davantage consacrés à préserver leurs privilèges qu’à crédibiliser leur modèle économique, disparaissent. Seuls résistent les rares enseignes populaires (France Soir) qui ont échappé à la dictature de la « noble information » et quelques marques « haut de gamme » (Le Monde), auxquelles l’historien des médias Patrick Eveno reconnait une stratégie commune « capitale : leurs dirigeants avaient compris qu’on ne réduit pas la vocation d’un quotidien à servir la démocratie et qu’on ne peut concevoir son devenir sans y intégrer l’essentiel : le lecteur. Celui-ci n’est pas « que » citoyen et électeur ; il est aussi consommateur, travailleur, père de famille, sportif, voyageur, cinéphile, etc… bref il est une personne plurielle qu’il est important de « comprendre » pour que l’offre éditoriale rencontre son attente ».Et ce professeur à Paris 1 Panthéon-Sorbonne et à l’ESJ de Lille de dater à « 1972 » le second « choc » précipitant le secteur de la presse dans les limbes. Cette année-là sonne simultanément la disparition de Paris-Jour, « seule tentative française d’éditer un tabloïd » enterrée après une grève des journalistes, et l’apparition des premières aides massives de soutien à la presse. Un « double symbole » d’une part que la presse populaire et de faits divers, qui fait les beaux jours de la Grande-Bretagne, est « sale », d’autre part que l’indépendance des entreprises informationnelles est désormais et irrémédiablement assujettie à l’Etat. Antagonisme 1947 et 1972. Mais aussi 1944 et 1986. L’ordonnance du 26 août promulguée par le Général de Gaulle s’attelle à lutter contre la concentration des entreprises de presse jugée alors, non sans raison, comme une menace pour la pluralité de l’information. Mais sur un plan économique, en faisant obstacle aux opportunités de rapprochement, cette législation provoquera une atomisation du secteur aujourd’hui incompatible avec les effets de seuil qui conditionnent les investissements et la visibilité. Particulièrement en période de crise et de concurrence internationale. « Comment des titres aussi vulnérables que Libération ou L’Humanité pourront-ils survivre ? », interroge Patrick Eveno, blême devant le poids du groupe Le Monde (moins de 500 millions d’euros de chiffre d’affaires) face à celui de l’Allemand Bertelsmann (17 milliards) ou même du Suisse Ringier (près d’1 milliard) et symptomatique d’un dangereux morcellement.La loi du 1er août 1986, qui assouplit les règles relatives à la concentration, vise bien le démantèlement du dispositif alors dominant. Selon ses détracteurs, elle souille le caractère exceptionnel et presque missionnaire de la production d’information qu’elle fait dès lors assimiler, fulmine Yves Agnès, à « une marchandise au même titre que toutes les autres », ouvrant alors grandes les portes « aux pires dérives journalistiques ». « Encourager ce mouvement est essentiel, réplique Patrick Eveno, s’appuyant sur « l’exemple anglais » qui, de 1985 à 2005, a permis d’enrayer l’implosion économique de la filière, de doubler la rentabilité de la presse quotidienne… et d’augmenter de « 50% » la pagination.Mais tous les éditeurs français seraient-ils déterminés à ce que les gains sécrétés par la mutualisation et la rationalisation du back office, des fonctions supports, et des coûts de production ou de distribution soient affectés à financer davantage l’essentiel : le travail des journalistes ? Enième sujet de débat antagonique. « Entreprise » « de presse », ou « économie » « de la presse » formeraient-ils un oxymore ? Premiers responsables ? Les journalistes La profession fuit volontiers ce qui pourtant est incontestable : ses responsabilités. L’heure est à la restauration d’une « qualité » d’information qui réconcilie ses producteurs et ses usagers autour d’un « contrat de confiance » aujourd’hui déliquescent. La « caste des journalistes », déconsidérée parfois même vilipendée, est-elle prête à accomplir son aggiornamento ? Contexte économique, disruptions protéiformes, ruptures technologiques, érosion du marché publicitaire, « poids » législatif et historique, coûts de distribution…. Les raisons qui explicitent le sinistre du secteur de l’information ne manquent pas. Mais la plus profonde est endogène : elle interroge l’exercice même du métier de journaliste. « Il est le premier coupable de sa situation, c’est donc de lui que doit venir son salut » : historiens, sociologues, économistes, éditeurs et… quelques praticiens plus lucides ou courageux que d’autres s’accordent sur le diagnostic. Les manquements et les insuffisances de la profession constituent la première cause de l’origine même de la maladie : la défiance des consommateurs d’information. Minorité crédible Selon l’étude La Croix – TNS Sofres 2014, seule une petite majorité de Français (50% pour la télévision, 55% pour la presse écrite, et 58% pour la radio) juge l’information « crédible », cette perception chutant à 37% sur internet. Respectivement 66 et 60% des personnes interviewées considèrent que les journalistes ne résistent pas aux pressions des « partis politiques » et à celles de « l’argent ». Enfin, la récente enquête Le Monde/Cevipof/Fondation Jean Jaurès/France Inter sur les « fractures françaises » positionne les médias au 16ème rang… sur 17 items au degré de confiance de la population dans les institutions. Seuls les partis politiques font pire… La corporation n’est bien sûr pas uniforme, et nombre de journalistes peuvent sans peine défendre l’honnêteté et démontrer le sérieux de leur exercice. Que dessine alors l’état des lieux caricatural, même paroxystique mais pour partie fondé ? Une caste, recroquevillée sur elle-même, paresseuse, égotiste, narcissique, arrogante et infatuée, ultra-protégée par des décennies de conquête sociale, cloîtrée dans un conservatisme incompatible avec les remises en question inhérentes au secteur. Symbole collatéral ? Philippe Couve, promoteur de Journaliste-entrepreneur et fondateur de Samas.fr, ne décolère pas : son cursus de formation à l’entrepreneuriat, en partenariat avec l’ESJ de Lille, a été successivement retoqué par les organismes financeurs (qui exigeaient un module de formation continue… inconciliable avec l’objet même de l’apprentissage : mettre en oeuvre un projet de création d’entreprise en alternance avec l’enseignement) et par les organismes paritaires, redoutant les réactions des syndicats à la dimension entrepreneuriale… Romantique Cette perception d’une profession sclérosée et fonctionnarisée, l’application des 35 heures lui a donné consistance, laissant croire qu’il était possible de rationner dans un carcan horaire un métier vocationnel et passionnel. Ainsi, déplore Monique Dagnaud, chercheur émérite au CNRS-EHESS, ce qui sustente « l’érotisation du travail » – plaisir ou récompense émotionnels, intellectuels, humains, identitaires et même statutaires – s’étiole. Et, tout aussi grave, écorne la « valeur travail » et le « goût de l’effort » alors que, particulièrement dans ce métier, on « trouve » quand on ne cesse pas de débroussailler, de fouiller, de rebondir, d’investiguer les mystères de la complexité, bref de démêler ce qui alimente l’un des moteurs principaux : la curiosité.A ce titre, l’appauvrissement de l’information semble inéluctable sous le joug du principe de la « simplification », qui contamine la manière autant de prospecter – en priorité souvent… chez les autres médias – que de restituer l’information. La médiocrité de certaines plumes – pourtant essentielles pour accrocher le lecteur mais aussi, chez le rédacteur, pour creuser au fond de lui des champs inexplorés – et l’impréparation des interviews sont devenues, poursuit la sociologue, « sidérantes. Or il n’y a pas de mystère : pour être un bon journaliste, il faut beaucoup travailler ». Et accepter de se laisser parfois envahir, nuit et jour, par le sujet que l’on étudie.Les journalistes constituent d’autre part un aréopage « romantique » et candide, méfiant à l’égard de l’économie de marché, peu au fait des réalités gestionnaires et managériales – parfois au sein même des rédactions… spécialisées et chez les candidats à l’aventure entrepreneuriale -, « installé » dans la culture nihiliste et malthusienne du déficit chronique et « normal », finalement volontiers contempteur des mécanismes sans lesquels pourtant, résument successivement le directeur adjoint de l’Institut français de presse Rémy Le Champion, Philippe Couve et l’historien des médias Patrick Eveno, « il n’y aurait tout simplement pas d’entreprise ! Si l’on ne se préoccupe pas du modèle économique, c’est ce dernier qui vient s’occuper de soi. Et il n’existe pas de presse libre sans capitalisme ». Ces types de comportements qu’il a déplorés au sein de sa rédaction n’auraient pas été étrangers à la décision de Claude Perdriel de céder les rênes du Nouvel Observateur. Endogamie D’aucuns exemples font également état d’un cénacle d’élites, notamment au niveau des directions ou des hiérarchies intermédiaires, cultivant l’endogamie, dangereusement proche des décideurs, et, pour les plus célèbres, complices ou acteurs d’une peoplisation exhibitionniste. Ce contexte donne faussement légitimité au même « professionnel » à l’aube de commenter la guerre civile en Syrie, au déjeuner d’interpréter l’accord paritaire sur la formation professionnelle, l’après-midi de débattre des luttes fratricides au sein de l’UMP, le soir de critiquer la politique de taux de la Banque centrale européenne… ou même la baisse de régime du Paris-Saint-Germain. Alors même que l’une des manifestations de la paupérisation du métier est d’avoir « déspécialisé » et donc retiré la légitimité d’expertise.Les journalistes forment une corporation constituée d’environ 37 000 titulaires de la fameuse « carte de presse » au fil du temps délivrée à des métiers périphériques et que caractérise une fracture intergénérationnelle à l’égard des nouvelles technologies. « Tout le monde s’accorde sur l’inéluctabilité de passer au web. Mais ancienne et nouvelle générations continuent de se faire face, la première défendant son pré-carré pour continuer d’exister face à des outils, des organisations, des états d’esprit qui peuvent lui échapper ou l’effrayer », constate Philippe Couve.Certes. Mais au moins « l’arrière-garde » n’est pas contaminée par le virus de la sédentarisation propre à ceux qui lui succèdent, convaincus, comme le rappelle l’ancien président de Radio France Jean-Marie Cavada que « le monde vient à eux sur l’écran de leur ordinateur » et peu enclins à se déplacer sur le terrain, là où pourtant s’exerce l’un des fondements du métier : humer, saisir, observer l’impalpable, établir la confiance, recueillir ce que l’on n’imaginait pas, récompenser la curiosité, bref rapporter la substantifique moelle, principalement humaine, qui fait justement la « différence » entre les informations médiocres et utiles, froides et sensibles, réductrices et étayées, quelconques et extraordinaires. « Les journalistes ont creusé leur propre tombe », assène le sociologue (ISCC-CNRS) Dominique Wolton. Opportunité unique Bien sûr, les journalistes ne sont pas seuls coupables. La précarisation de leur métier, des systèmes de formation insuffisants, l’injonction de produire sans cesse « plus vite » et « plus court » ne constituent pas des conditions d’exercice compatibles avec l’accomplissement des fondamentaux : enquêter, disséquer, recouper, (in)valider, expliquer, éclairer. La profusion de communicants, d’animateurs, de pseudo-experts, et de bloggers s’auto-déclarant habilités à tout commenter et propriétaires d’une opinion qu’ils jugent utiles, a également créé une confusion délétère dans l’esprit du public enclin à les assimiler à des journalistes… eux-mêmes responsables d’entretenir ladite confusion en diversifiant leurs revenus par des « ménages » (animation de conventions, média-training, etc.) parfois pour le compte de ceux-là mêmes qu’ils sont censés étudier dans leur responsabilité de journaliste. « Un journaliste n’a pas la même fonction qu’un intellectuel, relève Monique Dagnaud, jugeant que cette dispersion et cette mosaïque de « contributeurs » éditorialistes ou « sondagistes » aux débats de société inclinent à monopoliser l’espace public et à détenir la parole d’autorité sur le débat public.En pleine crise de légitimité et de crédibilité, la profession doit toutefois considérer le contexte disruptif comme l’opportunité – « unique », précise Arnaud Le Gal, professeur associé au CELSA – de refonder les dites légitimité et crédibilité, en revenant à la genèse même du métier : être un médiateur, le « passeur » d’une information décortiquée, honnête, distanciée, hiérarchisée, démontrée, justifiée, mise en perspective, et capable d’éclairer les citoyens dorénavant en proie à une profusion étourdissante d’annonces à l’origine et à la fiabilité indéterminées.Un véritable défi dans une société volontiers critique pour ce dont elle a pourtant un besoin décisif : des intermédiations solides. Reste une interrogation clé : l’industrie et les consommateurs de l’information sont-ils disposés à reconnaître pécunairement l’information de qualité ? « Sont-ils prêts à accepter qu’il s’agit d’une industrie de main d’oeuvre individuelle, d’un artisanat de service qu’on ne peut pas rétracter indéfiniment sans prendre alors le risque de tuer sa raison d’être ? », corrobore Jean-Marie Cavada. Régulation Face à la nécessité aussi incontestable et urgente de restaurer un contrat de confiance, la profession peut-elle s’exonérer d’une instance de régulation à même de cornaquer l’exercice déontologique et, au-delà, d’une « éducation » consolidant quelques règles éthiques fondamentales ? Les voix y exhortant sont encore timides, et les résistances sont vives… alors que 21 Etats d’Europe et que des pays aussi « avancés démocratiquement » que l’Ukraine s’y fédèrent. Peur d’une « police de la pensée » ? Mais pourquoi avoir peur lorsqu’on est respectueux de règles simplement honnêtes ? Les journalistes seraient-ils davantage vertueux que les avocats, les architectes, les médecins ou les commissaires aux comptes ?A l’aune des dérapages aussi dévastateurs, en terme d’image, que la fausse interview de Fidel Castro par un Patrick Poivre d’Arvor échappant à toute sanction (en interne comme du CSA), il est autorisé d’en douter. « La profession n’a tiré aucun enseignement de ses dérives, peut-être parce qu’elle n’y voit même plus rien de vraiment condamnable.Les journalistes entretiennent un déni de réalité, ils peinent à accepter qu’ils ont « aussi » des devoirs et pas seulement des droits, ils sont incapables de réformer leur métier qui a pour mission sociétale de favoriser le fonctionnement de la démocratie par la qualité, l’utilité et l’intégrité de l’information produite, déplore Yves Agnès, président de l’Association pour la préfiguration d’un conseil de presse (APCP). Et l’auteur de Le grand bazar de l’info (Michalon) de rappeler que longtemps, nonobstant une proximité quasi-officielle entre certains médias et le pouvoir, les journalistes exerçaient leur métier selon une autodiscipline, des principes et même des « valeurs » reflétant certains fondamentaux de la société et assurant « globalement » un exercice déontologique du métier.Avec le délitement de ces fondamentaux qui assuraient cette forme d’autorégulation, la profession « n’a pas d’autre choix que d’instaurer une instance supérieure ». Mais aussi de s’imposer des contraintes. Comme celle, par exemple, de ne pas participer à des obédiences secrètes de réflexion et d’influence à même d’altérer son jugement, d’empoisonner son indépendance et d’entretenir suspicions et rejets ? La Tribune et le Nouvel Économiste, le salut par l’innovation Il y a deux ans, l’avenir du quotidien économique « papier » La Tribune, endémiquement déficitaire et alors dans le coma, était confié à un groupement d’éditeurs régionaux. Celui du Nouvel Economiste, lui aussi sombre, appelait une refonte stratégique tout autant radicale. Au prix d’un redimensionnement social douloureux et d’une révolution culturelle et organisationnelle centrée sur l’offre digitale, les deux entreprises peuvent lorgner la rentabilité à la fin de l’année 2014. 30 janvier 2012. Ce jour-là, le tribunal de commerce de Paris remet à France Economie Régions (groupement co-fondé deux ans plus tôt par quatre entreprises de presse indépendantes, dont l’éditeur d’Acteurs de l’économie RH Editions, toutes leaders dans leurs régions respectives : Aquitaine, Midi-Pyrénées, Languedoc-Roussillon, et Rhône-Alpes) la responsabilité de sauver le quotidien économique La Tribune et de redéfinir une stratégie à même de revitaliser durablement une marque mythique mais qu’une accumulation de vicissitudes managériales, organisationnelles, capitalistiques avait précipité dans l’abîme.La situation financière est alors apocalyptique : un effectif de 160 salariés, 6 millions d’euros de perte d’exploitation pour un chiffre d’affaires moins de quatre fois supérieur (22 millions d’euros). Élan Le constat social et culturel n’est guère meilleur. L’entreprise est infectée de comportements individuels et de pratiques professionnelles qui confinent à l’irresponsabilité et à la gabegie. Outre quelques dépenses pharaoniques de restauration, de déplacement voire… d’habillement « justifiés » par « l’allure qu’il faut présenter en clientèle » ou la « nécessaire générosité dont il faut faire preuve en boite de nuit pour conclure les contrats publicitaires », il n’est pas rare que certains journalistes ne produisent qu’un à deux « papiers »… par mois et s’exonèrent de présence régulière à leur bureau au nom de soi-disant enquêtes finalement inabouties.Deux ans plus tard, le président de La Tribune nouvelle, Jean-Christophe Tortora, peut annoncer un bilan encourageant : entre 2012 et 2013, le chiffre d’affaires a progressé de 4,4 à 6,5 millions d’euros, et les pertes ont été ramenées de 3 à moins d’1 million d’euros. L’inflexion dissymétrique des deux courbes autorise le « Toulousain » de l’équipe à espérer le retour durable à la rentabilité fin 2014, après que le dernier quadrimestre 2013 ait produit, « pour la première fois au plus loin que nous sommes remonté dans l’histoire comptable de la société, c’est-à-dire une quinzaine d’années, un résultat d’exploitation positif ». Prudence Certes, prudence et humilité grandes, nourries par les aléas et l’illisibilité sectoriels et conjoncturels, continuent d’escorter chaque explication de Jean-Christophe Tortora. « Aucun des visages » des 120 collaborateurs qu’il a du écarter du bateau avant qu’il ne sombre définitivement n’est effacé de sa mémoire, et chaque journée de l’endurant trentenaire s’apparente à un marathon et à un combat à l’issue encore incertaine. Il n’empêche, la stratégie différenciante, à l’époque pionnière et volontiers raillée voire jugée « suicidaire » par quelques observateurs ou même en interne, semble, pour l’heure, prometteuse. Bâtir un « national » plus seulement de Paris mais « aussi » des régions ou se concentre l’économie réelle et entrepreneuriale ; repenser radicalement l’offre éditoriale en transformant le canal numérique quotidien en vaisseau amiral sans pour autant éradiquer l’offre print (devenue hebdomadaire) ni « jamais » altérer « l’indépendance et la crédibilité journalistiques » qui ont fondé la réputation de l’enseigne ; se recentrer sur les actifs forts, c’est-à-dire capitaliser sur la marque, une référence historique, pour développer des produits (événements, trimestriel Grand Paris) et des services davantage rentables « mais respectueux » de l’identité originelle ; adopter et innerver dans les consciences une « culture » et une stratégie « marketing » sans lesquelles l’ambition de conquérir de nouveaux lecteurs est chimérique ; déployer des dispositifs de monétisation, notamment sur le mobile – « devenu en 2013 aux Etats-Unis le premier support de consommation d’information » – afin de riposter à une captation de recettes mécaniquement plus faible dans le digital ; enfin externaliser certaines fonctions support (informatique, régie, etc.) et réinternaliser « l’essentiel, le coeur du moteur nucléaire : ce qui permet de produire, de diffuser, et de faire rayonner l’offre éditoriale ». « Live média » Ainsi, La Tribune est devenue un « live média », dont le coeur bat au rythme du « degré d’adhésion » et d’identification des collaborateurs à la stratégie, dans le sillon duquel fanent ou fleurissent « leur motivation et leur fierté. Là sont concentrées les conditions de succès ou d’échec, détaille Jean-Christophe Tortora, encore ému par la brutalité du choc que constitua chez les salariés, lors de la reprise, la décision de substituer une rédaction numérique à la rédaction print.« La pédagogie, mais surtout les faits font peu à peu leur oeuvre ». Ainsi les journalistes découvrent qu’écrire sur le web ne contracte pas leur notoriété, démultiplie l’interactivité avec les lecteurs, les affranchit des coercitions (nombre d’articles, volume des textes, périodicité des publications) du « papier ». « In fine, cela a libéré les énergies » … et la « productivité », item traditionnellement redouté voire honni de la corporation et pourtant indissociable d’une économie lourdement lestée de charges sociales fixes. Le président s’est aussi appuyé outre sur une taille réduite (35 salariés), sur l’état critique d’une part des fondations économiques et financières de l’entreprise d’autre part de l’environnement sectoriel et conjoncturel effroyable, afin d’insuffler une culture de la réactivité et de l’innovation dans laquelle germe « le plus précieux : la mobilisation des équipes, et leur foi dans le projet ».Cette foi, Jean-Christophe Tortora ne nie pas qu’elle a pu vaciller voire défaillir au gré des « coups » qu’il a reçus… mais aussi été contraint de donner. L’usure physique et émotionnelle l’a guetté, parfois même a lézardé sa solide carapace. Ainsi les premiers mois est-il rongé par le syndrome du « provincial débarquant à Paris pour prendre les commandes d’un navire a priori bien plus gros que tous ceux pilotés jusqu’à présent à Toulouse » ; un complexe d’infériorité définitivement chassé lorsqu’il saisit qu’au-delà des apparences intimidantes rien ne distingue ce qui dicte les stratégies accomplies depuis dix ans avec succès de celle à mettre alors en oeuvre : « le bon sens et le labeur ».Ainsi également est-il « profondément » blessé par la succession des licenciements auxquels « l’homme » est incapable de souscrire mais que le « patron » a la responsabilité, suprême, d’engager. Ainsi, enfin, est-il parfois « fatigué » des confrontations avec une partie du corps journalistique « culturellement » impréparé voire rétif à certains bouleversements organisationnels ou professionnels.Reste pour l’heure « qu’aucun de ces obstacles » n’est apparu suffisamment insurmontable pour le contraindre à abandonner. Et « au contraire, chaque jour qui nous voit nous éloigner un petit peu plus du précipice et tendre vers une espérance de plus en plus lumineuse gonfle ma détermination et consolide la conviction que nous allons réussir notre défi ». Lequel, pour l’heure, prend le visage chaque mois d’1,4 millions de visiteurs uniques (5,4 millions de visites et 22,6 millions de pages vues) qui placent officiellement le site économique au deuxième rang français dans sa catégorie, derrière Les Echos et devant Challenges ou Capital. « Lâcheté » « Bon sens et labeur ». Voilà, entre autres, ce qu’Henri J. Nijdam partage avec Jean-Christophe Tortora à l’évocation des « clés » de retournement stratégique propres à recouvrer la rentabilité. « Réinventons l’eau chaude et le fil à couper le beurre », poursuit laconiquement le directeur de la publication du Nouvel Economiste. Toutefois, qu’on ne se méprenne pas : si chez lui tout, de la silhouette à la dialectique, est élégance, rien de celle-ci cultivée depuis trois décennies à la tête du magazine spécialiste des médias Stratégies (1984 – 1990) et donc de cette autre grande enseigne de la presse économique (1992 à 1996, et depuis 2003) n’est aseptisation de la pensée, édulcoration des convictions, ou conformisme verbal. Et encore moins nostalgie ou fatalisme.Bien au contraire, le propos est incisif et prospectif. « L’irruption du numérique propulse la filière de l’information dans un nouveau monde, se félicite-t-il, où se concentrent de « formidables opportunités » – notamment de restaurer la vocation intermédiatrice des journalistes – et qui, une fois « installé » par ceux-là même déterminés à l’explorer plutôt qu’à le fuir, mettra fin à « soixante années » d’une déliquescence structurelle et culturelle entamée à la Libération à grands coups de « lâcheté » ou « d’ignorance » et que sanctuarisa en 1947 la promulgation de la loi Bichet Avec pour conséquence en 2014, observe celui qui par le passé à développé des titres en Italie et au Portugal, que la presse d’information et d’opinion française demeure « la risée » non seulement de l’occident et de l’Europe « mais aussi des pays émergents ». Et donc « l’industrieux » de se réjouir que ce « pathétique » modèle vicié et vicieux, qui a infantilisé et déresponsabilisé des générations d’éditeurs – auxquelles… il appartient -, désormais meurt et ouvre grandes les portes d’une refondation « totale et passionnante » du secteur de la presse. « Couillon » L’accomplissement de cette radicale métamorphose, Henri J. Nijdam le conditionne à « revisiter » en profondeur les fondamentaux des deux métiers de la presse : l’information et la communication. Deux métiers « aussi honorables l’un que l’autre, aussi différents l’un de l’autre », mais qui répondent à une logique marketing comparable : « On s’adresse à des marchés. Celui des lecteurs que l’on informe, celui des annonceurs que l’on aide à créer de la valeur et à se différencier ». Logique similaire, et qui exige une dextérité inédite. « Exit le monoproduit (magazine) vendu de deux seules manières (kiosques et abonnements) et presque unifinancé (par la page de publicité) ; place à une offre d’information et à une demande de communication multiformes, multicanaux, multiservices ».Le modèle organisationnel qui sert de support a lui aussi implosé ; aucun des repères traditionnels n’est aujourd’hui valable, et s’y est substitué le trident « externalisation-délocalisation-horizontalisation – exactement comme chez les constructeurs automobiles, qui se concentrent sur la marque, la conception du produit et le design, et se délestent des prérogatives « amont » auprès des équipementiers et « aval » chez les concessionnaires multimarques et indépendants. Même l’aménagement des bureaux doit refléter cette mutation : le centre du plateau n’abrite plus la salle de rédaction mais le service web, sur les côtés duquel coexistent la cellule de production du contenu et celle de commercialisation ».Dans ce contexte, insiste Henri J. Nijdam, l’entrepreneur occupe une position particulièrement complexe. Et d’autant plus décisive. Particulièrement complexe tout d’abord, parce que jamais peut-être l’adage qu’Antoine Riboud lui confia il y a quarante ans n’a été aussi éclairant qu’aujourd’hui. Le fondateur de BSN assimilait l’entreprise à « un carré » dont chaque côté représente l’une des quatre fonctions principales : actionnariale, industrielle, marketing, et managériale. Quatre côtés dont la nature, les desseins, les moyens, même les valeurs sont contradictoires, et au centre desquels orchestre un « patron » écartelé, un « patron couillon » qui a pour responsabilité de rendre compatible et vertueux ce qui apparait naturellement antagonique.Dans le métier de la presse, qu’il s’agisse d’exigence de rentabilité, de rapport au temps, de retour sur investissement, de qualité, que partagent donc en effet l’actionnaire-capitaliste et le journaliste-salarié ? Et une responsabilité d’autant plus décisive d’autre part, que l’avenir de son entreprise résulte de la capacité dudit patron à arbitrer en faveur du ou des côtés du carré qui constituent prioritairement sa stratégie, et donc à assumer de décevoir les « perdants ». « Marque » : le sésame Tout comme son alter ego de La Tribune, Henri J. Nijdam socle le redimensionnement de son entreprise sur « le plus essentiel : la marque », qui cisèle la réputation, la notoriété et l’influence du titre. « Mon métier, c’est chaque matin me prosterner devant elle, chaque jour m’assurer que personne n’attente à son intégrité, chaque soir me coucher convaincu qu’elle brille un peu plus du travail qui a été fourni. Posséder une marque repousse au plus loin le champ des possibles dès lors que l’on sait réorganiser l’entreprise autour d’elle ; a contrario, la plus extraordinaire des informations perd 80% de sa valeur si elle ne repose pas sur une marque ».Cette marque dorénavant portée par le numérique permet également d’élargir « potentiellement » le périmètre de diffusion, et simultanément celui des annonceurs dont le nombre est estimé dans l’Hexagone à « 80 000 dont 1 500 grands comptes ». « Notre terrain de jeu n’est plus la France et ses 66 millions d’habitants mais la Francophonie et ses 220 millions de pratiquants ».« Potentiellement », car, pour Le Nouvel Economiste, la diffusion affichée demeure modeste : 72 000 lecteurs du « journal » (supports papier hebdomadaire et numérique) et 137 000 visiteurs uniques par mois. La marque, « qui porte les valeurs du projet d’entreprise », constitue enfin le point d’ancrage des collaborateurs. Lesquels, à l’aune de leur direction, doivent se positionner sans ambiguïté face à la révolution du secteur : « On la considère soit comme un obstacle soit comme une opportunité, et donc on décide soit d’y résister, soit d’y participer. Il n’existe pas d’autre alternative. Un patron de presse ne peut embarquer dans cette aventure qu’un équipage « à bloc » et confiant, des individualités portées par la culture très anglo-saxonne de l’expérimentation progressive, bref des professionnels adeptes du « oui je tente et fonce » et qui ont choisi de quitter l’ancien monde pour explorer le nouveau monde ».Un état d’esprit transgénérationnel mais peu florissant dans une France culturellement et institutionnellement hostile au risque. Et c’est parce qu’il considère les avoir trouvées, après deux années de sévères mesures sociales, qu’Henri J. Nijdam espère recouvrer en 2014 un excédent brut d’exploitation positif de 200 000 euros qui fera suite à une perte consolidée en 2012 de 900 000 euros et l’année suivante de 700 000 euros (dont 300 000 liés à la restructuration) pour un chiffre d’affaires de 4,5 millions d’euros. Par Denis Lafay, Acteurs de l’économie – La Tribune

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Bienvenue dans le monde incertain de la…

Le Nouvel Economiste

Stratégie Bienvenue dans le monde incertain de la réflexion stratégiqueRecentrage, diversification, concentration, alliance, jusqu’où aller trop loin ?Mondialisation, troisième révolution industrielle – celle de l’Internet et de l’intelligence collective – forcent brutalement les entreprises à s’interroger sur leur stratégie de création de valeur. De gré ou de force. Les réponses sont plurielles – recentrage sur le « core business », diversification ou alliances et partenariats – mais surtout peu évidentes pour des managers si sollicités à court terme par les aléas économiques. Le monde n’est certes pas plus incompréhensible qu’au siècle précédent mais il est, en revanche, beaucoup plus rapide. La vitesse avec laquelle de nouveaux acteurs font irruption en concurrents menaçant les business models établis n’a jamais été si forte. Dans certaines activités exonérées de ticket d’entrée, ce que toute entreprise fait aujourd’hui, un nouvel entrant peut le faire demain, mieux. Dans l’urgence, il faut donc adapter les organisations sans faire l’économie d’une véritable réflexion stratégique. »Pour créer de la valeur, aujourd’hui la règle du jeu reste fondamentalement la même pour le manager : faire gagner son entreprise sur ses marchés. La nouveauté ? Il n’y a plus d’angles morts, plus de zones de confort », observe Serge Blanchard, Partner d’OC&C Strategy Consultants. Bienvenue donc dans le monde des nouvelles stratégies d’entreprise. Monde de pression 24 heures sur 24 où rien n’est plus pérenne. Ce que toute entreprise fait aujourd’hui, un nouvel entrant pourra demain le faire en mieux. Les stratèges des grands groupes sont donc confrontés à ce double phénomène : la mondialisation et la troisième révolution industrielle – du digital, de l’Internet et de l’intelligence collective. Deux tsunamis suscitant de multiples interrogations. Recentrage sur le coeur du métier ou, au contraire diversification, concentration par croissance externe ou alliance ? Quelle stratégie pour créer de la valeur ? Quels avantages et inconvénients pour chacun de ces mouvements ? Surtout jusqu’où ne pas aller trop loin ? « Avec ce petit retour de croissance annoncé, nous attaquons une période absolument passionnante du point de vue stratégique », se réjouit Bruno Berthon, directeur exécutif de l’activité conseil en stratégie chez Accenture. Mondialisation et 3ème révolution industrielle obligent Le monde est-il devenu à ce point incompréhensible, qu’il plonge les responsables d’entreprise dans un désarroi désespéré ? Pour Frédéric Fréry, professeur de stratégie à l’ESCP Europe, « les turbulences économiques actuelles ne sont pas plus fortes qu’à d’autres moments de l’histoire ». De tout temps, les entreprises se sont interrogées sur leur stratégie. Des mouvements profonds, irréversibles impactent structurellement les économies. Premier big bang : l’échelle de jeu est plus importante. Mondiale. Opportunité pour les uns : pour devenir leader mondial des équipements plastiques automobiles, Plastic Omnium s’est attaqué au plus grand marché de la planète : la Chine. A partir de 2006. Le groupe y compte aujourd’hui 13 usines et annonce en vouloir 24 d’ici à 2016 ! Menace pour les autres : Alibaba, plus grand site de e-commerce au monde, annonce son entrée à la Bourse de New York où il pourrait lever jusqu’à 15 milliards de dollars, autant que Facebook. « Les géants chinois sortent de chez eux. C’est nouveau. Ces sociétés sont des menaces pour les leaders qui doivent défendre leur prés carrés », note Serge Blanchard.Deuxième métamorphose : après le machinisme de la fin du XVIIIe siècle, l’électricité à la fin du XIXe, le monde vit sa troisième révolution industrielle provoquée par le digital, l’Internet et l’intelligence collective. Pour Frédéric Fréry, « ces changements accélèrent les processus et déstabilisent les positions concurrentielles ». Le numérique facilite l’accès à l’information et aux marchés. L’opportunité pour de nouveaux entrants de se positionner sur les marchés est beaucoup plus grande. Sans bienséance, ces nouveaux « barbares » – Google dans la publicité et la presse, Apple dans la musique, le Bon Coin dans les petites annonces, Amazon dans la distribution, etc. – « désintermédient » les acteurs traditionnels. « En fait, la simplification du monde rend les choses beaucoup plus compliquées pour les organisations installées », résume ce professeur à l’ESCP. La sécurité trompeuse du recentrage Les solutions stratégiques peuvent prendre différentes formes : recentrage sur son métier ou son marché, concentration horizontale ou verticale, diversification métier ou géographique voire carrément mutation ou enfin alliance et collaboration. Pour Frédéric Fréry, « la tendance générale, en particulier pour les groupes cotés, est au recentrage ». Les analystes financiers n’ont jamais vraiment plébiscité les entreprises diversifiées. Pour une raison simple, l’évaluation des performances d’un groupe diversifié est complexe, ils préfèrent donc les activités facilement lisibles à cette opacité. Transparence oblige.Un groupe diversifié peut afficher des résultats très différents en fonction de ses activités. Certaines très rentables, d’autres peu, voire pas. Sous la pression de ses actionnaires, en 2010, le groupe Accor a ainsi vendu son activité de services, notamment Ticket Restaurant, pourtant beaucoup plus rentable que la branche hôtel. Spin off créateur de valeur. Aujourd’hui Vivendi se sépare de sa branche télécoms pour se concentrer sur les médias. Le recentrage est avant tout une forme d’optimisation des coûts et de la profitabilité. « Il est souvent lié à des pressions financières. C’est un choix risqué », estime Jérôme Barthélemy, professeur de stratégie et management à l’Essec. S’il génère les gains les plus élevés lorsque l’entreprise a choisi le « bon » domaine d’activité, il peut également provoquer les pertes les plus importantes lorsque l’entreprise a choisi le « mauvais ». Est-ce que demain le recentrage de Vivendi sur les médias sera encore pertinent ? « Le jour où l’activité a un problème, vous êtes mort », résume Frédéric Fréry. Le pari hasardeux de la diversification Autre option stratégique : la diversification des risques par celle des métiers est pertinente. Pourquoi ne pas trouver des relais de croissance également ? Les analystes observent qu’en général un degré de diversification raisonnable augmente la performance. Mais gare à la « décote de holding », entend-on en écho en salles de marchés. Le spectre des conglomérats, hier choyés, aujourd’hui si décriés, rôdent. Un conglomérat « internalise » le marché, les investisseurs n’aiment plus ça. Où alors, mieux vaut être non coté ou partiellement coté comme les groupes Virgin ou Bolloré, présents dans des activités très différentes. « La diversification reste avant tout un pari », explique Jérôme Barthélemy. A la fin des années 90, Preussag, spécialiste allemand de l’acier, se métamorphose dans le tourisme et devient TUI, acheteur de Nouvelles Frontières. Manque de chance : quelques années plus tard, la demande pour la sidérurgie s’envole avec la croissance chinoise tandis que le 11 septembre 2001 fait plonger le business du tourisme dans la crise. Magnifique illustration de cygne noir. Alors que certains managers visionnaires osent des options justes. Comme Steve Jobs mais pas comme Michael Dell. Le leader champion du marché des PC a tenté au milieu des années 90 de se diversifier dans l’électronique grand public. Echec. Pour un acteur installé, la diversification reste une manoeuvre aussi complexe que risquée. L’enjeu ? Eviter la cannibalisation de son activité initiale tout en étant présent sur un nouveau marché. Complexité et surtout voie étroite du « time to market ». « Aller trop vite, et c’est la profitabilité du core business qui souffre. Trop lent, et c’est se faire déborder par des concurrents », analyse Bruno Berthon. Une diversification réussie au départ peut mener jusqu’à la mutation globale à l’arrivée. Kering (ex-PPR) en est un cas emblématique. Pour un groupe de cette importance – près de 10 milliards d’euros de chiffre d’affaires, 35 000 employés – changer si radicalement d’activité – de la distribution BtoB ou BtoC (Rexel, Conforama, Le Printemps, etc.) au grand luxe (Gucci, Saint Laurent, Boucheron…) – en si peu de temps est une manoeuvre exceptionnelle. La diversification enfin peut aussi se déployer géographiquement. « Dans un monde mondialisé qui accélère, ce n’est pas simple. La difficulté ? Choisir ses champs de bataille. On ne peut à la fois être en Chine, au Brésil et en Afrique », observe Serge Blanchard. L’apparente réassurance de la concentration Troisième solution : la concentration. « C’est un signe de maturité pour une industrie, donc pas toujours bon signe », glisse le partner d’OC&C Strategy Consultants. But du mouvement ? Les deux entités réunies créent plus de valeur qu’isolées. La concentration répond surtout à deux logiques. De conquête d’abord – la fusion Publicis-Omnicom permet d’avoir une taille mondiale. De rationalité ensuite. « La concentration résout les surcapacités de production comme dans l’industrie automobile ces dernières années », commente Frédéric Fréry. Mais gare aux risques de la manoeuvre. Dans les deux tiers des cas, ces concentrations finissent en échec. Synergies survendues, incompatibilité culturelle, excès de confiance des dirigeants… Les effets de taille créent des chicanes bureaucratiques et ralentissent la prise de décision. Si les grandes concentrations horizontales sont souvent mises à l’index, – telle la fusion avortée de Daimler avec Chrysler -, d’autres formes de rapprochements peuvent voir le jour. Par exemple « out of the box ». Elles permettent de remonter dans la chaîne de valeur sur d’autres métiers ou savoir-faire. Actuellement les opérateurs des marchés se réjouissent de la montée en puissance des fusions-acquisitions, en particulier en Chine. En France, selon PWC qui a enregistré 591 opérations en 2013, le recul des acquisitions a été de 5 % mais cette année, le cabinet prévoit une augmentation des opérations réalisées par les Français de l’ordre de 5 à 10 %. L’incertitude de la collaboration « Aujourd’hui, il n’est plus possible de travailler sur des logiques de scénarii stratégiques. Personne ne peut prétendre avoir la bonne réponse. Le plus efficace ? Fonctionner sur des portefeuilles d’options », conseille Bruno Berthon d’Accenture. Son cabinet a fait un véritable credo des stratégies de collaboration avec de nouveaux partenaires. Parmi les entreprises à la recherche de leviers de croissance au-delà de leur secteur actuel, 63 % comptent nouer des alliances stratégiques selon une étude menée en début d’année. L’important : être solide sur ses bases sans oublier surtout d’ être à l’écoute du marché en suivant les besoins de ses clients. « Les acteurs traditionnels doivent être ouverts à des structures et partenariats inédits révolutionnant leur activités existantes », explique Bruno Berthon. Et de citer l’exemple d’un opérateur espagnol de télécommunications qui a pris pied sur de nouveaux marchés en collaborant avec une banque pour proposer des applications de porte-monnaie électronique et de paiement entre particuliers. La croissance passe aussi par l’innovation, pas seulement technologique mais aussi stratégique. Par Edouard Laugier EditorialUne question de métierQuel dirigeant de grande ou de petite entreprise ne s’interroge pas aujourd’hui, à l’heure des grands bouleversements auxquels peu nombreux sont ceux qui peuvent encore y échapper, sur la voie à mener pour, au pire pérenniser son existence, au mieux continuer à créer de la valeur ?Concentration, recentrage, diversification, alliance, les choix ne manquent pas. Les avantages et les risques de chacun non plus. Quoi qu’il en soit, une question s’impose avant toute autre : quel est le véritable métier, parfois peu visible, de l’entreprise, son savoir-faire, ses facteurs-clés de succès ? Car le risque n’est pas tant dans un changement de secteur, de territoire, ou dans une alliance, que dans un changement imperceptible de métier. Et dans la difficulté de devoir en apprendre un nouveau. Par henri J. Nijdam

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UKRAINE o Punir Moscou pourrait coûter…

Courrier International

De l’industrie automobile allemande au secteur du luxe italien, les entreprises européennes redoutent le contrecoup de sanctions économiques contre la Russie.Les diplomates européens qui envisagent de durcir les sanctions contre les élites politiques et financières russes font face à un gros problème : ces mesures pourraient bien se retourner contre l’économie de leurs pays. De l’industrie automobile allemande au secteur italien de la mode, en passant par les services financiers de la City à Londres et le tourisme grec, l’économie de la région est bien plus dépendante des Russes que ne l’est celle des Etats-Unis. Après plusieurs années de récession, le commerce, l’industrie et les services européens sont encore très vulnérables. En outre, les milliards de dollars d’investissements étrangers en Russie pourraient être compromis si ce pays ripostait aux sanctions. L’équilibre des puissances « La diplomatie entre l’Est et l’Ouest [pendant la guerre froide] reposait sur le principe qu’une dépendance réciproque engendrerait davantage de modération et contraindrait chaque camp à respecter certaines limites », explique l’ancien ambassadeur américain en Russie James Collins. « Aujourd’hui, nous sommes parvenus à cette interdépendance et les limites à ne pas dépasser sont aussi valables pour l’Europe et le Royaume-Uni. C’est là tout le dilemme. » En Allemagne, principal partenaire commercial européen de la Russie et pays qui compte une importante population immigrée russe, l’industrie risquerait de souffrir en cas de durcissement des sanctions. Les patrons du secteur automobile, qui ont investi des milliards d’euros en Russie ces dernières années, souhaitent ainsi que les tensions s’apaisent rapidement. En novembre dernier, le PDG de Volkswagen, Martin Winterkorn, avait qualifié la Russie de « premier marché de croissance stratégique en Europe » pour son entreprise. En Italie, les Russes les plus fortunés relancent le secteur du luxe alors que les Italiens réduisent fortement leurs propres dépenses : 30 % des achats effectués en 2012 par des touristes non européens ont été réalisés par des Russes, selon l’association Altagamma et l’entreprise de détaxe Global Blue. A titre de comparaison, les Russes ne représentent que 11 % des achats d’articles de luxe en France et 5 % au Royaume-Uni. Chute du rouble Nouvelles sanctions ou pas, les marchés des devises sont déjà déstabilisés. Dans les pays méditerranéens, les professionnels du tourisme voient leurs bénéfices menacés par l’instabilité du rouble. Pour la Grèce, la Russie est un élément moteur du tourisme, un secteur sur lequel le gouvernement mise beaucoup pour soutenir la fragile reprise de l’économie. L’année dernière, sur les 18 millions de visiteurs accueillis, 1,3 million étaient russes. Cette année, les professionnels s’attendent à en recevoir à peine 1 million à cause notamment de la dévalorisation du rouble. Les hôteliers de Benidorm, une station balnéaire de la province espagnole d’Alicante très prisée des Russes, craignent de perdre leurs clients au profit de destinations plus abordables comme la Turquie ou l’Egypte, pays dont la monnaie est plus faible que l’euro. « La chute du rouble et le ralentissement de l’économie nous inquiètent plus que l’annexion de la Crimée », lance Antonio Mayor, directeur de l’association hôtelière Hosbec. L’immobilier représente un autre risque pour l’Espagne. Depuis quelques années, les Russes achètent des résidences secondaires sur la côte méditerranéenne. Mais les incertitudes politiques ont déjà conduit les acquéreurs potentiels à différer leurs acquisitions, en attendant que le rouble se stabilise, constate Iain Tozer, directeur de Seabestland Real Estate, une agence immobilière spécialisée dans la clientèle internationale. Les Hongrois s’inquiètent En Europe de l’Est, des pays comme la République tchèque et la Hongrie ont publiquement soutenu des sanctions limitées et ciblées comme le gel des avoirs et des visas des proches du président Poutine. Mais du fait de leur dépendance énergétique à l’égard de la Russie, ils ne veulent pas aller plus loin. « Nous ne pouvons pas prendre des sanctions économiques qui pourraient avoir des conséquences majeures sans une analyse approfondie de l’impact des éventuelles représailles russes, a déclaré le ministre hongrois des Affaires étrangères Janos Martonyi. De leur côté, les industriels implantés en Russie prennent très au sérieux les menaces de Moscou. Par le passé, la Russie n’a pas hésité à nationaliser des entreprises contrôlées par des étrangers et à faire fi des droits des actionnaires minoritaires. Wintershall, filiale de BASF et principal producteur de gaz et de pétrole allemand, détient des participations dans deux grands champs gaziers en Sibérie occidentale et fait partie des consortiums qui exploitent ou construisent des gazoducs reliant la Russie et l’Europe. Or, Moscou dispose de nombreux moyens pour faire chuter la rentabilité de ces investissements, comme invoquer des infractions à la législation fiscale ou environnementale, explique Thomas Kästner, consultant chez Ernst & Young en Allemagne. « Dans le pire des cas, les entreprises concernées devraient faire une croix sur ces actifs. » Les avocats se frottent les mains Mais les tensions avec la Russie font aussi des heureux : les juristes londoniens chargés par les multinationales d’évaluer les répercussions d’éventuelles sanctions sur leur stratégie. Environ 10 % du PNB du Royaume-Uni proviennent en effet des services financiers et bancaires. « Les sanctions ont toujours un impact négatif et elles entretiennent un climat d’incertitude dommageable, explique Sergei Ostrovsky, du cabinet d’avocats Ashurst LLP. En réalité, le secteur des affaires russes et la City sont tellement imbriqués qu’il serait difficile de restreindre l’accès des Russes à cette place financière ou de les isoler. »Afficher l’intégralité de l’article

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BNP veut séduire ses clients en réduisant…

Challenges

Rideau sur dix-sept agences en région parisienne cette année. Annoncé aux syndicats le 27 janvier par la direction de BNP Paribas, le phénomène paraît limité au regard des 238 agences du groupe dans la capitale - et des 2.200 guichets en France. Si ce n’est qu’il annonce une mutation bien plus profonde de sa banque de détail. En Belgique, BNP Paribas Fortis a déjà fait savoir que 150 de ses 936 agences allaient fermer d’ici à 2015. En France, fin 2013, les syndicats maison ont révélé qu’un plan, au nom de code « Préférence client », prévoyait de faire basculer à terme 5 à 10% des guichets en « agences express » dotées de seulement un ou deux salariés, et d’en transformer 10 à 15% en pôles d’expertises pour des sujets plus « complexes », comme le crédit immobilier ou la prévoyance. Pas de doute : BNP Paribas qui a présenté des résultats décevants le 12 février, prépare la mue de sa banque de réseau. Une refonte dont les détails devraient d’ailleurs figurer en bonne place dans le prochain plan stratégique présenté au printemps.Agences moins fréquentéesBNP Paribas à l’heure des économies ? « Analyser ces décisions par un prisme malthusien et de pure réduction de coûts serait une erreur, assure Marie-Claire Capobianco, responsable de la banque de détail en France. L’adaptation du réseau a d’abord pour objectif de répondre aux nouvelles attentes des clients. » Question de survie dans un nouveau monde bancaire. Comme les concurrents, BNP Paribas est contraint, depuis la crise et le durcissement de la réglementation, de sécuriser toujours davantage les dépôts. Pas gagné avec une clientèle plus volage, friande de connexions à distance, et des acteurs de plus en plus nombreux. La fréquentation des agences se fait rare. Selon un sondage de la Fédération bancaire française (FBF) d’avril 2013, seuls 17% des Français se rendent plusieurs fois par mois au guichet, contre 52% il y a trois ans. »Dans ce contexte, il faut que notre accueil constitue une véritable expérience pour les clients, comme Apple a su le faire avec ses magasins », professe François Villeroy de Galhau, le directeur général délégué de BNP Paribas et responsable des marchés domestiques. L’iconique Apple Store, rien que ça ! En 2012, la banque a créé son concept store face à l’Opéra Garnier, à Paris, laboratoire in vivo pour réinventer la relation bancaire. Ainsi, entre les murs végétaux et sous une verrière à 11 mètres, la circulation se veut plus fluide, le contact plus facile avec le conseiller, qui se tient désormais à côté du client, sur de confortables canapés, la tablette à la main…Voilà pour la vitrine. Derrière, c’est une véritable révolution culturelle que vit BNP Paribas. Quand des concurrents comme la Société générale avec Boursorama Banque, émanation de sa filiale du même nom, prennent une longueur d’avance dans le monde virtuel, BNP Paribas, maison plus que centenaire, doit se faire violence pour jouer les geeks.Démarrage contrariéExemple le plus emblématique : l’inauguration de Hello bank! en mai dernier. Une vraie innovation, puisqu’il s’agit du premier établissement européen pensé uniquement pour les smartphones, et non la simple déclinaison en ligne d’un site Internet. Dès la présentation - 80 millions d’euros d’investissement commercial pour lancer Hello bank! -, la banque a mis les formes. Grand show dans une ancienne usine de montgolfières près du canal Saint-Martin, bastion bobo de la capitale ; intervenants en polo noir sportswear ; un set du DJ Busy P en ambiance sonore… Pour l’occasion, François Villeroy de Galhau s’était même rebaptisé « Villeroy » ! Mais, sur le fond, Hello bank! a essuyé les plâtres. Dès les premières semaines, elle a subi les assauts d’internautes mécontents. Il fallait jusqu’à un mois de délai pour obtenir une carte bancaire ! Se sont ajoutées des difficultés d’accès : « Erreur 404. La page que vous demandez n’existe pas ou plus. » Décourageant. Enfin, sécurité oblige, les ouvertures de comptes n’ont pas été aussi rapides que pouvaient le souhaiter des clients rodés aux achats en quelques clics.La sanction n’a pas tardé : fin 2013, les clients de Hello bank! n’étaient que 13.000 en France, loin de l’objectif initial de 25.000 clients. « Les premières semaines, nous avons été un peu dépassés par le succès du lancement, plaide Villeroy de Galhau. Technologiquement, Hello bank! a été irréprochable, mais nous avons dû adapter nos process au grand nombre de demandes. » La leçon n’a pas été perdue pour tout le monde : Soon, le concurrent lancé par Axa mi-janvier, a préféré retarder son top départ et réserver les ouvertures de comptes aux premiers préinscrits. Au compte-gouttes.Changement d’habitudesDe son côté, BNP Paribas a retenu qu’il devait gagner en agilité. « Il ne peut pas gérer les innovations à l’ancienne, avec de grands projets s’étalant sur douze à dix-huit mois et mobilisant d’immenses équipes », tranche Bertrand Semaille, directeur général du cabinet Eleven. Jocelyne Amegan, consultante chez Kurt Salmon, complète : « Les banques doivent fonctionner en mode test and learn à grande échelle, ce que BNP Paribas commence à faire. » A la manoeuvre sur cette offensive numérique : Marc Campi, responsable de la banque en ligne en France. Diplômé de l’ENA et de l’ESCP, il est aussi grimpeur émérite. Une qualité utile pour avancer dans la digitalisation, où les voies ne sont pas tracées à l’avance. La banque doit ainsi apprendre à fonctionner avec des entreprises moins structurées que ses habituelles sociétés informatiques. « Ce n’est pas la même chose de discuter avec Atos ou Criteo, ce spécialiste du marketing en ligne qui s’est récemment introduit au Nasdaq », dit Campi. D’un côté, des équipes stables et installées ; de l’autre, un partenaire qui recrute en permanence et multiplie les interlocuteurs.Marc Campi a déjà engagé un nouveau chantier pour 2014 : le dépoussiérage de Bnpparibas.net, conçu il y a dix ans : 250 personnes seront mobilisées. Peu à peu, l’esprit et le fonctionnement de la banque en ligne doivent gagner toute la banque de détail. « Aujourd’hui, mes équipes ne travaillent pas exclusivement pour Hello bank!, mais pour une multitude de projets de la banque de détail dans sa globalité, explique-t-il. A terme, le digital sera intégré partout. »Nouveaux outils de paiementMême mobilisation générale sur l’innovation. L’inspecteur des finances François Villeroy de Galhau a théorisé un fonctionnement en entonnoir. A l’entrée, une vaste veille embrassant les mutations technologiques ; à la sortie, l’invention majeure qui fera la banque de demain. Entre les deux, des projets plus ou moins aboutis, avec un taux de déchets assumé. Ainsi, aujourd’hui, BNP Paribas est sur tous les fronts dans les moyens de paiement. En septembre dernier, avec La Banque postale et la Société générale, il a lancé Paylib. Ce concurrent du géant PayPal comptait déjà 150.000 utilisateurs en France à la fin de l’année dernière.BNP Paribas commercialise également en France un système de paiement sur smartphone pour les indépendants (Mobo), et planche sur des dispositifs d’authentification des transactions par biométrie, grâce à une reconnaissance faciale, vocale, ou par la vérification des empreintes digitales. En Belgique, il développe un autre portefeuille électronique (Sixdots). Objectif du groupe : tenir ses positions traditionnelles dans le paiement, attaquées par Amazon, iTunes ainsi que par des entrants, tel l’américain Square. Outre-Atlantique, son lecteur de cartes sur smartphone brassera 30 milliards de dollars cette année !Prochain gros chantier : le big data. Cette masse de données dont dispose la banque via les relevés bancaires : revenus, habitudes de consommation, montant des dépenses… Une mine pour les responsables marketing des grandes marques. Officiellement, BNP Paribas est très prudent sur le sujet, au nom de la sécurité et de la confidentialité des données. En réalité, la banque - comme ses concurrentes - planche discrètement. « Elle doit peaufiner son message pour le vendre au client, et le convaincre qu’elle ne se livre pas à un flicage en règle, mais rend un service », confie un consultant de la maison.Rôle central de L’AtelierDans cette mutation à marche forcée, L’Atelier de BNP Paribas, avec ses antennes à San Francisco et à Shanghai, tient désormais une place centrale. Cette filiale héritée de Paribas, cellule de veille des tendances techno et sociétales, s’est fait une spécialité des learning expeditions, ces plongées dans l’univers digital des Silicon Valley du monde entier. A l’été 2012, emmené par son directeur général Louis Treussard, François Villeroy de Galhau a ainsi pu discuter avec John Geleynse, le techno évangéliste d’Apple. « Il nous a fait comprendre à quel point, avec les applis, il fallait partir d’une feuille blanche, et ne pas se contenter de répliquer sur les smartphones le fonctionnement des sites Internet, se souvient le directeur général délégué. Cela a été décisif pour la conception de Hello bank! » L’Atelier est aussi devenu incontournable pour quelques clients extérieurs : Michelin, L’Oréal, Danone… « Une belle revanche, estime Philippe Torres, qui dirige son département conseil et stratégie numérique. Avant, nous étions du côté des barbares, ne parlant pas la même langue que les banquiers et les dirigeants d’entreprise. Aujourd’hui, nous sommes sollicités de toutes parts. C’est réjouissant ! »Etre « phygital », selon le néologisme forgé par le cabinet Kurt Salmon, ou pas. Promis, juré, à BNP Paribas, l’avenir ne sera pas aux seuls « clics » contre les agences « bricks », mais à une habile combinaison des deux. Ainsi, les clients de Hello bank! peuvent toujours récupérer leurs chéquiers aux guichets du groupe. François « Villeroy » en est convaincu : « Dans la banque de détail, il faut se mettre en tête que les mouvements vont aller plus vite dans les cinq ans qui viennent que dans les vingt ans qui ont précédé. » Née en 1848, la vénérable maison de la rue d’Antin n’a pas fini d’être bousculée. 

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